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Actualité criminologie

    Les mineurs délinquants sont de plus en plus jeunes en France
    France > délinquance, statistique
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 12 octobre 2004

    " Environ 40% des adolescents traduits en justice ont de 13 à 15 ans. Tel est le chiffre choc révélé hier par le bulletin d'information statistique de la Chancellerie qui dresse le bilan des tribunaux pour enfants en 2003. Seuls 55% des 79 000 mineurs comparus l'an dernier devant ces juridictions avaient 15 ans révolus. Quelque 5% d'entre eux étaient même âgés de moins de 13 ans.
   
    Des chiffres d'autant plus préoccupants que ces jeunes gens, récidivistes ou soupçonnés d'actes de violence, forment le «noyau dur» de la délinquance des mineurs. Dans plus de neuf cas sur dix, les «sauvageons» fustigés jadis par Jean-Pierre Chevènement sont des garçons.
   
    De l'avis général, un des principaux problèmes de la justice des mineurs est sa lenteur. «La justice des mineurs n'est pas particulièrement laxiste, mais elle est erratique», constatait le Sénat dans un rapport d'enquête en 2002. Il est courant qu'un an s'écoule entre l'infraction et l'examen des faits par un tribunal, ce qui peut créer un sentiment d'impunité.
   
    Pour remédier à cette situation, la loi «Perben I», adoptée en septembre 2002, s'efforce de développer les procédures permettant un jugement dans les trois mois. Selon le bulletin d'information statistique de la Chancellerie, celles-ci concernent aujourd'hui 58% des mineurs poursuivis.
   
    Les jeunes délinquants bénéficient d'un droit pénal plus clément, qui privilégie les mesures éducatives. En vertu de l'ordonnance du 2 février 1945 – maintes fois modifiée mais toujours en vigueur – la justice des mineurs doit «protéger, assister, surveiller et éduquer l'enfance coupable». Les juges des enfants peuvent admonester l'intéressé ou le «remettre» à ses parents (31 000 mesures l'an dernier), confier à un éducateur le «suivi» du mineur (1 000 décisions en 2003) ou ordonner son placement dans un centre de la protection judiciaire de la jeunesse (600 mesures l'an dernier, y compris dans les centres éducatifs fermés).
   
    Pour autant, les tribunaux pour enfants peuvent aussi prononcer des peines de prison avec sursis – 15 000 l'an dernier –, des amendes ou des travaux d'intérêt général. En définitive, on ne compte pas plus d'adolescents incarcérés qu'il y a deux ans. Environ 700 mineurs sont actuellement détenus dans les maisons d'arrêt.
   
    La «mobilisation générale» décrétée par le gouvernement contre la délinquance a en revanche des répercussions sur les relations entre magistrats, invités à la sévérité, et éducateurs, «libéraux» pour les uns, laxistes pour les autres. Dans un livre blanc rendu public en janvier dernier, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire et apolitique) affirme ainsi que «les éducateurs ignorent totalement le sens et la portée des mesures ordonnées par le juge des enfants... Alors qu'ils sont chargés de les appliquer»."
   
    Un article de Guillaume Perrault.

Source : LE FIGARO (12 octobre 2004)

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