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Bibliographie

Stéphane Bourgoin
Le Monstre de Rochester (juin 1999)
Editions Méréal
Genre : Criminologie
Collection : "Serial killers" N° 5

(160 p.) - Cahier photos
   
   
   
    Juste avant son procès, Arthur Shawcross est questionné par un psychiatre et il donne sa version de la mort d’Elizabeth Gibson :
   
    “ Je m’arrête chez Mark’s sur Lake Avenue, je me gare sur leur parking. Je commande un steak ou du poulet, je ne me souviens plus. Et il faisait très froid dehors. Quand je quitte le resto, je vois cette fille, Elizabeth Gibson, et elle était assise dans ma voiture.
    - Qu’est-ce que tu fiches dans ma bagnole ?
    - Il fait froid dehors, me dit-elle.
    “ Je m’installe à l’intérieur, je mets le contact et le chauffage. Je le mets à fond. On est là assis à discuter le bout de gras pendant vingt bonnes minutes, quand je lui dis :
    - Eh bien, t’as assez chaud, maintenant ?
    “ Vous savez, c’est parce que je voulais rentrer chez moi.
    - Tu veux un rendez-vous ? me demande-t-elle.
    - Il me reste juste dix dollars parce que je viens de dépenser le reste au restaurant.
    - Ca peut aller, dit-elle.
    “ Puis nous avons commencé à faire l’amour et, je sais pas, mais elle a paniqué. Elle m’a attrapé la figure, vous savez, elle m’a enfoncé ses ongles dans les yeux et son pied gauche a pété le levier de changement de vitesse... la gaine de protection, le plastique, quoi. Moi, de mon côté, je la pousse, j’essaye de la repousser en arrière.
    - Qu’est-ce que t’as ?
    “ Je pousse avec mon bras, vous savez. Sa tête est près du bord du siège, et j’ai été de nouveau pris de panique.
    “ Quand elle a arrêté de se débattre, vous savez, je me suis installé au volant et je suis resté assis un long moment à regarder le plancher, je vois le levier de vitesse, j’en suis à me demander comment faire : je ne peux même plus mettre la marche arrière, vous savez ? Je ne savais plus quoi faire.
    “ Il y avait des chiffons qui traînaient dans la bagnole et j’ai essuyé les vitres. J’étais habillé, c’était juste ma braguette qui était défaite, je l’ai réinstallée sur le siège avant de le redresser en position normale. Elle est affalée contre la portière. Moi, j’ouvre la mienne et je tords le levier de vitesse à la force de mes bras. Bon, c’était pas parfait, mais il a retrouvé une position à peu près normale. Par contre, pour la gaine de protection, il y avait rien à faire...
    “ J’ai jeté le plastique, la marche arrière fonctionnait et je suis revenu à St. Paul en passant devant le zoo, je me suis perdu en route avant de me retrouver quelque part dans le comté de Wayne.
    “ Il y avait un petit chemin qui serpentait le long d’un champ et je m’y engage. Sur une distance d’environ vingt-trente mètres. Je stoppe et je reste un moment debout près de la voiture, vous savez ?
    “ Il y avait de la neige et ça caillait. Je ne sentais rien. Suis allé de son côté. J’ouvre la portière et je la déshabille, je la prends entre mes bras et je la porte sur une centaine de mètres à peu près, avant de la déposer par terre...
    - Vous l’avez étranglée avec vos deux mains ?
    - Non. Je l’ai pas étranglée. J’étais allongé sur elle et je la repoussais de mon bras.
    - Je vois.
    - Ouais, mais elle m’a salement griffé le visage et j’ai paniqué. Je la repoussais avec mon bras sous le menton.
    - Jusqu’à ce qu’elle arrête de vous griffer ?
    - Ouais... Ensuite, j’ai essayé de lui faire du bouche à bouche, vous savez, mais l’air faisait qu’entrer et ressortir... il n’y avait rien à faire.
    - C’était la seule fois que vous avez fait ça ?
    - Ouais.
    - Quelqu’un a remarqué vos égratignures ?
    - Quand je suis allé chez Dunkin’ Donuts, tous les gens qui y bossaient cette nuit-là ont vu les marques sur mon visage. Une fille, vous savez, une fille que je connaissais bien m’a dit : “ T’as eu une dispute avec ta copine, ou quoi ?” Je lui ai répondu : “ Non, ce n’est pas ça. Je chassais un cerf.”



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