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Actualité criminologie

    Le football italien pourri par la Camorra
    Europe du Sud > délinquance
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 17 mai 2004

    " Déjà secoué par la crise financière des clubs, le championnat d'Italie s'est achevé hier avec le sacre du Milan AC, mais dans l'ombre de la Camorra napolitaine. Depuis mardi, douze sociétés, dont quatre clubs de première division (Chievo Vérone, Sienne, Lecce et Reggina), sont dans le collimateur de la justice dans le cadre d'une enquête sur des matchs présumés truqués qui rappelle le scandale du Totonero de 1980. A l'époque, le Milan AC et la Lazio de Rome avaient été rétrogradés en deuxième division, et Paolo Rossi suspendu pour deux ans.
   
    Sur écoutes. Cette fois, le parquet de Naples soupçonne l'organisation criminelle d'avoir «arrangé» plusieurs rencontres (au moins huit) au cours de la saison. Treize personnes sont impliquées, dont cinq joueurs parmi lesquels deux titulaires de l'équipe de Sienne, Roberto D'Aversa et Nicola Ventola. Mais c'est leur ancien coéquipier, le gardien de but Generoso Rossi, qui serait au centre du scandale. Pour les magistrats, cet exubérant Napolitain, écarté de l'équipe en février, aurait communiqué le résultat de certains matchs à Antonio Di Dio, un employé de banque de sa ville natale, lequel aurait ensuite transmis l'information à Giacomo Cavalcanti. Considéré par la police comme l'un des parrains de la zone de Bagnoli, celui-ci aurait investi de fortes sommes sur les paris concernant les matchs en question.
   
    Conversant avec le neveu d'Antonio Di Dio placé sur écoutes par la police, Generoso Rossi aurait à plusieurs reprises évoqué ses pronostics avec des résultats déconcertants. Le 16 avril, il indique notamment : «Chievo match nul, Ascoli match nul, Crotone 1, Catanazaro 2 et peut-être Lumezzane match nul.» Pari gagné deux jours plus tard. Pour les magistrats, il s'agit d'une confirmation de leurs soupçons. «Des indices concrets concernant l'existence d'une organisation articulée visant à conditionner les résultats et donc les classements des championnats de première, deuxième et troisième divisions ont été acquis», affirment-ils, ajoutant que ces éléments sont corroborés par le recours à de multiples sociétés de bookmakers italiens et étrangers.
   
    Au cours d'un autre enregistrement, Generoso Rossi, à la veille d'un match Sienne-Chievo, le 21 mars, aurait laissé entendre à un autre interlocuteur qu'il ne pouvait garantir le match nul, en raison de l'opposition de l'entraîneur du Chievo, Luigi Del Neri.
   
    Retombées politiques. Dès mardi, les douze clubs concernés ont été perquisitionnés. En attendant les résultats de l'enquête, Roberto D'Aversa et Nicola Ventola ont été suspendus par les dirigeants de Sienne qui, comme les autres clubs impliqués, se déclarent victimes de l'affaire. Du côté de la Fédération italienne, où l'on instruit sa propre enquête, on s'emploie à afficher sa satisfaction. «Depuis longtemps, nous souhaitions des contrôles plus sévères», a indiqué son président Franco Carraro. L'affaire agite en revanche le gouvernement, qui craint qu'un scandale dans le monde du Calcio n'ait un effet désastreux auprès de l'opinion publique. Quelques heures après les révélations de l'affaire, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, patron du Milan AC, a convoqué Mario Pescante, sous-secrétaire d'Etat aux Sports. Le comité olympique italien, le Coni, s'est quant à lui porté partie civile. Les joueurs mis en cause continuent de clamer leur innocence. «Le monde du football doit collaborer», ont répliqué les procureurs napolitains."
   
    Un article d'Eric Jozsef.

Source : LIBERATION (17 mai 2004)

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