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    CONAN DOYLE, entre quête rationnelle et attirance vers l'occulte
    Europe du Nord & de l'Ouest >
    Article posté par Isabelle Longuet le Samedi 25 février 2012

   
   
    " Sherlock Holmes, enquêteur freudien
   
    Dans un magistral essai de 1979, "Crisi della ragione" (dont un extrait fut publié en 1980, par la revue Le Débat, sous le titre "Signes, traces, pistes. Racines d'un paradigme de l'indice"), Carlo Ginzburg remarquait que, vers la fin du XIXe siècle, le champ des sciences humaines et de la littérature avait vu l'émergence d'un modèle de pensée qui renvoyait à l'idée que la société humaine était partagée entre quête rationnelle et attirance vers l'occulte, entre esprit logique et délire paranoïaque.

   
    Et pour définir ce qu'il appelait le "paradigme de l'indice" - c'est-à-dire une chose trouble et dérangeante -, il associait trois noms : Giovanni MORELLI (1816-1891), inventeur d'une méthode susceptible de distinguer les oeuvres d'art des imitations, et donc de dépister les faussaires ; Sigmund FREUD, fondateur d'une science de l'inconscient accordant à des éléments insignifiants une valeur déterminante (lapsus, actes manqués, rêves, etc.) ; et Sherlock HOLMES, célèbre détective, passé maître dans l'art de résoudre une énigme par la simple observation de quelques traces : cendres, poils, fils de tissu, poussière, lambeaux de peau...
   
    S'il est exact de dire que toute la fin du XIXe siècle fut hantée par l'irruption d'un discours narratif, fondé autant sur la soumission au positivisme que sur la fascination pour les signes de l'anormalité, il est insolite de constater qu'un personnage de fiction, Sherlock Holmes, a pu devenir à ce point réel que l'on a presque oublié le nom de son créateur : Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), écrivain victorien, né à Edimbourg, disciple d'Edgar Poe, médecin engagé en Afrique du Sud contre les Boers, rebelle et visionnaire, et qui épousa aussi passionnément la cause du spiritisme que celle de sa mère, à laquelle il obéissait en toutes choses.
   
    C'est en s'inspirant de cette thématique du double obscur qu'Emmanuel Le Bret montre dans un essai biographique comment Conan Doyle fut contraint, sa vie durant, de faire exister Sherlock alors qu'il rêvait d'être l'égal de Walter Scott ou d'Alexandre Dumas. Sir Arthur accordait beaucoup plus d'importance à ses romans, à ses essais et à son théâtre - oeuvre immense que plus personne ne lit aujourd'hui - qu'à la saga du détective, son double maudit...
   
    Né en 1854, Sherlock, célibataire endurci et violoniste mélancolique, au physique longiligne, amateur d'opium, de tabac et de combats martiaux, apparaît pour la première fois en 1887 dans Une étude en rouge, flanqué de son biographe, le docteur John Watson, avec lequel il partage un appartement situé à Londres, au 221b Baker Street. Jamais, sous la plume de Doyle, il ne prononcera la phrase qu'on lui attribuera dans un film de 1929 : "Elémentaire, mon cher Watson".
   
    Au fil des années, et grâce au Strand Magazine, qui lui sert de support, Sherlock raconté par Watson peaufine sa méthode à travers une longue série de feuilletons vendus à plus de trois cent mille exemplaires : Au pays des mormons, Le Signe des quatre, Les Aventures de Sherlock Holmes, etc.
   
    Sans cesse confondu avec son héros, Conan Doyle, exaspéré, décide en 1893 de le faire mourir, à l'âge de 39 ans, au bord des chutes de Reichenbach, en Suisse, dans un combat singulier avec son pire ennemi, le professeur James Moriarty, incarnation de la mauvaise science et surnommé le "Napoléon du crime" : "Aussitôt, écrit Le Bret, la rumeur enfle (...) et quantité d'inconnus se mettent en grève (...) ou portent un brassard de crêpe noir."
   
    Pendant dix ans, Doyle se sent libéré de son mal intérieur : "Je ne pourrais le faire revivre, au moins pour quelques années. J'ai une telle overdose de lui - comme un pâté de foie gras dont j'aurais trop mangé - que l'évocation de son nom me donne encore la nausée."
   
