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Bibliographie

Stéphane Bourgoin
L'Etrangleur de Boston (1993) (novembre 1993)
Fleuve Noir
Genre : Criminologie
Collection : "Crime Story" N° 27

(223 p.)
   
   
   
    Extrait du CHAPITRE I : SEXE, MENSONGES ET PERVERSIONS
   
    “J’ai toujours eu un besoin irrésistible de sexe. Faire l’amour cinq ou six fois par jour me suffisait à peine. Il m’en fallait toujours davantage. Cette envie insatiable ne me quittait jamais...
    “A tout moment, j’apprenais des choses que j’aurais mieux fait d’ignorer complètement. Mon père m’emmenait avec lui dans des boutiques de Chelsea ou de Boston et m’entraînait à piquer de la marchandise. J’étais âgé de cinq ans.
    “Mes premières expériences sexuelles datent de cette époque. On trouvait toujours quelqu’un à Chelsea pour vous mettre au parfum sur ces perversions. Il y avait des filles qui venaient vous tripoter les parties ou vous excitaient ; certaines m’ont appris le 69 avant même que j’aie dix ans. Une fois, je me suis même fait prendre par mon frère Joe : j’étais très embarrassé car j’avais une fille dans mon lit avec moi. Joe m’a insulté mais je savais très bien que lui et ses copains faisaient comme moi. Il y avait les “tantes”, les vieux pédés, les “grecs”, ainsi que les femmes d’âge mûr en quête d’enfants, à défaut d’hommes de leur âge qui ne voulaient plus d’elles. Il y avait même ce pédé de flic d’Eastie qui se baladait sous les pontons pour y emmener un gosse ou un autre...
    “J’ai commencé par la fauche dans les magasins, avant de voler des sacs à la tire, puis les vols avec effraction et les cambriolages. Et maintenant, les viols et les meurtres.
    “Cela fait longtemps que je sais que j’avais besoin d’aide. Mais je n’ai rien fait. J’aurais dû mais c’est comme ça. Personne ne m’a poussé dans ce sens. Plus tard, lorsque les choses ont empiré et que j’étais marié avec Irmgard, elle n’a pas compris que j’avais besoin d’aide et non pas d’un enfer. Elle n’a jamais rien pigé, avant qu’il ne soit trop tard. Pourtant, je l’aime et je lui pardonne.
    “A douze ans, on m’a envoyé dans une maison de redressement, la Lyman School, pour un vol de bijoux d’une valeur de vingt-sept dollars. En fait, c’était de la pacotille qui ne valait pas un clou, mais le flic était ravi de se débarrasser de deux petits voyous.
    “A Lyman, on est supposé apprendre de bonnes choses et se faire réhabiliter. Il y a vraiment de quoi rire. En réalité, j’y ai appris toutes les perversions sexuelles possibles et imaginables. Lorsque vous sortez de Lyman, vous savez comment pense un criminel et vous êtes un enfant qui s’y connaît en perversions sexuelles.
    “Mais je ne cherche pas à blâmer Lyman pour ce que je suis. Je suis entièrement responsable. Certains psychiatres affirment que je peux blâmer la société... mais je ne le veux pas. Un homme agit comme il l’entend.
    “Je déteste parler de Lyman. L’endroit évoque de mauvais souvenirs pour moi. J’étais bien plus heureux à Chelsea, dans la Williams School, où les professeurs m’appréciaient. Je m’y plaisais, bien que n’aimant pas trop le travail scolaire qui m’endormait souvent ou me donnait l’impression d’être un prisonnier. Mais ce séjour de dix mois à Lyman fut une terrible expérience.”



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