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Bibliographie

Patty Jenkins
Monster (février 2005)
Metropolitan
Genre : DVD

Le 3 février 2005, sortie en DVD du film MONSTER de Patty Jenkins en version "Prestige" (1 DVD) et "Collector" (2 DVD), cette dernière édition comprenant le documentaire de Nick Bromfield, "Aileen : The Selling of a Serial Killer". Les deux éditions comprennent en bonus un long entretien de 22 minutes entre la réalisatrice Patty Jenkins et Stéphane Bourgoin, spécialement tourné pour l'occasion.
   
    Critique de Romain Le Vern (A VOIR A LIRE.COM)
   
    " Le parcours douloureux d’une tueuse en série dans l’Amérique profonde. Un film illuminé par le duo Charlize Theron et Christina Ricci."
   
    " Aileen Wuornos musarde de ville en ville en se prostituant. Un soir, elle croise le regard de Selby, jeune demoiselle qui se cherche sexuellement. Les deux filles deviennent amantes. Une nuit, Aileen se fait agresser et tue un de ses clients. Ce sera le premier d’une longue liste...
   
    Dans le registre de la noirceur, Monster marque une étape : ça commence mal, ça continue mal et ça finit très mal. Cette histoire de prostituée qui devient tueuse en série est d’autant plus inquiétante qu’elle est véridique (la vraie Aileen a été exécutée en 2002). Surtout, elle renverse les clichés et autres codes du serial killer au cinéma (c’est usuellement un homme qui assassine des femmes et non l’inverse - revoir Henry, portrait of a serial killer, Maniac et Schizophrenia, par exemple).
    De manière inconsciente, le résultat à l’écran fait singulièrement penser à un film comme Boys don’t cry avec lequel Monster entretient d’évidents parallèles (homosexualité féminine traitée du point de vue des rednecks, meurtre, performance d’actrice oscarisée...). Pourtant, le sujet est autre (et l’intérêt, ailleurs) : Monster regarde dans le blanc des yeux d’une tueuse en série au parcours douloureux et plonge dans les arcanes de l’Amérique profonde avec son cortège de personnages rustauds et anesthésiés du cerveau.
    Comme toute première œuvre, Monster n’est pas exempt de sérieuses faiblesses : tension plombée par une seconde partie convenue, complaisance souterraine, fâcheuse tendance au racolage, effets triviaux... Mais, au milieu de ce chaos incertain où le pire côtoie toujours le pire, il y a Charlize Theron qui illumine l’écran. Un peu à la manière d’Eric Bana qui cassait définitivement son image de gentil comique pour camper le rôle physique et ingrat d’un tueur en série en quête de célébrité (Chopper), l’actrice rompt avec ses précédents rôles où elle n’avait qu’une fonction accessoire sur l’intrigue. Ici, elle est au centre des regards et incarne un personnage pas sexy, tourmenté, disgracié et inquiétant. Son interprétation trouble, sa transformation physique impressionne, autant que son aisance déconcertante à rendre humain son personnage de monstre.
    Si cette métamorphose masque certaines carences du scénario, elle n’écrase pas les autres interprètes. La preuve : les meilleurs moments du film ne sont pas dus à Charlize Theron mais à Charlize Theron et Christina Ricci, deux femmes en quête d’elles-mêmes dans un monde abject : l’une, naïve et désespérée, assiste passivement à la dérive de l’autre, folle et désabusée. Jusqu’à ce qu’un retournement de situation change la donne. Et c’est ainsi que Christina Ricci, égale à elle-même (excellente) apporte le degré d’ambiguïté nécessaire à cette histoire traitée parfois avec ostentation mais sans concession."



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