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Bibliographie

Le cinéma X (2002)
Editions La Musardine
Genre : Cinéma


    Sous la direction de Jacques ZIMMER
   
    Co-écrit par Stéphane Bourgoin, Henri Gigoux, Christophe Lemaire, Gérard Lenne, Didier Roth-Béttoni et Philippe Rouyer.
   
    Extrait de la contribution de Stéphane Bourgoin :
   
    “ SNUFF MOVIES “ : MYTHE OU REALITE ?
   
    Le “ snuff movie “ est un sujet à la mode chez de nombreux cinéastes, qu’il s’agisse de John Frankenheimer (paiement cash), Johnny Depp (the brave) ou Paul Schrader (hardcore), sans oublier des films moins ambitieux tels que témoin muet ou 8mm. Mais ces films où l’on tue pour de vrai existent-ils ? Oui et non. En fait, tout dépend de la définition que l’on accole au terme de “ snuff movie “. Si l’on prend en compte la notion de commercialisation clandestine de telles bandes, je réponds non. Pourquoi ? J’ai posé la question à Kenneth Lanning, Agent spécial du FBI, maintenant à la retraite et qui, pendant plus de vingt ans, a été chargé de la saisie de millions de films en 8mm, Super 8, 16 ou 35mm et de vidéocassettes pour le compte du gouvernement des Etats-Unis. Il n’a jamais vu de “ snuff movie “ authentique qui ait fait l’objet d’une quelconque vente, même clandestine. Par contre, si par “ snuff movie “, on entend des films vidéos tournés par des tueurs, il est indéniable qu’ils existent. Je connais au moins trois cas de serial killers qui ont tourné les meurtres de certaines de leurs victimes, mais ces cassettes étaient destinées à des fins personnelles.
    Que pouvons-nous dire de ces serial killers ? La plupart du temps, le serial killer est un psychopathe sadique sexuel. En d’autres termes, c’est quelqu’un de très organisé qui prépare avec soin ses crimes et dont les victimes inconnues sont choisies suivant un type spécifique. Il se rend parfaitement compte de la portée de ses actes et il n’éprouve pas le moindre remords. Aux yeux du tueur, la victime n’est rien ou, tout au plus, un objet destiné à satisfaire ses fantasmes. Tuer, torturer ou mutiler lui cause autant de remords que jeter un mouchoir en papier usagé pour tout un chacun. Dans sa tête, il a déjà fantasmé et planifié son crime des centaines de fois avant de passer à l’acte. Il emmène avec lui un “ kit du crime ” qu’il a préparé à l’avance qu’il prend soin de remporter avec lui. Comme la plupart des sadiques sexuels, c’est un homme socialement compétent, du moins en apparence, car il est capable de projeter un masque de normalité. Ses victimes le font “ flasher ” et il les a intégrées dans ses fantasmes.
    Quel est son scénario ? Il agit d’abord sous l’emprise d’une effroyable colère vis-à-vis des victimes et cette colère s’est sexualisée. Ce qui compte pour lui, ce n’est pas tant l’acte de tuer, mais la dégradation, l’humiliation, la terreur et le contrôle qu’il exerce sur la victime. Au fur et à mesure de la progression des crimes, son mode opératoire peut évoluer, ainsi que la “ signature psychologique ” de ses actes. Il va garder des choses qui lui font plaisir et, quelquefois, y ajouter des variantes. Les actes d’un serial killer, s’ils sont répétitifs, sont aussi évolutifs. Il emporte avec lui des objets fétiches qu’il considère comme des totems et qui lui permettront de revivre ses crimes, une fois rentré chez lui. Ces objets dérobés aux victimes qu’ils s’agissent de sacs, bijoux, montres, etc. - deviennent pour lui des “ objets sacrés ” qui lui servent à se satisfaire sexuellement quand il ne commet pas de crimes. Souvent, ils prennent des photos (généralement des Polaroïds) et, beaucoup plus rarement, enregistrent leurs forfaits.
