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Actualité criminologie

    Yoo, le tueur en série coréen, avoue avoir dévoré 4 de ses 26 victimes
    Asie > serial killer, cannibalisme
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Dimanche 15 août 2004

   
   
    Le tueur en série coréen Yoo Young-chul (à gauche, masqué & menotté sur la photo où la police déterre les restes d'une de ses victimes), 33 ans, qui a avoué le meurtre de 26 hommes et femmes a indiqué qu’il avait eu l’intention de tuer plus de 100 personnes, s’il ne s’était pas fait prendre.
   
    “Yoo a reconnu avoir mangé de la chair humaine à quatre reprises,” déclare Lee Dong-ho, le procureur du District central de Séoul en charge de l’enquête. “Nous essayons de savoir s’il dit la vérité. Yoo n’a pas fait preuve du moindre remords lors des interrogatoires. Selon ses dires, il aurait mangé des organes internes pour se “rafraîchir les idées et de se clarifier l’esprit”.”
   
    Il aurait trouvé l’inspiration de ses crimes pendant son séjour en prison en lisant un article d’un magazine sur le serial killer Jeong Du-yeong à Busan. Jeong Du-yeong a assassiné des gens riches dans les régions de Busan, Ulsan et dans le sud de la province de Gyeongsang de juin 1999 à avril 2000.
   
    Cette affaire arrive au moment où la Corée envisage de débattre au Parlement pour mettre un terme aux exécutions capitales. Suite à l’arrestation de Yoo, un sondage publié dans le journal “Chosun Iibo” démontre que 66% des Coréens est favorable au maintien de la peine de mort.
   
    La police a également pris conscience de son retard en matière d’enquêtes sur les criminels sexuels. Le 1er juillet, elle a créé le Vi-CAT, ou Violent Crime Analysis Team, qui s’inspire du VICAP américain du FBI. Cette unité de policiers d’élite est composée d’experts en psychologie criminelle qui va être chargée de démarrer un système de profilage criminel.
   
    Plusieurs responsables ont aussi réclamé la création d’un fichier centralisé des empreintes génétiques malgré la farouche opposition de défenseurs des droits civiques.
   
    LE RAPPEL DES FAITS
   
    Dimanche 18 juillet 2004, la police de Séoul annonce la capture d’un serial killer responsable de 26 meurtres - 21 d'entre eux ont été admis par les policiers - depuis septembre 2003.
   
    Yoo Young-chul a reconnu les assassinats et indiqué l’endroit où les corps découpés en morceaux ont été enterrés, dans une région montagneuse près de l’Université de Yonsei, à Séoul. Sur les indications du tueur, la police a pu déterrer les restes de 11 victimes jusqu’à présent.
   
    Yoo, 33 ans, a agi de manière préméditée par haine vis-à-vis des femmes et des gens riches. Epileptique depuis l’enfance, Yoo a été arrêté le 15 juillet pour avoir violemment frappé une prostituée, mais il est parvenu à s’enfuir pendant son interrogatoire. Capturé à nouveau 24 heures plus tard à l’arrêt Yongdungpo du métro, il a avoué les meurtres. Au moment de son arrestation, Yoo détenait une fausse carte de police et des menottes, des objets qui lui ont servi pour la commission de ses crimes.
   
    Les assassinats débutent le 29 septembre 2003 par un double crime, celui d’un riche couple dans le quartier de Sinsa-dong, au sud de Séoul. Le 9 octobre, c’est au tour de 3 membres d’une même famille de périr à Chongno-gu, Séoul.
   
    En novembre, Yoo tue un homme de 71 ans à Kangnam-gu, avant d’aller dans le quartier de Hyewa-dong où il assassine une riche propriétaire de 87 ans, ainsi que son employée de maison. Il met le feu à la demeure pour effacer les indices.
   
    La plupart des crimes est commis à l’heure du déjeuner ou dans l’après-midi explique Yoo “car les personnes âgées ne travaillent pas et les jeunes sont au travail.”
   
    Divorcé en mai 2002 pendant un séjour en prison, Yoo jure alors de se venger des femmes et des gens riches. Souffrant de troubles psychiatriques, il est persuadé de mourir jeune à cause des décès par épilepsie de son père et d’un frère aîné de 32 ans. Issu d’une famille pauvre, Yoo perd son père à l’âge de 14 ans et il est brièvement hospitalé dans un établissement psychiatrique vers le milieu des années 90.
   
    Yoo envisage aussi de tuer son ex-femme, qu’il a épousé en 1991 à l’âge de 21 ans et qui est masseuse dans un centre de relaxation pour hommes, mais il renonce à son projet par considération pour son fils de 11 ans. Après s’être attaqué à des gens riches, il choisit pour proies des prostituées qu’il commence à tuer en mars 2004.
   
