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Actualité polars

    Sauvez les bibliothèques municipales américaines en lisant "Genesis" de Karin SLAUGHTER
    Etats-Unis >
    Article posté par Isabelle Longuet le Mardi 31 janvier 2012

   
   
    Une bonne oeuvre unique en son genre : un thriller terrifiant, inspiré des pratiques réelles de deux serial killers, contribue dans la mesure de ses moyens à sauver des bibliothèques municipales étasuniennes ! L'idée est simple, encore fallait-il y penser et la mettre en pratique - en mettant la main à la poche. La romancière Karin SLAUGHTER (oui... traduisez par "massacre" ce patronyme qui n'est pas un nom de plume) s'emploie à empêcher la fermeture des endroits mis en péril par la suppression des subventions dans de nombreux Etats américains. Imaginez une minute la fermeture progressive et inéluctable de nos bibliothèques publiques, en France, en Belgique, en Suisse, etc. qui sont de plus en plus souvent la seule source de culture et de distraction des jeunes et moins jeunes à revenus modestes...
   
   
    Karin Slaughter, née en 1971 en Géorgie et résidant à Atlanta, consacre ainsi toute son énergie et une partie de ses droits d'auteur - sic - à la fondation Save the Libraries qu'elle a créée en 2010. Une manière remarquable de lutter contre les effets déplorables de la crise économique. Elle a notamment fait don de 50 000 dollars à la bibliothèque du Comté de DeKalb (Géorgie) en mars de l'an dernier.
    Elle organise également des repas et des ventes de charité - la dernière en date s'est déroulée en octobre 2011 à Boston - et elle a écrit pour l'occasion une nouvelle, "Thorn In My Side", dont elle reverse l'ensemble des recettes issues des ventes numériques à Save the Libraries. Elle met aussi aux enchères des déjeuners en sa compagnie, comme à Amsterdam en avril 2011 ! Et d'autres écrivains - Dennis Lehane, Harlan Coben, Scott Turow, Lisa Gardner - ont rejoint Karin Slaughter dans son combat.
   
    L'histoire en trois mots (ou presque), excepté le dernier
   
    Un soir au crépuscule, une femme nue est percutée par une voiture sur une route proche d’Atlanta. A l’hôpital, l’urgentiste Sara Linton constate qu’elle a été victime d’abominables sévices.
    Le duo d’agents fédéraux Will Trent – qui se rend aussitôt sur le lieu de l’accident – et Faith Mitchell mènent l’enquête. Trent découvre une cache souterraine : des indices montrent que deux personnes y ont été gardées captives et torturées. Bientôt, l’inspecteur trouve la seconde, une femme, morte et suspendue à un arbre.
    Dans les jours qui suivent, d’autres femmes sont kidnappées ou disparaissent. Les enquêteurs du Georgia Bureau of Investigation comprennent qu’ils sont sur la piste d’un redoutable serial killer qui affame et martyrise pendant plusieurs jours ses victimes dans l’intention de les tuer.
    En butte à l’hostilité de la police locale et à des problèmes personnels, Trent et Mitchell acceptent l’aide du docteur Sara Linton car le compte à rebours mortel a commencé…
   
   
   
    La critique de Stéphane Bourgoin
   
    Le tueur en série de « Genesis », également connu sous le titre américain de « Undone », s’inspire des cas réels des serial killers David Parker Ray et de Gary Heidnik. Ces deux tueurs kidnappent des jeunes femmes, les gardent vivantes un moment pour les soumettre à de terribles sévices avant de les tuer. Certaines de leurs victimes ont été enfermées sous terre, à l’image des pratiques du meurtrier imaginé par Karin Slaughter. Gary Heidnik a aussi inspiré le personnage de « Buffalo Bill » dans « Le silence des agneaux » de Thomas Harris.
    « Genesis » consiste en un crossover des deux principales séries de Karin Slaughter, celles de Grant County (« Mort aveugle », « Au fil du rasoir », « A froid », « Indélébile », « Sans foi ni loi », « Hors d’atteinte ») avec Sara Linton, et celle mettant en scène le duo d’enquêteurs d’Atlanta, Will Trent et Faith Mitchell du Georgia Bureau of Investigation (« Tryptique », « Irréparable »). Dans son dernier roman de la série Grant County, l’auteur n’hésite pas à faire tuer le chef de police Jeffrey Tolliver, époux de Sara Linton.
   
