"; ";
  Accueil     Librairie     Polars     Thrillers     Criminologie     S. Bourgoin     Infos     Liens  

_

Identification :      [inscription]

Actualité criminologie

    L'appel de la sœur d'un meurtrier schizophrène
    France > meurtre, folie, psychiatrie
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 19 juin 2012

    " Son frère, schizophrène depuis l'âge de 22 ans, a commis l'irréparable en mars à Carmaux, en tuant un homme. Depuis, Bernadette Hernandez a écrit aux députés et lancé une pétition sur internet pour réclamer une loi sur l'obligation de soins.
   
    C'est un cri d'alarme, qui s'est heurté jusqu'ici à un mur de silence et d'indifférence : « Le 10 mars 2012 à Carmaux, mon frère atteint de schizophrénie a tué un copain. Plus jamais cela ! », s'exclame Bernadette Hernandez. Cette Marssacoise, âgée de 50 ans, vit une terrible épreuve : son frère Dorian B., 31 ans, auteur présumé d'un meurtre, est interné depuis 3 mois à l'hôpital Marchant de Toulouse. « Je ne sais pas s'il sera déclaré responsable pénalement ou pas. Sept experts se sont déjà penchés sur son cas, et là on attend le rapport du 8e expert », confie sa sœur.
   
    MALADE DEPUIS 2004
   
    Depuis cette nuit tragique du 10 mars, où il avait poignardé un copain de boisson dans l'appartement qu'il occupait rue de la Régie à Carmaux, elle n'a pas revu son frère. « On communique par écrit, c'est mieux. » De toute façon, elle ne reconnaîtrait pas le Dorian d'autrefois, celui d'avant 2004, année où les premiers symptômes de schizophrénie sont apparus. « Avant la maladie, c'était quelqu'un de fondamentalement gentil. Il avait beaucoup d'humour. »
   
    Bernadette Hernandez a tenu à présenter ses condoléances à la famille d'Emmanuel Ichard, la victime de son frère. « J'ai eu son oncle, ça m'a fait du bien de parler. » Elle lui a sans doute confié son désarroi sur l'évolution de la maladie de son frère.
   
    « Je savais que ça finirait mal parce qu'il n'était plus suivi à Carmaux comme il l'avait été au début de sa maladie, quand il habitait Lisle-sur-Tarn. Au centre Pinel de Lavaur ils s'étaient très bien occupés de lui. »
   
    En lançant une pétition sur internet et en alertant la fondation pour la justice et les 577 députés, Bernadette Hernandez voudrait attirer l'attention des pouvoirs publics sur la schizophrénie.
   
    « Il n'existe pas de journée nationale alors que cette maladie touche pourtant 1 % de la population jeune, entre 18 et 30 ans. » Dorian en avait 22 quand il est tombé malade. Sa sœur, qui a 20 ans de plus que lui, a été sa curatrice aussi longtemps qu'elle en a eu la force. « À un moment, on a craqué avec mon mari. Certaines nuits, Dorian nous appelait 15 fois, on était obligés de débrancher le téléphone. Et puis on est tombés malades tous les deux et on a dû arrêter de travailler. »
   
    Malgré tout, Bernadette a tenté l'impossible pour que son frère se fasse soigner. « En octobre, j'ai réussi à le convaincre de partir à Castelmaurou. Il n'y est resté que 3 jours. Je savais que le 31 octobre, il ferait une crise. C'est la date d'anniversaire de maman. » Et c'est avec effroi qu'elle constate : « Il a tué le 10 mars, c'est à cette date que papa est mort en 2000 ».
   
    "Il faut une loi"
   
    Bernadette Hernandez voudrait « qu'on ne laisse pas les schizophrènes abandonnés à leur sort. Beaucoup déclarent la maladie vers 20 ans mais il n'y a pas de prédiagnostic, aucune prévention. Il faudrait une loi qui rende obligatoires les soins, avec un suivi par un psychiatre et une surveillance de la prise du traitement par des infirmiers, à vie. Cette loi devrait aussi prendre en charge au moins jusqu'à guérison tous les jeunes qui ont une addiction à l'alcool ou à la drogue. » C'est en ce sens qu'elle avait lancé une pétition en mars (sur petition24.net) et adressé un mail à tous les députés de France, poussant aussi la porte du député de sa circonscription, Jacques Valax. « Sur 577, un seul m'a répondu, Alain Bocquet, député du Nord. » Bernadette Hernandez sait bien que ce n'était pas un thème très porteur pour la campagne des législatives… et que l'Assemblée nationale a été profondément renouvelée ce dimanche. La sœur de Dorian B. n'écrira pas aux nouveaux élus mais elle espère que la parole des familles de schizophrènes finira par arriver sur le bureau de la Garde des Sceaux Christiane Taubira. « Je veux que ces gosses-là soient soignés, qu'on ne leur demande pas leur avis. Cela évitera bien des drames et des larmes.» "
   
    Un article de Pierre-Jean Pyrda.

Source : LA DEPÊCHE.FR (19 juin 2012)

    Articles relatifs :
     "Mes conversations avec les tueurs", le nouvel ouvrage de Stéphane Bourgoin, aux éditions Grasset
     Pour suivre sur Twitter l'actualité des faits divers et celle de Stéphane Bourgoin


[Tous les articles criminologie]

Soyez le premier à poster un commentaire à cet article !


Veuillez vous inscrire ou vous identifier :

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



_

Fil RSS
© Stéphane Bourgoin 2003 - 2014
Réalisation : Nokto