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Actualité criminologie

    Vingt ans de réclusion pour l'empoisonneuse de Chevinay
    France > meurtre, empoisonnement, disparition, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Jeudi 17 février 2011

    " Geneviève B., aide soignante de 53 ans, a écopé hier d'une peine de prison de vingt ans pour avoir assassiné son conjoint en février 2008. Le 28 février 2008, elle lui aurait administré des somnifères avant de le pousser au volant de sa voiture au fond de l'étang de Chevinay, à 3 kilomètres de leur domicile. Dépressive, elle aurait prémédité le meurtre de son mari et essayé de cacher son crime en évoquant une disparition. Le procès se déroulait aux Assises du Rhône depuis lundi, il a pris fin mercredi.
   
    LE PROCES :
   
    " Deux thèses inconciliables aussi éloignées que celles des rives de l’étang des Verchères près de Chevinay où le corps de Jean-Paul Drillard a été retrouvé en mai 2008 après le signalement d’une disparition inquiétante. L’assassinat contre le coup de folie, la préméditation contre l’incompréhension, le machiavélisme contre le « pétage de plomb ». Pour cette dernière journée d’audience, la personnalité de Geneviève B., 53 ans, a été une fois encore au cœur des débats et surtout des passions. Me Hervé Banbanaste, pour les parties civiles, a sonné la charge entendant en « 14 points, étape par étape » démontrer l’intention homicide mais surtout la préméditation.
   
    Sans concession contre cette femme « morbide qui n’aime pas le bonheur des autres », il s’est fait le scénariste d’un script avec des plans séquences que n’aurait pas renié Clouzot, le réalisateur des « diaboliques ». Pour l’accusation pas l’ombre d’un doute : « Elle a testé sur son compagnon les effets des somnifères avant de forcer la dose et le conduire à l’étang comme pour aller au cercueil ». Véronique Escolano, en réclamant au terme de près de deux heures de réquisitoire, vingt ans de réclusion, a voulu pointer du doigt l’assassinat « par la soumission chimique avant par l’exécution pendant et par la dissimulation après ». Une détermination pour elle collant avec la personnalité de l’accusée qualifiée « d’empoisonneuse, de cynique, de sournoise » et surtout complètement « désaffectivée ». Un portrait retouché, retravaillé et ripoliné par Mes Moroz et Thomassin pour la défense. Celle d’une sorte de mater dolorosa, enfermée dans ses angoisses, dans sa peur de la maladie et hantée par la mort. Fantôme aimant, torturée dans les derniers mois à la suspicion même de l’annonce d’un nouveau cancer. Déboussolée. « Comment la zombie qu’on décrit a-t-elle pu préméditer un tel acte ? ». Xavier Moroz, s’en prenant à « la rumeur a posteriori qui nourrit la thèse de l’accusation », a surtout vu dans cette soirée la marque de « l’amateurisme » et de l’improvisation. Evoquant les grands dossiers criminels restés dans les mémoires judiciaires, Gérard Thomassin a pu, avec son expérience, affirmer que « les magistrats n’aiment pas cette notion de préméditation » parce que « sans doute proche de tant d’erreurs judiciaires ». La demande de pardon formulée en dernier lieu par Geneviève aux enfants de Jean-Paul est restée lettre morte. Eux qui se souviennent de ces jours où ils l’ont soutenue et hébergée alors qu’ils pensaient à tout sauf à un assassinat."
   
    Un article de Michel Girod (LE PROGRES.FR du 17 février 2011).

Source : LYON MAG & LE PROGRES.FR (17 février 2011)

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