    Sous les habits coutumiers du thriller de serial killer, lequel est d’ailleurs absent de la majeure partie du roman, K. Slaughter nous propose une lecture au second degré de ses personnages et de ses thèmes habituels qui confèrent une passionnante dimension psychologique à « Genesis » : la violence exercée envers les femmes, la maltraitance, les abus psychologiques à l’encontre des enfants, la solitude, le mal-être, le deuil, la maladie sous la forme de l’anorexie et du diabète.
   
    En 1979, alors que Karin Slaughter, âgée de 8 ans, vit dans « une banlieue de la classe moyenne très protégée et isolée du monde, [son] existence a brusquement basculé. » Vingt-huit enfants noirs sont assassinés en l’espace de deux ans dans les bois des environs (les Atlanta Child Murders qui aboutissent à la condamnation de Wayne Williams pour deux de ces meurtres). « Les parents nous interdisaient de sortir et cela nous terrorisait. J’ai vraiment été très affectée par cet événement. »
   
    Parfois accusée de recourir à un excès de violence dans ses romans (les « accusateurs » étant toujours de sexe masculin), K. Slaughter s’en défend : « Les femmes peuvent parler des crimes sexuels de manière réaliste. Après tout, c’est elles qui en sont les victimes dans la plupart des cas. Les auteurs féminins peuvent aller plus loin que les hommes. Eux ont déjà eu plus d’une centaine d’années pour écrire sur les crimes les plus violents commis à l’encontre des femmes. »
    Des écrivains de romans policiers tels que Mo Hayder, Val McDermid ou Denise Mina décrivent en détail les abus sexuels : « Quand on examine la littérature policière des années 80, les femmes sont là uniquement pour être violées et victimisées. Ce sont des saintes ou des putes. Si elles sont abusées sexuellement, le héros est obligé de la sauver. Lorsque des femmes traitent du même sujet, la victime s’en sort par ses propres moyens – ou non. »
   
    GENESIS, de Karin SLAUGHTER (sortie le 1er février 2012) - Editions Grasset ; 498 pages, 21,50 €
   
    Pour accéder au site de la fondation de K. Slaughter, cliquez sur le lien SOURCE !

Source : Fondation SAVE THE LIBRARIES

    Articles relatifs :
     Pour écouter "L'Heure du crime" avec S. Bourgoin à propos de GENESIS de Karin Slaughter et des serial killers David Parker Ray et Gary Heidnik
     Pour suivre sur Twitter l'actualité des faits divers et celle de Stéphane Bourgoin


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    Mon humble avis
    Commentaire posté par Paco le Mercredi 1er février 2012
    Stéphane, merci infiniment de m'avoir fait découvrir cette oeuvre.
   
    Un roman qui nous refroidit et nous transperce telle une stalactite de glace qui s'enfonce d'un seul coup dans la nuque en nous répandant son eau gelée dans toutes les parties de notre corps.
   
    Je crois que je dépeint pas mal l'effet de cette oeuvre de Karin Slaughter
   
    J'y ai consacré une chronique sur mon blog - http://passion-romans.over-blog.com - qui se veut élogieuse, soit totalement objective!
   
    Cordialement. Paco
   
   


    Re : Sauvez les bibliothèques municipales américaines en lisant
    Commentaire posté par MARATHON le Mercredi 1er février 2012
    Jeudi 2 février sur la radio RTL à 14 heures dans l'émission " L'heure du crime" Jacques Pradel reçoit Stéphane Bourgoin.
   
    Qui sont réellement les meurtriers dont s'inspirent les auteurs de thrillers américains ?
   
   
    Quand la fiction s’empare de la réalité. Jacques Pradel reçoit le spécialiste
    Stéphane Bourgoin pour évoquer les serial-killers David Parker Ray et Gary Heidnik. Tous deux ont inspiré le personnage du livre « Genesis » de la romancière américaine Karin Slaughter. Ces deux tueurs kidnappent des jeunes femmes, les gardent vivantes un moment pour les soumettre à de terribles sévices avant de les tuer. David Parker Ray fut condamné à 224 ans de prison en 2001. Il est mort quelques mois après sa condamnation. Gary Heidnik, qui a aussi inspiré le personnage de « Buffalo Bill » dans Le Silence des Agneaux a, lui, été exécuté par injection létale le 6 juillet 1999.
   

    Re : Sauvez les bibliothèques municipales américaines en lisant
    Commentaire posté par laureverd le Samedi 3 mars 2012
    J'ai vraiment aimé je ne l'ai pas lu je l'ai devoré!!!!!


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