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Actualité criminologie

    Délinquance : les élèves à risques fichés dès 3 ans en Seine-et-Marne
    France > délinquance
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Vendredi 22 octobre 2004

    " Comment lutter contre la progression alarmante de la délinquance juvénile à Savigny-le-Temple ? Pour tenter de répondre à cette question, la municipalité a annoncé, avant-hier soir, une série de mesures. Dans le cadre de ce plan, le lancement d'une charte de veille éducative. Le principe est simple : traiter le plus tôt possible les délinquants en devenir.Une méthode qui a, semble-t-il, fait ses preuves à Combs-la-Ville. Par arrêté municipal, une cellule de veille éducative, coordonnée par le service tranquillité publique de la ville, a été récemment mise en place. En théorie, cette dernière est chargée de repérer les enfants en difficulté dès 3 ans et jusqu'à 22 ans. Dans les faits, c'est la tranche d'âge 6-16 ans qui est visée. Le plus souvent, c'est l'établissement scolaire concerné qui alerte la cellule. Comment ? Par le biais d'une fiche de liaison. Celle-ci comporte le nom de l'école et les coordonnées du jeune dit à risques. Cette fiche est ensuite transmise aux partenaires : Education nationale, services sociaux, mairie, police et justice...
   
    Après la transmission de la fiche, les parents sont invités à signer un contrat d'engagement
   
    Selon quels critères ? « Un élève souvent absent peut conduire le directeur de l'établissement scolaire à contacter cette cellule de veille. Mais tous les partenaires ont cette possibilité. Une mairie qui organise un centre aéré peut le faire également. En général, nous commençons par les enfants des cours moyens et cela va jusqu'à la troisième. Après, il est plus difficile d'agir », précise Daniel Huquet, inspecteur de l'Education nationale, délégué par l'Etat pour mettre en place la veille éducative sur Sénart. Un code de déontologie a été élaboré : ni la police ni la justice ne pourront utiliser la fiche dans le cadre d'une enquête. Après la transmission de la fiche, les parents sont invités à signer un contrat d'engagement. « Par exemple, nous leur demandons de s'engager à ce que leur enfant ne soit pas dehors après 20 h 30. Les parents ne vivent pas la cellule comme un tribunal, mais une aide », constate Daniel Huquet. A Savigny-le-Temple, l'idée de cette veille éducative a germé après l'affaire Cambron, ce père de famille battu à mort pour avoir voulu récupérer son vélo, en avril. « Bien qu'inconnus des services de police, les auteurs, tous des mineurs, avaient déjà été repérés dans les écoles. Quand le drame est arrivé, il y a eu un choc. Des gens se sont reprochés de ne pas avoir donné l'alerte plus tôt », se souvient un agent municipal.
   
    Une quarantaine de cas signalés à Combs
   
    A Sénart, Combs-la-Ville a été la première commune à signer une charte de veille éducative. Depuis le 1 e r janvier, elle tourne à plein régime. Bilan d'Olivier Hassid, directeur de la prévention et de la sécurité à la municipalité. « En neuf mois, une quarantaine de cas ont été signalés à la cellule. Il s'agit principalement de jeunes collégiens qui se sont fait repérer pour cause d'absentéisme ou de décrochage scolaire. Les collèges jouent le jeu à Combs. Et sur les huit écoles, quatre travaillent avec nous. » Les élèves sont repérés dès trois ans ? « Non, mais il arrive que nous demandions à un policier municipal de sermonner un enfant de cinq ans. Ce dernier comprend la sanction. Plus on agit tôt, mieux c'est. Et les parents sont ravis car d'une certaine façon nous les "coachons". » « A Combs, estime l'inspecteur de l'Education nationale, on a pu juguler l'absentéisme scolaire et réduire les petites incivilités. »
   
    « Il faut agir à partir de 10-11 ans »
   
    Psychologue de formation, Michèle Agrapart s'est spécialisée dans la criminologie. Elle est devenue expert judiciaire auprès de la cour d'appel de Paris. Selon elle, la mise en place d'une cellule de veille pour repérer les délinquants en devenir est une « bonne idée » dans la mesure où « la référence à l'interdit est toujours positive ». « Mais s'y prendre trop tôt, précise-t-elle, est inutile. » « L'agressivité est normale et naturelle jusqu'à environ 5 ans. Au-delà de cet âge, elle devient anormale et pathologique. A partir de 10- 11 ans, quand l'enfant entre en sixième et qu'il commence à faire un peu n'importe quoi, c'est à ce moment-là qu'il faut agir. A 14-15 ans, on ne peut plus rien faire », constate Michèle Agrapart. L'idée de signer un contrat d'engagement avec les parents ? « Pourquoi pas ? Mais ne soyons pas dupes. Les parents qui répondront à la demande de la cellule de veille ne seront pas ceux qui rencontreront le plus de problèmes avec leur enfant. » "
   
    Un article de Denis Courtine.

Source : LE PARISIEN (22 octobre 2004)

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