    Et pourtant, en 1903, honteux d'avoir fait triompher le mal (Moriarty), il ressuscite son héros, d'abord dans "Le Chien des Baskerville", dont il situe l'action avant la mort de Holmes, puis dans une série de nouvelles aventures. Le monde anglophone soupire d'aise et le {i]Strand Magazine double ses abonnements. Plus jamais Sir Arthur ne fera disparaître Sherlock. Au total, il lui aura consacré quatre romans et cinquante-six nouvelles (le "canon"), le tout traduit en cent dix langues. A quoi s'ajoutent, quatre-vingts ans après sa mort, deux cents films, deux mille pastiches, des centaines de romans, plusieurs musées et une prolifération d'instituts d'holmésiologie, répartis dans le monde et voués à l'étude du "canon" et de ses variantes.
   
    Parmi eux, la société holmésienne de Chicago, longtemps présidée par Ely M. Liebow, auteur d'un roman féministe, "Sept femmes contre Edimbourg" (traduit par Françoise Jaouën, Baker Street éditeur, 400 p., 21 €), qui met en scène le véritable docteur Joe Bell, l'un des modèles de Sherlock.
   
    De son côté, s'inspirant de la thèse de Carlo Ginzburg, Dominique Meyer-Bolzinger montre que Sherlock, mi-savant, mi-sorcier, anticipe l'approche psychanalytique : en effet, sa méthode d'investigation se réfère à une clinique des signes contemporaine de Joseph Babinski (1857-1932), inventeur d'une sémiologie lésionnelle qui le conduira à isoler le fameux signe du réflexe inverse du gros orteil, permettant de déceler une lésion de la voie pyramidale. Notons au passage que ce génial neurologue, très "sherlockien", était un être double, aussi positiviste que fasciné par les phénomènes de télépathie.
   
    Dominique Meyer-Bolzinger étudie le profil de deux successeurs de Sherlock : Hercule Poirot, qui accompagna Agatha Christie pendant cinquante-cinq ans (1920-1975), et Jules Maigret, qui fut, de 1931 à 1972, l'ombre de Simenon. L'un et l'autre, selon elle, auraient lié le "paradigme indiciel" à la psychanalyse, contribuant ainsi à une "pérennité psychique" du modèle holmésien. La thèse se trouve d'ailleurs reprise par le psychanalyste Patrick Avrane dans "Sherlock Holmes & Cie. Détectives de l'inconscient" (Campagne première, 200 p., 20 €), qui compare la position du psychanalyste à celle d'un détective de l'âme.
   
    A tous les lecteurs souffrant de dépression, on recommandera le roman jubilatoire de Jean-Marcel Erre, "Le Mystère Sherlock". A la manière d'un David Lodge qui aurait adopté le style de Raymond Roussel, l'auteur relate la saga de dix éminents universitaires holmésiens réunis en congrès à l'Hôtel Baker Street de Meiringen, village situé dans le canton de Berne où rôde le fantôme de Moriarty.
   
    Chacun rivalise dans l'art de la déduction, du pastiche et de l'indice. Survient alors une avalanche. Quand les pompiers arrivent, ils trouvent dix cadavres allongés derrière la porte d'entrée. Qui les a assassinés ? Au terme d'une enquête menée tambour battant, le commissaire Lestrade croit résoudre l'énigme. Mais connaît-il la vraie vérité ?
   
    Pour le savoir, on pourra enfin se reporter à un roman célèbre, "La Solution à 7 %" (Robert Laffont, 1975, disponible en poche aux éditions J'ai lu), tiré d'un prétendu manuscrit inédit de Watson et rédigé en fait par Nicholas Meyer, un freudo-holmésien convaincu. Se substituant au bon docteur, l'auteur raconte comment Sherlock, gavé de cocaïne, se rendit à Vienne, vers 1891, pour se faire soigner par Freud. Celui-ci découvrit dans l'inconscient de son patient un souvenir d'enfance qu'il préféra laisser enfoui ne sachant pas s'il s'agissait d'un fantasme ou d'un indice fiable. Toujours est-il que Moriarty, le savant démoniaque, était là dans le lit de la mère du détective.
   
    On ne trouve à Londres aucune trace de cette visite : ni au Freud Museum, ni au Sherlock Holmes Museum. Avis aux amateurs d'énigmes. "
   
    Elisabeth Roudinesco
   
   
    Conan Doyle contre Sherlock Holmes, d'Emmanuel Le Bret
   
    Ecrivain et essayiste, Emmanuel Le Bret analyse les relations complexes entre Sir Arthur Conan Doyle, rénovateur du roman policier et adepte du spiritisme, et son héros devenu plus célèbre que lui. Sa vie durant, il eut à souffrir de son double littéraire, génial détective, au point de le faire mourir. Et être ensuite contraint de le ressusciter.
   
    Les Editions du Moment, 200 p., 18,50 €.
   
