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Actualité criminologie

    Les suicides de trois policiers alarment le commissariat central de Tours
    France > police, suicide, harcèlement, délinquance, statistique
    Article posté par Isabelle Longuet le Jeudi 24 janvier 2008

    " Le troisième est mort, le 19 janvier, après une semaine de coma. Des trois policiers du commissariat central de Tours qui ont tenté de se suicider en moins d'un an, Eric Venturi, 34 ans, est le premier à l'avoir fait dans les locaux. Le premier pour lequel le préfet d'Indre-et-Loire, en poste depuis trois mois, a donc saisi, mardi 22 janvier, l'Inspection générale de la police (IGPN) pour mener, avec l'aide d'une psychologue, une "mission d'écoute et de conseil". La démarche est rare dans un contexte où les fonctionnaires de police expriment un malaise accru.
   
    C'est dimanche 13 janvier, entre deux portes de toilettes, que ses collègues ont retrouvé le gardien de la paix Venturi agonisant. Il s'était tiré une balle dans la tête. Quelques semaines auparavant, le 27 décembre 2007, c'est en forêt de Chinon qu'ils avaient découvert un autre collègue, la trentaine lui aussi, en hypothermie, au lendemain d'une tentative ratée de tir dans le coeur. Il est toujours en vie. Plusieurs mois plus tôt, un autre policier, au volant de sa voiture, s'était lui aussi tiré une balle dans le coeur avec son arme de service. Mais lui est mort.
   
    Avant le décès de M. Venturi, ces tentatives de suicide en série n'avaient suscité que l'inquiétude des syndicats. Le quotidien régional La Nouvelle République n'avait pas relaté les faits, considérés, en l'absence d'enquête judiciaire, comme des événements d'ordre "privés". Le premier policier à s'être suicidé était en instance de divorce. Personne n'exclut l'éventualité de difficultés sentimentales ou familiales chez les trois policiers, tous mariés, tous avec enfants. Les représentants syndicaux mettent en avant un stress professionnel.
   
    Le climat a, selon les syndicats, changé depuis l'arrivée, en 2004, d'un nouveau commissaire, chargé de 280 fonctionnaires au commissariat. Depuis sa prise de fonctions, celui-ci a mis en oeuvre de façon particulièrement zélée, selon eux, les objectifs de baisse de délinquance : instauration de quotas d'interpellation ou de contraventions, décompte du temps de traitement d'un dossier, du temps de délivrance d'une contravention... Une démarche jusqu'au-boutiste qualifiée "d'erreur", en 2007, par le directeur central de la sécurité publique, Philippe Laureau.
   
    RÉALITÉ DU TERRAIN
   
    Le suicide de M. Venturi a relancé les critiques des syndicats contre "le management". En cas de résultats insatisfaisants, le commissaire abuserait, selon eux, des déplacements de service et des baisses de notation. "Rien ne le justifie", s'alarme Thierry Pain, délégué régional UNSA. "On n'est pas contre la politique du bâton et de la carotte, on accepte d'exercer un métier hiérarchisé, mais on se bat aussi pour les relations humaines", défend Bruno Berger, délégué régional SGP-FO.
   
    Lionel Brieude est ancien commandant de police au commissariat de Tours, retraité depuis juin 2007 et ancien directeur du Courbat, un centre d'aide psychologique pour policiers unique en France. Pour lui, l'erreur vient de "la dichotomie" entre ce que les jeunes policiers espèrent de la profession en début de carrière et la réalité du terrain : "Ils s'engagent avec l'image du sauveteur, de la mission de service public, alors qu'on leur demande une culture du résultat, de répression froide."
   
    Statistiquement, reconnaît le préfet d'Indre-et-Loire, Patrick Subremon, il n'y a pas motif à se plaindre de l'efficacité de ce commissariat aux locaux flambant neufs : en 2007, il a obtenu une baisse de la délinquance de 5,8 %, selon les chiffres de l'Observatoire national de la délinquance, contre 3, 7 % à l'échelle nationale. "Sûrement faudra-t-il tirer les conséquences de la mission d'écoute", affirme-t-il. "
   
    Elise Vincent

Source : LE MONDE 24 janvier 2008

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