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Actualité criminologie

    Exorcisme mortel à Schaerbeek : Latifa enchaînée à son lit la nuit
    Europe du Nord & de l'Ouest > satanisme & meurtre rituel, coups & blessures, maltraitance, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Samedi 19 mai 2012

    " Le procureur à l’offensive sur les stratégies de l’époux pour empêcher la victime de fuir.
   
    Les trois mâles de l’équipe qui comparaît actuellement devant les assises de Bruxelles ont dû bien s’accrocher à la barre, mercredi, pour leur interrogatoire.
   
    Et c’est le procureur général, Yves Moreau, qui a été le plus pointu dans sa batterie de questions, après de sérieuses mises en garde adressées aux accusés par la présidente, Karin Gerard.
   
    Le vrai débat qui s’insinue à travers ce procès réside dans le véritable objectif des séances d’exorcisme qui ont coûté la vie à Latifa Hachmi, 23 ans, en août 2004.
   
    Selon le premier accusé, Mourad M., l’époux de la victime, c’est celle-ci qui ne se sentait pas bien en raison de son infécondité et qui a eu l’idée avec lui d’appeler des sorciers pour tuer le diable qui l’habitait.
   
    Les deux maîtres de cérémonie, A. et Me., ont dit mardi ne pas avoir été informés de problèmes de fécondité.
   
    A. a infligé une première série de roqya à la victime en juin 2004, ce n’est pas contesté. Lectures du Coran à perte de vue, absorption d’eau bénite par ce gourou, bains, vomissements, tampons hygiéniques trempés dans une “substance islamique”…
   
    M. a déclaré en cours d’instruction qu’il avait eu l’impression que ce traitement avait porté ses fruits et que son épouse était guérie. Ils sont partis en voyage à Bordeaux et ce séjour aurait été merveilleux. Les bleus qu’elle avait sur tout le corps auraient disparu…
   
    “Si elle était guérie, pourquoi commencer à consulter une psychiatre à la clinique ?”, fait le procureur. “Parce qu’elle faisait des cauchemars depuis trois jours”, répond M..
   
    “Pourquoi ? Latifa n’allait pas si bien ?”, prolonge la présidente. “Non… Enfin, je veux dire… Pour moi, son état s’améliorait mais il y avait encore…”, bredouille le premier accusé. “Si ça s’améliorait, pourquoi recommencer des séances d’exorcisme avec M. Me. ?”, reprend le représentant de l’accusation.
   
    La réponse du trentenaire sera encore très nébuleuse. Puis, l’estocade finale : “Attachiez-vous votre épouse la nuit, par crainte de la séparation ?”
   
    M. répond par la négative. M. Moreau sort alors une audition de Xavier M., alias Abou S., qui l’a déclaré. Le deuxième accusé confirme que le premier le lui a dit. “C’est faux !”, assure M..
   
    L’impression qui se dégage de cette audience, c’est que ce dernier redoutait le divorce et qu’il a tout mis en œuvre pour empêcher la victime de fuir.
   
    La victime tirait sur la barbe du guérisseur pour sortir de la baignoire
   
    L’audience de mercredi a été marquée aussi par les conseils de la présidente, Karin Gerard, qui a rappelé aux accusés qu’ils avaient le droit de mentir mais qu’il faut penser aussi aux conséquences quand il sera temps de statuer sur la culpabilité de chacun…
   
    Par exemple, Mazouj dit se demander aujourd’hui encore d’où vient la centaine d’hématomes constatés sur le corps de la victime.
   
    Selon lui, Me. les a vus également et ce dernier n’a pas d’explication non plus ! Mais tous deux reconnaissent lui avoir porté des coups de manchette ou des tartes quand elle essayait de s’extirper de la baignoire en tirant sur la barbe de Me…
   
    M. dit aussi que c’est Latifa qui a voulu que Me. reprenne des séances d’exorcisme. “Mais qui portait la culotte à la fin ?”, soupire la présidente Gerard. “Je ne décidais pas de tout”, assure le premier accusé. “En 2003, la victime a déclaré à un témoin que vous la frappiez et qu’elle voulait la séparation”, poursuit la magistrate. “C’est faux. Je n’ai jamais entendu qu’elle voulait me quitter. Je ne l’ai jamais frappée, sauf les tartes quand elle tirait la barbe”, rétorque M..
   
    On revient encore sur la centaine d’hématomes. A. et Me. affirment qu’ils n’ont jamais prétendu qu’ils étaient provoqués par le diable. M. soutient le contraire : “Quand ils me l’ont dit, ils m’ont menti alors. Et, ici, devant la justice, ils ne prennent pas leurs responsabilités !” “Attention, ici, il n’y a pas de loi du silence. Il y en a un de vous trois qui ne dit pas la vérité ! L’un d’entre vous a frappé Latifa et les autres le savaient. Mais ce n’est pas la seule cause du décès parce que la victime a été quasi noyée le 4 août”, avertit la présidente.
   
    Au moment du décès, A. était au Maroc. Mais il était tenu au courant de tout ce qui se passait par téléphone…"
   
    Un article de -Pierre De Staercke.

Source : LA DERNIERE HEURE (18 mai 2012)

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