   
    La Méthode de Sherlock Holmes. De la clinique à la critique, de Dominique Meyer-Bolzinger
   
    Universitaire et spécialiste du roman policier, l'auteur examine les rapports entre la méthode de Sherlock Holmes, fondée sur l'analyse des indices, et la clinique médicale de la fin du XIXe siècle, la neurologie notamment, pour montrer qu'elle anticipe l'approche psychanalytique inventée par Sigmund Freud.
   
    Campagne Première, 198 p., 20 €.
   
   
    Le Mystère Sherlock, de J.M. Erre
   
    Le romancier J.M. Erre imagine un congrès réunissant dix éminents "holmésiens" au coeur d'un village suisse. Après une avalanche, ils sont transformés en cadavres, et c'est un commissaire, sorte d'Hercule Poirot moderne, qui tente de résoudre l'énigme. Non loin de là, rôde le fantôme du méchant James Moriarty, double maléfique de Sherlock Holmes, refoulé dans les profondeurs de son inconscient.
   
    Buchet-Chastel, 328 p., 20 €.

Source : LE MONDE DES LIVRES 17 février 2012

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    Re : CONAN DOYLE, entre quête rationnelle et attirance vers l'occulte
    Commentaire posté par milodragovitch le Samedi 25 février 2012
    "Au total, il lui aura consacré quatre romans et cinquante-six nouvelles"
   
    Ouhla.. je réalise qu'avec ma demi-douzaine d'éditions en Librio à dix francs, je dois être très loin du compte.
   
    Si quelqu'un a une édition à me conseiller, je suis preneur.


    Re : CONAN DOYLE, entre quête rationnelle et attirance vers l'occulte
    Commentaire posté par nina75 le Lundi 28 mai 2012
    Bonjour en ce lundi de Pentecôte,
   
    (Bonjour aussi à vous Milodragovitch )
   
    Sur le site Jeunesse Lille 3, en regardant la rubrique " Les héros se racontent "
   
    http://jeunesse.lille3.free.fr/rubrique.php3?id_rubrique=17
   
    ( où des étudiants écrivent en se mettant dans la peau d'un héros de fiction et c'est comme si c'était lui qui s'exprimait, sous forme de lettres ou d'interviews ), j'ai vu, ce qui a trait à la fois à la fiction jeunesse et aux histoires policières, par exemple :
   
    http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3?id_article=1810
   
    Qui se cache derrière la Barbe Bleue ?
    Le serial killer médiatique
   
    http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3?id_article=1617
   
    Alice : mais qui est Alice Roy ?
   
    Je recommande, sur Sherlock Holmes :
   
    http://www.amazon.fr/Sherlock-Holmes-Baker-Street-grand/dp/2746715538/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1338222672&sr=8-1
   
    Sherlock Holmes : De Baker Steet au grand écran
    Natacha Levet
    Autrement, janvier 2012
   
    Bien qu'adulte, j'achète chaque mois la revue Je Bouquine, et le numéro 340 de mai a comme petit roman ( c'est un auteur jeunesse différent à chaque fois ), par Hervé Jubert ( l'auteur de la série Blanche, une adolescente détective avec son oncle policier dans le Paris des années 1870 ) :
    Qui veut la peau de Sherlock Holmes ?
   
    Un pastiche, donc.
    Holmes fait venir Watson et lui dit qu'ils sont des personnages fictifs, créés par Arthur Conan Doyle. Il résume la genèse telle que nous la connaissons. Et indique à Watson qu'ils sont remontés dans le temps, avant leur naissance - de papier - , quatre ans avant que Doyle ne les fasse apparaître dans le Strand Magazine. Or, quelqu'un a le projet de tuer Doyle. S'il y parvient, dit Holmes, lui et Watson n'existeront jamais, puisque leur futur créateur sera mort quatre ans avant la date de publication de leur première aventure Une Etude en rouge. Ils doivent donc arrêter à temps celui qui se prépare à tuer Doyle.
   
    Sur ce lien, on peut lire des commentaires :
   
    http://blog.jebouquine.com/livres/livres-romans-je-bouquine/qui-veut-la-peau-de-sherlock-holmes-je-bouquine-n%C2%B0340/
   
    Cordialement

    Re : CONAN DOYLE, entre quête rationnelle et attirance vers l'occulte
    Commentaire posté par nina75 le Lundi 28 mai 2012
    Rebonjour,
   
    Pardon, ce n° 340 de Je Bouquine est sorti ce mois-ci, mais c'est le numéro de juin.
    Puis-je reproduire les dernières lignes de l'épilogue de cette nouvelle ?
    Holmes et Watson, des années plus tard, devenus vieux et à la retraite, se revoient. Holmes apprend à Watson que leur créateur Arthur est mort. Ils cherchent si sa tombe existe. Ils découvrent que " la tombe de Doyle se trouve à la fois dans le monde de ses créations et dans le nôtre "
    ( mots de l'auteur de l'interview d'Hervé Jubert, Constance Joly-Girard ).
   
