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Bibliographie

Stéphane Bourgoin
Tueurs (novembre 2010)
Editions Grasset
Genre : Criminologie

288 pages
   
   
   
   

AVANT-PROPOS

   

Depuis 1979, j’ai interrogé 70 tueurs en série à travers le monde et consacré quatre ouvrages, parus chez Grasset, à ce phénomène, ainsi qu’à des études de cas individuels (« Serial killers – Enquête sur les tueurs en série », « Le Livre rouge de Jack l’Eventreur », « Le Livre noir des serial killers » et « Profileuse – Une femme sur la trace des serial killers »).
   
    Avec Ed Kemper, Albert DeSalvo, Jeffrey Dahmer, Henry Lee Lucas, Arthur Shawcross, Peter Kürten ou Jack l’Eventreur, je me suis intéressé aux plus célèbres de ces stakhanovistes du crime. Dans le présent ouvrage, j’aborde, bien sûr, plusieurs affaires de tueurs en série, mais aussi de criminels qui n’ont tué qu’une fois, de même que des tueurs de masse, dont la psychologie est très différente de celle du serial killer. J’ai souhaité dresser le portrait de meurtriers oubliés de l’histoire ancienne ou contemporaine, aussi bien aux Etats-Unis, en Afrique du Sud qu’en France.
   
    Dans le chapitre « Murder, Made in U.S.A. », je reviens sur quatre affaires de serial killers, deux cas qui datent des années 1930 et deux autres, plus récents. « Le Boucher fou de Kingsbury Run » est, à l’image de Jack l’Eventreur, une affaire classée qui reste à élucider. C’est aussi un point noir dans la carrière du grand policier Eliot Ness, rendu célèbre par la série télévisée et le film « Les Incorruptibles ». Cette histoire figure sur les tablettes du réalisateur David Fincher (« Seven », « Fight Club » et « Zodiac ») qui devrait l’adapter au cinéma sous le titre de « Torso ».
   
    Bien qu’oublié de nos jours, le triple meurtre d’enfants en 1937 par le pédophile Albert Dyer est un crime qui connaît un retentissement inouï à Los Angeles. On y retrouve un des protagonistes de l’assassinat du « Dahlia Noir », qui se déroule dix ans plus tard, le psychiatre et premier profiler du Los Angeles Police Department, Joseph Paul de River.
   
    La fin des années soixante et le début des années 1970 marquent une véritable explosion du meurtre en série aux Etats-Unis, et plus particulièrement en Californie. Le duo meurtrier composé de Roy Norris et de Lawrence Bittaker est un peu passé inaperçu, car il est actif au moment où sévissent Charles Manson et sa secte. Pourtant, l’horreur des tortures infligées aux victimes par ce duo de kidnappeurs a marqué les esprits de tous ceux qui ont enquêté sur l’affaire. Elle met aussi en lumière des dysfonctionnements graves liés au manque de communication entre les différents services de police, l’absence de suivi des délinquants sexuels et le peu de considération réservé aux disparitions inquiétantes qui sont, à cette époque, trop souvent considérées par les autorités comme des fugues.
   
    Mêmes causes, mêmes effets pour la trajectoire du pédophile multirécidiviste David Paul Brown, qui se déguise en policier pour approcher de jeunes garçons. Condamné pour kidnapping et tentatives de meurtres dans le Massachusetts, il réussit à se faire transférer dans un hôpital psychiatrique. Libéré en 1991, il prend la nouvelle identité de Nathaniel Bar-Jonah et part s’installer de l’autre côté des Etats-Unis, à Great Falls dans le Montana, où il recommence ses méfaits. Bar-Jonah est même soupçonné de cannibalisme sur la personne d’un jeune enfant. Là encore, des erreurs de diagnostic combinées à un manque de communication entre deux Etats permettent au prédateur de commettre des forfaits sur plus de deux décennies.
   
    Phénomène méconnu, mais en constante progression, le crime au féminin est représenté par plusieurs veuves noires, une tueuse de masse (un cas rarissime) et une meurtrière de ses propres enfants.
   
    En France, c’est bien connu, « les serial killers, ça n’existe pas ! ». Ce refrain, je l’ai maintes fois entendu, mais lorsqu’on sait que dans notre pays, au cours de la dernière décennie, on a arrêté, identifié et jugé plus de 90 récidivistes de l’assassinat, il n’a plus lieu d’être.
   
    Depuis plusieurs années, les autorités judiciaires ont publié un rapport sur le crime sériel et mis en place différents fichiers et bases de données (le SALVAC), ainsi qu’un Département des Sciences du Comportement, au sein de la Gendarmerie nationale, pour combattre ce phénomène. Mais les serial killers et les délinquants sexuels ont existé à toutes les époques. Dans « Les crimes de la Belle-Epoque », je me penche sur Martin Dumollard, le « Tueur de bonnes » qui collectionnait les vêtements de ses victimes, tels des trophées, Antoine Léger, un pédophile buveur de sang, ou à des criminels sexuels comme Menesclou et Soleilland, dont les noms ont servi de « baromètre » aux journalistes de faits divers pendant de nombreuses années. Lorsqu’il fallait relater un nouveau meurtrier d’enfant, la presse le qualifiait de nouveau Menesclou ou de nouveau Soleilland. Dans la mesure du possible, j’ai voulu donner la parole aux criminels eux-mêmes, par la publication de leurs interrogatoires, récits et mémoires, extraits de fascicules populaires et d’un livre tel que « Les criminels dépeints par eux-mêmes ». Le criminologue et docteur Alexandre Lacassagne a été un coutumier de ce procédé, avec ces autobiographies de criminels qui ont été rassemblées entre 1896 et 1909 dans un remarquable ouvrage de Philippe Artières, « Le Livre des vies coupables » (2000).
   
    Lorsque vous refermerez les pages de ce livre, je désire que vous gardiez présent à l’esprit que, derrière chaque cas de tueur en série, il y a un grand nombre de victimes et de familles proches qui ont connu le martyr et qui continuent de souffrir.


   

Stéphane Bourgoin




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