"; ";
  Accueil     Librairie     Polars     Thrillers     Criminologie     S. Bourgoin     Infos     Liens  

_

Identification :      [inscription]

Actualité criminologie

    Les 3 adolescentes ultraviolentes voulaient "jouer" avec leur victime
    France > délinquance, vol
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Samedi 3 avril 2004

    " Amandine*, 20 ans, a quitté l'appartement qu'elle partage avec son demi-frère dans les Hauts-de-Seine. Victime d'une sauvage agression le 27 mars à Paris, cette étudiante, extrêmement traumatisée, s'est réfugiée chez son beau-père. « Dans un état de terreur », dit un proche. Son seul soulagement : savoir ses trois tortionnaires en prison. Des adolescentes, âgées de 14 et 15 ans, qui ont été mises en examen pour « vols en réunion » accompagnés « d'actes de torture et de barbarie ». « On voulait jouer avec elle », a indiqué sans états d'âme l'une d'elles pour « expliquer » les sévices et les humiliations infligées à la victime. Retour sur un vol ordinaire qui a, de façon incompréhensible, basculé dans l'horreur.
   
    « Je lui ai demandé 50 centimes. Elle m'en a donné que 30... »
   
    Ce 27 mars, Magalie, 15 ans, sèche les cours. Elève dans une classe relais d'un lycée du XI e arrondissement, cette Parisienne aux cheveux châtain clair préfère retrouver à Montparnasse deux copines, Sandra, 14 ans, et Sophie, 15 ans. Vers 17 heures, le trio traîne du côté du Palais omnisports de Paris-Bercy. Suivie par un juge des enfants à cause de ses fugues, Sandra raconte : « On voulait aller à la patinoire... A la sortie du métro, on a vu une Chinoise. Je lui ai demandé 50 centimes. Elle m'en a donné que 30... Sandra est arrivée et lui a demandé son téléphone. »
   
    Devant le distributeur, les premiers coups
   
    La « Chinoise » est en réalité une Française. Amandine est simplement née en Corée du Sud. Ce jour-là, l'étudiante vient de quitter le ministère des Finances où elle suit un stage en alternance. En se dirigeant vers le métro, une inconnue (NDLR : Magalie) l'a effectivement accostée : « Une fille d'environ 1,60 m, pull bleu et pantalon gris, décrit la victime. Elle m'a demandé de l'argent, je n'en avais pas. Elle m'a alors demandé mon portable pour envoyer un texto. Une autre est arrivée en disant qu'elle avait un couteau et m'a conseillé de donner mon téléphone lançant Je n'hésiterai pas à te l'enfoncer dans le coeur... » Lunettes de vue et manteau noir, Sophie, la seule qui soit déjà connue des services de police, rejoint ses copines et le piège se referme sur l'étudiante. Effrayée, Amandine remet son mobile, prenant soin de l'éteindre. Mais elle communique vite le code PIN face à la menace de l'arme blanche. Puis elle doit vider ses poches. La vue de sa carte bancaire réjouit les ados. « Elles m'ont demandé combien j'avais sur mon compte, rapporte la victime. J'ai répondu 760 €... Elles ont ri en disant "On va pouvoir aller dans le Sud". » Deux filles l'agrippent chacune par un bras et la conduisent de force vers un distributeur. La troisième suit avec le couteau. « Elles me disaient de faire des sourires, comme si on était amies », précisera l'étudiante, qui, devant le distributeur de billets, panique. Elle compose trois mauvais codes et sa carte est avalée, déclenchant la fureur de ses agresseurs. Insultes et premiers coups. « Sandra avait la rage », indique Magalie. La bande « escorte » sa victime vers une brasserie de la gare de Lyon. « Souris, sinon je te plante », menace l'une des mineures en chemin. Amandine est poussée dans les toilettes. Sophie attend à l'extérieur. « Je lui ai mis une petite claque pour qu'elle enlève son pantalon », reconnaît Magalie. L'étudiante enfile le bas de survêtement d'une des filles. Selon son récit, Magalie et Sandra l'ont frappée dans les WC. Cette dernière semble la plus excitée. « Elle cherchait un endroit tranquille pour la taper, elle avait les nerfs », affirmera une de ses complices. Le supplice va se poursuivre dans le huis clos d'un couloir de parking souterrain voisin.
   
    « Laisse-la-moi, tu assez joué, à mon tour... »
   
    « Sandra lui a donné un coup au visage, puis moi aussi, sous la pression de ma copine », dira Magalie en cherchant à minimiser son rôle. Tandis que Sophie fait le guet dehors, les deux mineures vont s'amuser avec leur victime, avec la cruauté d'un chat jouant avec une souris. « Elles se disputaient, disant Laisse-la-moi, tu assez joué, à mon tour... » témoignera la victime passée à tabac pendant plus d'une heure, obligée de se mettre à genoux, mains dans le dos pour ne pas se protéger des coups. Dévalisée, déchaussée et à moitié dévêtue, l'étudiante reçoit des coups de pied, on lui cogne la tête contre les murs. « Tu veux que je l'enfonce, j'en suis capable », menace même une des filles en pointant le couteau contre le nombril de la victime. Nouveau degré dans l'horreur : une mineure sort un briquet. « Elle a mis le feu à mes cheveux plusieurs fois. J'étais frappée dès que je les éteignais », raconte la victime, qui, ultime humiliation, se fera cracher au visage et sera forcée à lécher le sol... L'arrivée d'un locataire mettra en fuite le trio, interpellé peu après. Abasourdis, leurs parents ont été incapables d'expliquer une telle dérive. Deux vols, dont l'un brutal, commis par les trois adolescentes la veille et le matin même, fournissent peut-être un début d'explication. Pour l'avocat de la victime, la société doit s'interroger : « Comment ne pas être sidéré par la violence des mineurs et pourquoi les agresseurs en sont arrivées là ? » réagit M e Jean-Marc Fédida, par ailleurs surpris que ces faits d'une rare gravité aient pu se dérouler en plein Paris et en des endroits très fréquentés."
   
    * Les prénoms de la victime et des agresseurs ont été modifiés dans un souci d'anonymat.
   
    Un article de Geoffroy Tomasovitch.
    Articles relatifs :
     Paris: 3 adolescentes en furie torturent et volent une passante


[Tous les articles criminologie]

Soyez le premier à poster un commentaire à cet article !


Veuillez vous inscrire ou vous identifier :

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



_

Fil RSS
© Stéphane Bourgoin 2003 - 2014
Réalisation : Nokto