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Bibliographie

Tobe Hooper
Massacre à la tronçonneuse (1974)
Studio Canal
Genre : DVD


   
    Nécrophile, cannibale et tueur d’au moins quatre femmes, Ed Gein vit obsédé par le souvenir d’une mère ultra-possessive dont il garde la chambre scellée après sa mort. Il rêve de devenir une femme et tente en vain de se faire opérer pour changer de sexe. Entre 1954 et 1957, il déterre de nombreux cadavres de femmes dans les environs de Plainfield, dans le Wisconsin. Dans sa ferme, Gein se fabrique des vestes et masques de peau humaine. Quand il sort faire ses courses, il porte en guise de slip les pubis attachées de ses victimes. Il meurt dans un asile en 1984. Son cas inspire directement le personnage de Buffalo Bill dans “Le Silence des agneaux", ainsi que deux autres films célèbres : “Psychose" et “Massacre à la tronçonneuse", ainsi qu’une multitude de séries Z.
   
    Pour cette édition collector du film culte de Tobe Hooper, le deuxième DVD comprend une interview du réalisateur, deux documentaires, "A Family Portrait Revisited" (1988 ; durée: 70mn) et "L'horreur dans la peau" (2004 ; durée : 52mn) réalisé par Robin Gatto pour Studio Canal.
   
    Documentaire : L’horreur dans la peau :
   
    "Le documentaire se concentre sur la vision du film par de nombreux critiques français dont certains très connus des cinéphiles. On ne les citera pas tous mais avouons notre joie de voir ici réunis – concernant l’ancienne génération - Michel Caen et Jean-Claude Romer, les deux fondateurs en 1960 de l’admirable revue Midi-Minuit Fantastique. Mentionnons aussi Alain Schlockoff, le fondateur du Festival du film fantastique de Paris (synonyme de "Grand Rex" à la belle époque), le réalisateur Norbert Moutier parlant dans son vidéo-club si sympathique. Dans la nouvelle génération, citons notre collègue Christophe Lemaire filmé devant ses mignonnes VHS d’époque dont les remarques historiques et techniques sont comme d’habitude très précises et savoureuses car il aime le genre d’amour depuis longtemps, Damien Granger le rédacteur en chef du célèbre Mad Movie et Jean-Baptiste Thoret, rédacteur en chef de la revue plus intellectuelle Simulacres et auteur d’un livre sur le film et un peu plus que le film d’ailleurs.
   
    On a même été jusqu’à convoquer Jack Lang qui avait ramené l’interdiction totale en 1983 ! Ne manque pas non plus à l’appel le spécialiste des tueurs en série, Stéphane Bourgoin aussi auteur de monographies précises sur Terence Fisher et Roger Corman (qui sait tout sur Ed Gein) Philippe Ross qui aimait le fantastique lorsqu’il en chroniquait les représentants mensuellement à la Revue du cinéma, le réalisateur Alain Robak et quelques autres que nous vous laissons découvrir. De toutes ces interventions entrecoupées d’extraits que retenir ? Le pire et le meilleur comme d’habitude dans ce genre de multi-entretiens fragmentaires : on ne voit par exemple pas très bien ce que la guerre du Viêt-Nam a à voir avec le film de Hooper ou bien alors on décide qu’elle a à voir avec tous les films de cette époque. Comme tout est dans tout, pourquoi pas d’ailleurs ? Mais enfin, à ce compte-là, on pourrait dire que la Guerre d’Algérie explique en partie Les yeux sans visage (Fr. 1960) de Franju.
   
    Pourtant Granger et Thoret insistent chacun un moment laborieusement là-dessus en voulant nous expliquer que le film de Hooper est un film "à message". Passons… Michel Caen fait un parallèle intéressant entre un "cinéma des exclus" ressenti à la découverte du film par lui-même et la vision actuelle des S.D.F. par les média même si, heureusement, tous les S.D.F. ne dont pas de dangereux dégénérés, Dieu merci ! Jean-Claude Romer compare le classicisme "sans surprise" des films de Terence Fisher à l’originalité du film de Hooper : ce n’était pas la peine d’avoir précisément montrer en 1960-1970 en quoi Fisher était original pour lui dénier cette qualité en 2004 ! Une aberration qu’on n’est pas près d’oublier ! Schlockoff signale le silence religieux durant la projection de la version pas tout à fait intégrale à Paris : il a raison car c’est un signe qui ne trompe jamais sur la qualité d’un film mais là encore il n’y a pas de "différence spécifique" particulière comme dirait Aristote : tous les chefs-d’œuvre du fantastique provoquent cette saine réaction. On a juste confirmation que le film d’Hooper en est un mais on le savait déjà. Moutier rappelle la grande misère du cinéphile fantastique dans la France de 1980 qui permit à René Château de gagner beaucoup d’argent grâce au fait que les gens étaient près à payer une VHS du film 500 FF pour le voir puisqu’il avait été interdit en salles. Un certain nombre des intervenants considère que ce film est historiquement le premier d’un nouveau genre mais c’est aller un peu vite en besogne là aussi ! Cela dit, et plus positivement à présent, le spectateur qui s’intéresse à la réception des films étrangers en France tant aux yeux des critiques qu’aux yeux du public, et à l’histoire de cette réception des débuts de l’exploitation à nos jours, trouvera de nombreuses anecdotes ou jugements donnant matière à réflexion. Thoret signale ainsi que le remake de Kin Henkel développe l’image du tueur comme "un travesti" - soit dit en passant on préférerait entendre employer l’article féminin puisque les intéressées ont bel et bien une apparence féminine souvent aussi charmeuse que celle des femmes naturelles d’origine mais passons …- et que tout son film est en somme un développement du plan coupé du remaquillage. Quelques informations précises (mais pas en nombre excessif, hélas) sont également à grappiller qui permettent de compléter le documentaire précédent. On ne vous en dit pas plus sinon vous n’aurez plus besoin de le regarder et c’est au fond d’abord pour ces dernières qu’il mérite vraiment d’être vu."
   
    Critique parue sur le site de Dvdrama.com



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