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Actualité criminologie

    La maltraitance laisse des traces visibles dans le cerveau
    Monde > maltraitance, psychiatrie, drogue
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Dimanche 5 août 2012

    " Les enfants ayant souffert d'abus ou de violences présentent des altérations au niveau de la matière blanche ou de l'hippocampe.
   
    Les psychiatres savent depuis des années que les enfants qui ont été maltraités ou peu entourés ont un risque plus élevé de souffrir à l'âge adulte de troubles mentaux - angoisse, dépression, addiction, suicide. Si le lien de cause à effet n'est pas surprenant, on peut se poser la question de sa modalité. Est-ce que ces abus peuvent causer des changements biologiques au niveau du cerveau engendrant ces problèmes? Plusieurs études récentes semblent aller dans ce sens.
   
    La plus récente est parue mercredi dans la revue Neuropsychopharmacology du groupe Nature. Elle montre que la maltraitance laisse des traces dans la substance blanche du cerveau, composée des réseaux de fils des neurones qui permettent la communication entre les différentes zones du cerveau. Utilisant une technique sophistiquée d'IRM appelée DTI, les auteurs américains de l'étude ont constaté chez des adolescents exposés aux mauvais traitements dans leur enfance des perturbations microscopiques à ce niveau. Ils ont pour cela comparé un groupe de 19 adolescents ne présentant aucun trouble psychiatrique mais ayant souffert de maltraitance durant leur enfance - violences physiques, abus sexuels ou climat de violences familiales pendant au moins six mois -avec un groupe témoin de 13 adolescents sans antécédents de violences ni trouble psychiatrique.
   
    Or, au terme d'un suivi de cinq ans, cinq des 19 adolescents victimes d'abus avaient développé une dépression contre un seul dans le groupe témoin, et quatre étaient devenus des consommateurs de drogue contre un seul dans l'autre groupe.
   
    Détection précoce
   
    Précédemment, une étude conduite sur 193 personnes et publiée en février dans la revue PNAS avait montré que les enfants maltraités présentaient un hippocampe - la partie du cerveau impliquée dans la régulation de l'humeur, la mémoire et l'apprentissage - plus petit que la moyenne. Or l'hippocampe a tendance à rétrécir quand il est exposé aux hormones du stress. Une autre zone du cerveau, le subiculum, était aussi de taille anormalement réduite, une caractéristique associée à la consommation de drogues et à la schizophrénie.
   
    Une autre étude conduite auprès d'orphelins roumains ayant passé les premières années de leur vie dans des conditions très dures, recevant peu d'attention et d'affection, révélait en juillet dans PNAS une réduction de la matière grise du cerveau, où siègent les noyaux des neurones, ainsi que de la matière blanche.
   
    L'idée de tous ces travaux est à terme de repérer les sujets les plus susceptibles de développer des perturbations psychologiques, avant même qu'apparaissent les premiers signes dans leur comportement. De plus amples connaissances pourraient aussi permettre d'améliorer les traitements qui leur sont proposés. Mais les chercheurs appellent encore à d'autres études pour confirmer leurs résultats et découvrir le mécanisme exact qui induit la perturbation."
   
    Un article de Pauline Fréour.

Source : LE FIGARO.FR (4 août 2012)

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