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Actualité criminologie

    REPORTAGE : après 15 ans de prison, ils pourraient être innocentés
    France > erreur judiciaire, meurtre, drogue, police scientifique
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 19 juin 2012

    " Ils ont clamé leur innocence dans l'indifférence générale pendant quinze ans. Aujourd'hui, Abderrahim E. et Abdelkader A., condamnés à vingt ans de prison pour meurtre, sont tout près d'entrer dans les annales des erreurs judiciaires françaises grâce à une banale arrestation réalisée dans une affaire de stupéfiants. Retour sur cette incroyable affaire.
   
    Victimes d'un témoignage décisif
   
    Entendus ce lundi par la commission de révision, les deux hommes de 46 et 47 ans sauront le 2 juillet si celle-ci accepte de saisir, comme le demande le parquet général, la Cour de révision, seule habilitée à annuler leur condamnation.
   
    Pour la première fois depuis longtemps, ils se laissent aller à l'optimisme, puisque "tout le monde est d'accord aujourd'hui pour dire qu'ils sont innocents, comme tout le monde était d'accord en 2003 pour les rendre coupables d'un meurtre odieux", a constaté Me Jean-Marc Darrigade, l'un de leurs avocats.
   
    Avant la série de rebondissements qui a permis, en 2011, l'interpellation des deux autres suspects du meurtre, en 1997, d'un petit dealer de cannabis de l'Hérault, l'étiquette de "coupables parfaits" leur collait à la peau.
   
    Lorsque le corps d'Abdelaziz Jilal, 22 ans, est découvert dans les environs de Lunel lardé de 108 coups de couteau, tout accuse, aux yeux des enquêteurs, Abderrahim E., alors employé agricole de 32 ans, et Abdelkader A., 33 ans, qui tient un petit garage. Non seulement ils ont été les derniers à voir la victime, mais en plus ils venaient de lui livrer 5 kilos de cannabis.
   
    Car les deux suspects sont connus de la police comme trafiquants locaux de stupéfiants. Ils écopent d'ailleurs de six ans de prison pour ces faits, une peine d'une rare sévérité qu'ils purgent quasi intégralement avant d'être jugés, en 2003, pour homicide. Devant les assises de Montpellier, les deux accusés, qui ont toujours contesté les faits, sont accablés par le témoignage d'un homme convaincu de les avoir vus s'acharner sur la victime, en dépit de nombreuses incohérences dans son récit.
   
    Le verdict tombe : vingt ans de réclusion, uniquement "à cause de leur profil détestable", dénonce Me Luc Abratkiewicz.
   
    Une série de "miracles"
   
    Retour à la case prison pour les deux hommes, qui ne vont cesser de se battre, soutenus par leurs familles et un enquêteur privé, pour ébranler la vérité judiciaire. Celle-ci mettra près de dix ans à émerger. D'abord grâce au revirement de l'extravagant témoin à charge : insuffisant pour blanchir les deux accusés, mais la justice décide en 2009 de rouvrir le dossier.
   
    Et là, le "miracle absolu", selon Me Abratkiewicz : une greffière du TGI de Montpellier l'avertit que les scellés de l'affaire vont être détruits. Dans le lot figurent des traces d'ADN relevées sur la scène du crime qui, plus de dix ans après le meurtre, sont versées au fichier des empreintes génétiques.
   
    Deuxième miracle : elles correspondent à l'ADN d'un manutentionnaire de 30 ans, à la vie rangée, placé en garde à vue quelques temps plus tôt dans une petite affaire de drogue. Arrêté treize ans après les faits, Michel B. met en cause Bouziane H., 33 ans, directeur de centre de loisirs. Tous deux reconnaissent avoir été seuls sur les lieux du crime en 1997, disculpent les deux condamnés tout en se renvoyant la responsabilité des coups de couteaux.
   
    Mis en examen, ils devraient prochainement être renvoyés devant les assises.
   
    "Nous sommes toujours là, mais nous ne sommes plus les mêmes qu'avant", a confié Abdelkader A., en liberté conditionnelle depuis 2009. Ses mains rongées par un "eczéma pathologique" développé depuis sa sortie de prison agrippent un élégant sac offert par quatre enfants qu'il n'a pas vu grandir.
   
    Abderrahim E., libre depuis 2011, a perdu son père, la femme qu'il devait épouser et "(ses) cheveux". "Vous parlez avec vos tripes et on ne vous entend pas..." Depuis 1945, la justice française a prononcé sept acquittements après révision."
   
    SOURCE : RTL.FR & AFP du 18 juin 2012.
   
    Pour écouter le reportage de Chloe Triomphe sur RTL, cliquez sur le lien SOURCE.

Source : REPORTAGE RTL

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