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Actualité criminologie

    Le cannibale de la Meuse: il a mangé papa avec du lapin et des petits légumes
    France > cannibalisme
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Samedi 6 mars 2004

    " C'est une lourde bâtisse ocre aux volets blancs, posée en plein virage au centre de Sorcy-Saint-Martin (Meuse), un village de 1 000 habitants situé entre Toul et Bar-le-Duc. Les scellés jaune et rouge de la gendarmerie sont bien visibles sur la porte de bois clair. Mercredi après-midi, lorsqu'ils l'ont franchie pour la première fois après avoir été alertés par les voisins, les enquêteurs ont découvert le corps d'un homme, dépecé et en état de décomposition avancée. Sans doute mort depuis un mois.
   
    Les techniciens de l'identité criminelle ont retrouvé la tête dans un autocuiseur, un avant-bras dans la cuisinière et une côte dans une casserole. Mélangée avec du lapin et des légumes. Le reste était disséminé dans la cuisine et à la cave, soigneusement rangé dans des barquettes de congélation. Pour retrouver tous les morceaux de ce désossage, les vingt gendarmes de Bar-le-Duc, Commercy et Nancy chargés de l'enquête ont reçu le concours d'une brigade cynophile allemande, équipée de «chiens de cadavres», spécialisés dans la recherche de restes humains.
   
    Opinel
   
    Selon toute vraisemblance, ce sont ceux du propriétaire de la maison, Hubert Cornevin, un cheminot retraité de 80 ans. L'autopsie ordonnée jeudi par le procureur de la République de Bar-le-Duc, Yvon Calvet, devrait le confirmer. Le retraité vivait sous le même toit que son fils, Jean-Pierre, 49 ans, qui a été placé en garde à vue mercredi à la gendarmerie de Commercy. Vendredi, à l'issue de sa présentation au juge d'instruction Jean-Philippe Belperron, il a été mis en examen pour «homicide volontaire sur ascendant» et «atteinte à l'intégrité d'un cadavre», puis incarcéré. Pour le moment, il reconnaît seulement avoir commencé à couper le corps de son père avec un Opinel, environ six jours après le décès. Pour expliquer son geste, il avance des raisons financières : il aurait entrepris de faire disparaître le corps afin de ne pas supporter les frais d'obsèques et de continuer à percevoir la pension de cheminot du retraité, un peu plus de 1 000 euros par mois.
   
    «Nous avons beaucoup de questions et très peu de certitudes», indique le procureur de la République. Les enquêteurs cherchent à déterminer les causes du décès, notamment par le biais d'une expertise toxicologique. Hubert Cornevin souffrait d'un cancer en phase avancée. La mort naturelle n'est donc pas exclue. Pas plus que l'euthanasie ou l'homicide. Son fils Jean-Pierre souffrait de troubles psychologiques mais n'était pas suivi médicalement. «Il s'agit d'un univers fermé. Les deux hommes vivaient totalement isolés, ils n'avaient pas de vie sociale, explique Yvon Calvet. Jean-Pierre Cornevin est un homme fruste, qui entretient une relation toute particulière avec l'argent. Il n'a montré aucun affect et son geste lui semble tout à fait naturel.» Une expertise psychiatrique a été ordonnée.
   
    Le capitaine Eric Monti, directeur de l'enquête, décrit un suspect qui alterne «moments de cohérence et phases de blocage» : «Lors de la perquisition, il est resté très calme. Il demandait juste qu'on éteigne la lumière après être passé dans les pièces de la maison.»
   
    Mobylette
   
    Au bar-tabac de Sorcy-Saint-Martin, face à la maison des Cornevin, les habitués parlent de «gens pas méchants et très discrets». La mère est morte «il y a dix, douze ans». Un autre fils est lui aussi décédé, de maladie, à l'enfance ou à l'adolescence, on ne sait plus trop. Personne ne leur rendait visite et on ne leur connaissait pas de fréquentations. «Je dis pas que c'étaient des chouettes, mais presque», commente un ancien collègue de travail de Jean-Pierre. Le fils était agent de maintenance à l'entreprise locale des Fours-à-Chaux. Il a continué à travailler jusqu'à son interpellation. On le voyait parfois dans les champs, à ramasser de l'herbe pour ses lapins. «Avant, il sortait de temps en temps le samedi soir, en discothèque. Mais ça faisait longtemps qu'il avait arrêté ça», se souvient un habitué.
   
    Depuis, Jean-Pierre rentrait du travail à 17 heures et ne ressortait plus de la maison. «Il n'a jamais dépensé un centime. Il allait au boulot avec une Mobylette qui datait de Mathusalem. Il avait revendu sa voiture et il utilisait la 2 CV de son père», raconte l'ex-collègue. Un voisin avait bien constaté, ces derniers temps, que quelque chose clochait. Il ne voyait plus Hubert promener son chien, comme le vieil homme avait l'habitude de le faire tous les soirs : «Mais je pensais que c'était le chien qui était mort.» Le chien va bien. Il a été confié à un organisme spécialisé. Jean-Pierre Cornevin, lui, a passé sa première nuit en détention à la maison d'arrêt de Bar-le-Duc."
   
    Un article de Thomas Calinon.

Source : LIBERATION (6 mars 2004)

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