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Bibliographie

Etienne Jallieu (Stéphane Bourgoin)
Serial killers - Les nouveaux monstres (juin 2005)
Editions Scènes de Crimes (Suisse)
Genre : Criminologie
Collection : Scènes de Crimes N°6

L'ouvrage contient les textes suivants :
   
    - L'Etrangleur du Cap
    - Le Boucher de Cleveland
    - Les mystères de l'Ouest
    - Daisy la tueuse
    - Le serial killer de Phoenix
    - L'autoroute de l'enfer

   
    Extrait de du premier chapitre "Marchands de mort" de L'autoroute de l'enfer
   
   
    UN AGENT ARTISTIQUE DE SERIAL KILLERS
   
    Il y a quelques années, un journal très spécial, l’Orange Coast, puisqu’il est écrit et confectionné uniquement par des pensionnaires du Couloir de la mort de la prison de San Quentin, exprime son dégoût quant à certaines pratiques de commercialisation de nombreux serial killers qui y sont emprisonnés. Et pourtant l’auteur de l’article n’est pas un tendre puisque Michael Wayne Hunter a été condamné à la peine capitale pour les meurtres de son père et de sa belle-mère en 1984.
    Il raconte que pour 50 $ vous pouvez obtenir un autographe du “Night Stalker” (le “Prédateur de la nuit”) Richard Ramirez, violeur et tueur en série sataniste de 14 personnes dans la région de Los Angeles, ou de Lawrence Bittaker. Ce dernier signe également les rapports d’autopsie de ses victimes et il espère pouvoir vendre aux enchères les cinq places pour sa prochaine exécution que lui autorise l’Etat de Californie. Il y a quelques années, son complice Roy Norris a mis aux enchères sur eBay ses ongles qui ont été collés au dos d’une carte de voeux, avec un autographe du tueur et l’empreinte de son pouce. Les enchères se sont conclues pour 9.99 $. Bittaker est prêt à emporter des messages dans l’au-delà, contre paiement, bien évidemment, lorsque viendra la date de son exécution.
    La plupart des détenus de San Quentin considèrent Bonin et Bittaker comme des parias à cause de leur merchandising effréné. Pour toute réponse, Bittaker se contente d’un sourire et d’un haussement d’épaules : “Je ne pourrais rien vendre si les honnêtes citoyens ne m’envoyaient pas d’argent.”
    D’autres criminels célèbres, tel Charles Manson, gourou de la secte qui fait assassiner Sharon Tate, vous proposent - pour un tarif plus élevé - leurs chaussettes figées sous forme d’étranges sculptures, ou même des mèches de leurs cheveux dûment certifiées quant à leur origine pour William Bonin, le “Freeway Killer” responsable de 14 meurtres d’adolescents.
    Tous ces souvenirs et bien d’autres encore sont présentés dans le catalogue de Grindhouse Graphics, une compagnie créée par Rick Staton. Fin connaisseur de films d’horreur et de science-fiction de série B, Staton a pour particularité d’être entrepreneur de pompes funèbres à Baton Rouge, en Louisiane. Par son entremise, vous pouviez aussi obtenir des peintures personnalisées de John Wayne Gacy, serial killer de 33 adolescents à Chicago, qui a été exécuté en 1994. Moyennant 125 $, vous envoyiez votre photo et, six semaines plus tard, vous receviez votre portrait réalisé par le tueur qui adorait par ailleurs peindre Blanche-Neige et les sept nains ou Pogo le clown.
    Lorsque William Bonin apprend l’exécution de son “collègue” mais néanmoins concurrent John Wayne Gacy, tous les prisonniers de San Quentin se souviennent de son explosion de joie à l’idée de pouvoir mieux vendre son “Killer Art”.
   
    FIANCEE AVEC DES TUEURS
   
    Après l’agent artistique Rick Staton, il y a l’agent littéraire Sondra London. Cette femme d’une cinquantaine d’années a été, durant son adolescence, la petite amie de Gerard John Schaefer, futur shérif-adjoint en Floride et tueur en série de 34 femmes. A l’époque, elle le quitte à cause de ses pratiques sexuelles déviantes - Schaefer est amateur d’urologie et de scatologie. Plus tard, il adore ligoter et pendre ses victimes, avant de les décapiter et de revenir violer les cadavres des semaines plus tard. Vingt ans après l’avoir quitté, Sondra London retrouve Gerard Schaefer dans la prison de Starke et elle publie les écrits morbides du tueur sous la forme de fanzines chez Media Queen.
    Lorsque Schaefer meurt assassiné en 1995, Sondra se tourne vers d’autres sources littéraires comme le cannibale Ottis Toole, Joseph O’Dell ou Danny Rolling, le “Gainesville Ripper”, responsable de l’assassinat et de la mutilation de cinq étudiantes d’un campus universitaire de Floride. Elle se fiance avec Danny Rolling qu’elle rêve d’épouser malgré sa condamnation à mort. Ensemble, ils ont co-signé l’autobiographie du tueur, “The Making of a Serial Killer”. Depuis, Sondra London a écrit “Voices from Death Row” et un ouvrage sur d’authentiques tueurs vampires illustré par un meurtrier et cannibale français Nicolas Claux. Cette égérie des serial killers pousse aussi la chansonnette avec des textes élaborés par Charles Manson ou Gerard Schaefer. Mais certains tueurs ont une morale comme Glen Rogers, le “Casanova Killer”, qui dénonce les pratiques mercantiles de Sondra London.
   
    INTERNET : UNE MINE D’ OR POUR LES CONDAMNES
   
    D’autres tueurs en série se passent des services d’agents pour créer leurs propres sites internet. Charles Manson fait ainsi entendre sa voix et sa vision du monde par l’entremise d’un site écologique animé par d’anciens membres de sa secte meurtrière. David Berkowitz, le “Fils de Sam” qui abat six personnes à New York en 1976-77 et dont Spike Lee relate les macabres exploits dans “Summer of Sam”, possède son site personnel proposant des interviews audio par de célèbres évangélistes américains qui racontent sa conversion à la foi, ainsi qu’un blog quotidien où le tueur donne son avis sur l’homosexualité en prison, le massacre de Columbine ou la capture de Saddam Hussein, entre autres sujets. Pendant la sanglante série meurtrière du “sniper de Washington”, Berkowitz va même offrir ses services à la police et dresse un profil du tueur.
    Internet peut aussi servir à entretenir la mégalomanie de certains serial killers, à l’image de Jack Trawick qui en profite pour harceler les proches de ses victimes en racontant leurs meurtres dans les moindres détails. A Birmingham, en Alabama, Mary Kate Gach croit en avoir fini avec Jack Trawick, lorsqu’il est condamné à mort pour le meurtre de sa fille en 1992. Mais Jack Trawick continue de la tourmenter, ainsi que d’autres parents, en écrivant sur Internet comment il a frappé à coups de marteau, étranglé et poignardé Stephanie Gach, ainsi que d’autres jeunes femmes. Les récits ont été mis en ligne par un correspondant et admirateur du serial killer. Dans un des textes, Trawick, âgé de 56 ans, écrit : “Je recommencerais avec plaisir, même si la mort m’attend au bout.” Il a avoué l’assassinat de Stephanie Gach, 21 ans, avant d’être condamné en 1994.



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