    Il fait de la prison pour la première fois à l’âge de 18 ans. Depuis, il est resté 11 ans derrière les barreaux pour des agressions, des cambriolages, des escroqueries et bien d’autres délits. La police a pu l’identifier grâce à des empreintes de pied sur une des scènes de crime, ainsi que plusieurs vidéos enregistrées par des caméras en circuit fermé. A sa libération de la prison de Chonju en juin 2003, Yoo demande en mariage une hôtesse de bar en novembre de la même année, mais la jeune femme repousse son offre à cause de son casier judiciaire, ce qui le rend furieux.
   
    Pour commettre ses assassinats, Yoo s’est servi d’une scie, de couteaux, de marteaux, de haches et de ciseaux.
   
    Diagnostiqué comme légèrement épileptique et souffrant de schizophrénie, Yoo a malgré tout fait preuve d’une grande maîtrise lors de ses crimes. Avant de s’attaquer à de riches personnes âgées, il prend soin d’observer longuement les lieux et les habitudes des propriétaires, au point de noter les différentes portes de sortie au cas où il aurait eu un problème. Pour se faire admettre à l’intérieur des demeures, Yoo présente une fausse carte de police qu’il a lui-même fabriquée. Il a toujours fait en sorte de ne pas laisser d’indices. C’est pour cette raison, explique-t-il, qu’il ne vole aucun objet de valeur, pas plus qu’il ne viole les victimes.
   
    Comme il est sans emploi, Yoo patrouille les quartiers chauds de Séoul pour racketter les prostituées et leurs maquereaux.
   
    Le jour même de l’arrestation de Yoo, deux fan clubs du tueur en série ont fait leur apparition sur les portails d’accès Daum et Naver, l’un des clubs se vantant de compter déjà 240 membres : il proposait à ses membres de faire preuve d’imagination pour trouver un surnom adéquat au serial killer de Séoul. Depuis, l’accès à ces deux fan clubs a été bloqué, suite à de nombreuses protestations.
   
    LES SERIAL KILLERS COREENS
   
    Avec Yoo, la Corée du Sud n’en est pas à son premier cas de tueur en série. En 1975, un homme du nom de Kim Dae-doo a tué 17 personnes, avant d’être exécuté l’année suivante. Entre septembre 1986 et avril 1991, 10 femmes ont été violées et assassinées à Hwaseong, dans la province de Gyeonggi, un cas jamais élucidé jusqu’à ce jour et qui est magnifiquement illustré au cinéma dans le film “Memories of Murder”. En 1994, deux gangs différents ont kidnappé et assassiné 11 personnes, sans le moindre mobile apparent. Plus récemment, Jeong Doo-yeong a tué 9 personnes aisées dans la province du sud Gyeongsang. Enfin, Séoul connaît depuis le début de l’année une série de meurtres à l’arme blanche à l’encontre de femmes lors de jeudis pluvieux dont le responsable a été surnommé le “Rainy Thursday Murderer”.
   
    DANS L’ANTRE DU TUEUR
   
    Yoo Young-chul vivait dans une unique pièce située au deuxième étage d’un immeuble de Nogosan-dong, dans le district de Mapo-gu, à Séoul. Tout est d’une grande propreté, les vêtements sont rangés avec soin et on remarque une plante en pot ainsi qu’un aquarium.
   
    Parmi un grand nombre de VHS, 3 DVD trônent proches de son PC, “Public Enemy”, “Very Bad Things” (1998) de Peter Berg et “Normal Life”, un film réalisé par John McNaughton, l’auteur du sulfureux “Henry: Portrait of a Serial Killer”. “Public Enemy” est un film de Hong-Kong où un policier traque un serial killer. On y voit le tueur rentrer chez lui pour y massacrer ses parents. Plusieurs séquences montrent le serial killer fictif cibler des personnes riches et âgées. A l’image des proies de Yoo.
    Dans la comédie noire “Very Bad Things”, le corps d’une prostituée est démembrée à la tronçonneuse. Dans la réalité, Yoo a découpé à la scie les cadavres des “travailleuses du sexe” qu’il fait venir chez lui.
    Sur le lit de Yoo, un énorme album noir contient d’innombrables coupures de presse sur l’ameublement, les ordinateurs et les voitures de luxe, le tout étant commenté de la main de son propriétaire. Dans cet album, Yoo semble obsédé à l’idée d’emmener son fils de 11 ans pour des vacances à l’île de Jeju - le prix est inscrit dans la marge. Un peu plus loin, des pages dessinées par Yoo prouvent son talent, même si les sujets dessinés sont ceux de chanteuses et d’actrices ou de simples femmes, entièrement dévêtues.

Source : KOREA TIMES & CHOSUN IIBO (14 août 2004)

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