    " - La mort nous rend égaux face à l'impossible, affirme mon compagnon. Je vous parie une livre que la tombe d'Arthur se dresse dans sa version de cette chère vieille Angleterre ainsi que dans la nôtre.
    Nous avons cherché et nous avons trouvé. Dans un minuscule bourg du Hampshire, à l'orée de la New Forest où il avait tant aimé écrire sa Compagnie blanche. Le nom de cet endroit ? Minstead.
   
    Si vous passez par là, arrêtez-vous à la petite église. Rendez-vous dans le cimetière clôturé, près de ce vieux chêne qui, paraît-il, a été touché trois fois par la foudre. Sous ses branches basses, dans l'herbe grasse, surmontée d'une croix celtique, se dresse une pierre de grès sur laquelle est gravé :
   
    Steel true
    Blade straight
    Arthur Conan Doyle
    Knight
    Patriot, Physician & Man off letters *
   
    * Pur acier
    Lame droite
    Arthur Conan Doyle
    Chevalier
    Patriote, médecin & homme de lettres
   
    Debout devant la stèle, nous méditons l'épitaphe qui n'aurait pu être plus juste.
    Holmes pose sa pipe sur le bord de la pierre. Il me prend le bras et nous fait sortir du cimetière.
    - J'ai repéré un pub, pas très loin, reprend-il, badin. On y sert de la Stonehenge. C'est votre bière préférée, je crois ?
    Mes lèvres clappent malgré moi.
    - Sherlock, vous suivez le cours de mes pensées avec une précision extraordinaire.
    - Vous êtes tellement élémentaire, mon cher Watson ! "
   
    J'ajoute que dans l'interview d'Hervé Jubert il y a parmi les questions :
   
    " JB ( Je Bouquine )
    Quel est votre " classique " préféré ? Pourquoi ?
   
    HJ
    C'est un petit bouquin fantastique assez oublié de Jean Ray qui s'appelle Malpertuis. J'adore ce texte. Il est merveilleusement écrit. Il est flippant. Il est malin. Il ne prend pas le lecteur pour un idiot... "
   
    Je conclus. Jean Ray est surtout connu pour avoir créé Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain, en s'inspirant des couvertures de fascicules allemands du début du 20ème siècle qui étaient, littérairement, de très mauvaises adaptations de Sherlock Holmes. Jean Ray avait écrit des aventures nouvelles.
    Quan à Malpertuis, publié n 1943 en pleine guerre, c'est un roman fantastique parlant d'une maison hantée.
    La première édition, très rare et recherchée et trop chère pour la plupart de nous, avait en couverture une créature féminine avec des serpents en guise de cheveux, comme Méduse ( ou les Gorgones ? ) dans la mythologie gréco-romaine.
    Malpertuis fait partie de ces romans dont on connaît par coeur une phrase, sans forcément avoir lu le livre :
    " Tu quitteras Malpertuis. Mais Malpertuis ne te quitteras pas. "
   
    Le genre de phrase qui identifie un livre et son auteur.
    Comme " Cette nuit, j'ai rêvé que je retournais à Manderley " , " Je m'appelle Ismaël " , " Je suis né à Aubagne " ou " C'était le meilleur et le pire des temps ".
    ( D'accord, ce n'est pas si évident : Rebecca, de Daphné Du Maurier, Moby Dick, d'Herman Melville, La Gloire de mon père, de Marcel Pagnol, Un Conte des deux cités, de Charles Dickens).
   
    Hommage à la soeur cadette de Sherlock et de Mycroft :
    Enola Holmes, imaginée par l'Américaine Nancy Springer, publiée chez Nathan.
    Où il est fait état de la misogygnie de Sherlock qui ne croit pas qu'une jeune fille, fût-elle sa soeur, puisse être détective.
    Pour lui donner tort, des femmes enquêtrices dans l'Angleterre victorienne, voir la série Sally Lockhart, de Philip Pullman, chez Folio Junior, ou encore la journaliste Pénélope Green, dont le tome 1 des aventures, La Chanson des enfants perdus, par Béatrice Bottet, est paru chez Casterman en septembre 2011.
   
    http://www.amazon.fr/P%C3%A9n%C3%A9lope-Green-Tome-chanson-enfants/dp/2203035439/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1338232861&sr=1-1
   
    Cordialement

    Re : CONAN DOYLE, entre quête rationnelle et attirance vers l'occulte
    Commentaire posté par nina75 le Lundi 23 juillet 2012
    Bonjour,
   
    A propos de pastiche de Sherlock Holmes, j'ai vu sur le site de Béatrice Nicodème, auteur entre autres de romans policiers jeunesse et adultes - notamment la série Wiggins dont le héros est l'un des gamins de Baker Steet - qu'elle annonce la réédition de son roman de 1993.
   
