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Actualité criminologie

    La mère du petit Younès s'exprime 2 jours avant le début du procès pour meurtre de son mari
    Europe du Nord & de l'Ouest > infanticide, alcoolisme, maltraitance, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 4 juin 2012

    " Mme Z. est convaincue que Mohamed J. n’a pas tué leur fils Younes. Elle sera au procès. Pour poser des questions et faire éclater la vérité.
   
    Naïma Z. sera mercredi devant la cour d’assises du Hainaut. Sur le banc réservé aux parties civiles alors que son mari, Mohamed J., se retrouvera dans le box des accusés. Il sera jugé pour le meurtre de leur plus jeune fils âgé de 4 ans, Younes, dont le cadavre a été repêché dans la Lys, le 10 novembre 2009, quinze jours après sa disparition.
   
    Naïma Z. avait été arrêtée et inculpée du meurtre en même temps que son mari, un an quasi jour pour jour après la découverte du corps. Contrairement à son mari, toujours détenu, elle a été libérée après moins d’un mois. Elle a été blanchie. Complètement et définitivement. La non-assistance à personne en danger, retenue en dernière instance par le parquet, a également été écartée. C’est donc une femme libre, qui n’a rien à se reprocher pénalement, qui sera à Mons mercredi à l’ouverture du procès de son mari devant la cour d’assises du Hainaut. Dans une position très inconfortable car elle est convaincue de l’innocence de son mari. Elle l’a expliqué samedi dans un long entretien à "La Libre", en présence de son avocat, Me Jean-Jacques Vandenbroucke, avec qui elle prépare les questions qu’elle compte poser au procès.
   
    "Je suis sûre et certaine que quand je suis partie, après une dispute avec mon mari, j’ai laissé mes enfants sains et saufs. L’un et l’autre. Mon mari est sorti me chercher seul. Cela montre qu’il est innocent", explique Mme Z. qui confie, toujours dormir avec le gilet de Younes contre son cœur : "Il est toujours dans mon lit. J’aime mes enfants de tout cœur".
   
    Mme Z. était sortie après avoir reçu des coups de son mari après une dispute. "Cela arrive dans toutes les maisons", dit-elle. Mais elle est formelle au sujet de son mari : "Il n’a jamais frappé ses enfants. Il aime beaucoup ses enfants. Il ne les a jamais maltraités". Ni Younes qui est décédé, ni Wasir qui va avoir 12 ans. Ce dernier, raconte-t-elle, lui a dit que le père est allé la chercher alors qu’il restait avec Younes à la maison. Elle le croit et est convaincue qu’il y aurait eu une intervention extérieure. "J’ai parlé avec Wasir. Il vient avec les mêmes choses que ce que je pense".
   
    Mme Z. est restée avec son mari un an avant leur arrestation. "Je n’ai jamais rien vu qui montre qu’il est impliqué dans la mort de son fils. Jamais. S’il avait fait quelque chose, je l’aurais vu. Il dormait et se réveillait normalement".
   
    Mohamed J., qui avait eu par le passé des problèmes de boisson, a néanmoins quelque peu rechuté. "Parfois quand il a trop de chagrin, il a bu. Lui, c’est comme cela. Moi, je crie, je pleure".
   
    Incarcérée puis blanchie
   
    Arrêtée en même temps que son mari, elle a été incarcérée plusieurs semaines. Elle était seule à la maison à l’arrivée de la police. "On frappe à la maison. Je n’avais jamais vu que l’on frappe comme cela. Je faisais mes prières. J’ai eu peur", se rappelle-t-elle. Elle a été présentée devant le juge. "La juge m’a parlé d’accident. Je n’acceptais pas. Moi, je suis une mère. Ce n’était pas un accident". Elle n’a pas quitté sa cellule pour des activités en prison. "J’étais mal. J’ai perdu un enfant. Je ne sais rien de ce qui est arrivé".
   
    La détention sera courte. Mais ses avocats, Mes Vandenbroucke et Marie-Paule Dauchy, devront lutter pour qu’elle soit blanchie en chambre du conseil et que l’on ne retienne pas, comme le souhaitait le parquet la non-assistance. "Mon avocat m’a dit : ‘Tu cherches ta liberté. Tu oublies maintenant qui a tué Younes. J’ai mal quand j’entends cela. Je ne savais que faire. Je suis une musulmane. J’ai fait ma prière. Dieu m’a donné des forces. J’ai dit la vérité. J’ai fait confiance à mes avocats car ils m’ont fait confiance et m’ont cru". Mes Dauchy et Vandenbroucke, qui ont toujours travaillé discrètement et de manière acharnée, en portant toujours la parole de leur cliente, obtiendront sa mise hors cause.
   
    Aujourd’hui, toujours convaincue de l’innocence de son mari, Mme Z., reste pleine de questions sur la mort de son fils. "Je veux la vérité. Je cherche. J’ai des espoirs. Je ne dors pas. Je cherche la vérité. C’est ce que je veux. C’est mon enfant qui est mort. Je veux qu’au procès, on ouvre toutes les portes". Elle y sera. Les questions seront posées par ses avocats. "Je n’ai pas trouvé le coupable. Tout ce qui compte pour moi, c’est la vérité. Personne ne peut sentir le malheur que j’ai. Personne. C’est moi qui vis cela".
   
    Si elle avait cru le moindre instant en la culpabilité de son mari elle aurait agi autrement. "Si je croyais qu’il avait fait quelque chose à mon fils, serais-je restée là les bras croisés ? Non. Mes enfants sont les premiers : ce n’est pas mon mari". Et d’ajouter : "Si mon mari avait fait quelque chose à mon fils, est-ce que je protégerais ? Non. S’il a fait quelque chose à mon fils, qu’il passe toute sa vie en prison ! Je m’en fous. Je suis une mère. J’aime mes enfants. Même les animaux sauvent les enfants. Je suis un être humain. Et je ne sauverais pas mes enfants ? Non !"
   
    Tous les éléments de l’affaire seront étalés devant la cour d’assises. Les débats pourraient-ils la faire changer d’avis ? "Dans mon idée, je ne vais pas changer. D’abord à cause des paroles de Wasir". Mais elle ne l’exclut toutefois pas totalement : "S’il y a des preuves suffisantes qui disent que c’est mon mari. Là il n’y aura rien à dire. Mais il faut qu’il y ait des preuves suffisantes". Mme Zraidi tient en effet à répéter la confiance dans la justice qu’il l’a complètement blanchie : "La justice de mon pays", insiste cette femme née au Maroc. Ce ne serait pas la première personne à revenir sur une conviction à la lumière d’un procès. La famille de Léopold Storme, convaincue en début de procès qu’il n’avait pas tué ses parents et sa sœur, avait ainsi revu son jugement."
   
    Un article de Jacques Laruelle.

Source : LA LIBRE BELGIQUE (4 juin 2012)

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