    L’affaire la plus célèbre de “ snuff movies “ de tueurs est ce couple de serial killers Leonard Lake-Charles Ng : leurs deux cassettes ont été diffusées à huis clos lors du procès de Ng en 1999. Né en 1946, Leonard Lake s’engage dans le corps des Marine dont il est renvoyé pour des problèmes psychiatriques en 1971. Fan de bondage et de vidéo, il fantasme à l’idée de créer un harem d’esclaves sexuels. Survivaliste convaincu, il est passionné d’armes à feu et passe une annonce dans un magazine spécialisé pour trouver des correspondants. Charles Ng, qui est né en 1961, lui répond. Lui aussi est un amateur d’armes à feu et un ex-Marine qui a déserté.
    En 1983, les deux hommes construisent un bunker fortifié dans le comté de Cavaleras, en Californie, pour y stocker des armes et du matériel vidéo volés. Leur but ? L’ Opération Miranda, ainsi que l’a surnommée Leonard Lake : collectionner des esclaves sexuels qui lui serviront à assouvir ses désirs après l’holocauste nucléaire. Vers le milieu de 1983, ils démarrent leur “ collection “. Les hommes et les enfants kidnappés sont abattus, les femmes deviennent les “ vedettes “ de home movies où elles sont filmées en train d’être violées, torturées et assassinées. Dans une des bandes, Lake et Ng annoncent à la victime qu’ils ont tué son compagnon et son enfant et qu’elle se trouve entièrement à leur merci. Elle doit accepter de devenir leur esclave, s’occuper des tâches ménagères et satisfaire leurs moindres désirs sexuels. En cas de refus, elle sera assassinée sur le champ. La jeune femme répond qu’elle se plie à leurs exigences. Leonard Lake lui demande alors de se déshabiller et de prendre une douche avec son complice. Fin de la vidéo.
    Le 2 juin 1985, Leonard Lake est arrêté après un vol à l’étalage et il se suicide dans les locaux de la police de San Francisco. L’enquête mène les policiers jusqu’au ranch des deux hommes où des fouilles permettent de découvrir des vidéos, des photos, de nombreux volumes du journal intime de Lake, ainsi que les restes de douze victimes. Mais on estime les disparitions suspectes à plus d’une dizaine d’autres personnes. Pendant ce temps, Ng s’est enfui au Canada où il est arrêté, le 6 juillet 1985, pour vol. Les procédures d’extradition entre le Canada et les Etats-Unis durent quatorze ans et Ng est finalement jugé en Californie en 1999, où il est reconnu coupable d’assassinat avec préméditation de onze personnes.
    Le deuxième fait divers a lieu au Canada où Karla Homolka et Paul Bernardo incarnent l’image du couple idéal, mais derrière cette façade, ils donnent libre cours à leurs perversions les plus extrêmes. Karla vole de la drogue pour endormir sa jeune soeur, tandis que son mari la viole et la sodomise, la scène étant filmée par Karla. Quelques mois plus tard, les époux kidnappent Leslie Mahaffy, âgée de quatorze ans, puis une écolière, Kristen French ; puis, c’est au tour de Tammy Lyn de subir les coups et les viols répétés de Bernardo. Les trois adolescentes sont ensuite étranglées dans une baignoire, après que Bernardo les oblige à des fellations, des sodomies ou des actes d’urologie, tout ceci étant enregistré sur cassettes. Lors du procès, la justice canadienne passe un accord très controversé avec Karla Homolka afin qu’elle témoigne contre son mari pour le faire condamner à la prison à perpétuité, le 1er septembre 1995.
    Plus proche de nous, le pédophile suisse René Osterwalder et sa compagne filment les assassinats de bébés qu’ils ont kidnappés dans leur chalet, dont une des pièces est transformée en salle des tortures.



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