    Défi à Sherlock Holmes
    ( Fleuve Noir, 1993 )
   
    http://www.beatrice-nicodeme.com/Defi-a-Sherlock-Holmes.html
   
    Ce sera à la fin de cette année, chez Hachette Romans.
   
    Je vois que le dernier titre de Wiggins, " La Nuit de l'éclipse " ( l'histoire se situe en 1894, pendant la période depuis 1891 où Holmes est supposé mort dans les chutes de Reichenbach ) est paru chez Gulf Stream, collection Courants noirs.
    Et non pas chez Syros, collection Souris noire, comme tous les titres précédents.
    Ce qui laisse augurer que l'histoire soit plus noire, s'adresse à des lecteurs un peu plus âgés.
    Sachant que la collection Courants noirs, si elle ne comporte pas seulement des polars jeunesse mais aussi d'autres types de romans ados, historiques entre autres, se caractérise par des histoires plutôt dures.
   
    Toujours par Béatrice Nicodème ( qui a aussi écrit un livre d'étude, " Le roman policier, bonne ou mauvaise lecture ? " aux Editions du Sorbier en 2004 qu'on ne trouve que d'occasion ), j'ai acquis il y a quelques mois :
   
    Mais que fait la police ?
    Illustrations Charlotte Gastaut
    Gulf Stream, collection Et toc ! , mai 2012
   
    http://www.amazon.fr/Mais-fait-police-B%C3%A9atrice-Nicod%C3%A8me/dp/2354881614/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1343055986&sr=8-1
   
    C'est un abécédaire, suivant le concept de la collection Et toc ! tel qu'expliqué ici :
   
    http://librairiesandales.hautetfort.com/archive/2011/11/22/et-toc-la-toile-et-toi-et-derriere-le-petit-ecran.html
   
    Il a des entrées par exemple sur l'ADN, la police scientifique, la criminologie, la criminalistique ( la différence est expliquée ), les tueurs en série, la morgue, le profilage criminel ou la peine de mort.
    C'est un livre qui s'adresse aux ados, mais on y trouve quantité d'infos qu'un adulte ne connaît pas toujours.
   
    Dédicace de l'auteur :
    " Je dédie ce petit panorama criminel à ceux qui aiment frissonner ( virtuellement ou réellement ). Et bien sûr à Sherlock Holmes, qui en connaissait un rayon en ce domaine et qui m'a initiée ( virtuellement ) à cet univers inquiétant. "
   
    Remarquons qu'à la fin de l'ouvrage, la rubrique " Pour aller plus loin " indique des livres, films, séries, visites ( Musée de la préfecture de police, Bilipo Bibliothèque des littératures policières de Paris, Institut médico-légal de Paris ), sites Internet ( ex.: tueurenserie.org ) et même formations, écoles.
    Et que force est de dire que toutes ces références sont bien adultes, l'auteur n'en cite pas de plus spécialement destinées à de jeunes lecteurs.
    Même la page sur les livres propose des titres que j'avoue que j'aurais un peu peur d'aborder si j'étais ado.
    Sont mentionnés un livre de Carine Hutsebaut, profileuse ; Michel Sapanet, médecin légiste ; Un tueur si proche, d'Ann Rule ( sur Ted Bundy, qu'elle connut quand elle était policière ) ; L'abécédaire insolite du crime, de Mathieu Frachon.
   
    Ou encore " Le Livre noir des serial killers " , de Stéphane Bourgoin ( Points, collection Points Policier ).
   
    Seule une note plus légère est apportée par la mention " pour les gourmands " du livre " La cuisine de Kay Scarpetta " de Patricia Cornwell ou celui d'Anne Martinetti et François Rivière " Crèmes et Châtiments " au Masque.
    ( Ce n'est pas précisé, mais il s'agit de recettes de cuisine inspirées des romans d'Agatha Christie. Anne Martinetti a aussi écrit " La sauce était presque parfaite " sur Hitchcock ou " Alimentaire, mon cher Watson ! " )
   
    Cordialement
   
   


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