"; ";
  Accueil     Librairie     Polars     Thrillers     Criminologie     S. Bourgoin     Infos     Liens  

_

Identification :      [inscription]

Actualité criminologie

    Dans une prison de New Delhi, la réinsertion passe par la musique
    Asie > insolite, prison
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Dimanche 13 mai 2012

    " L'une des plus grande prisons d'Asie tentent d'améliorer le sort de ses détenus.
   
    Juchée sur des talons aiguilles du même rouge que ses lèvres laquées, une fleur plantée dans son chapeau, Samara Chopra chante devant un public conquis d'avance, composé de détenus de la prison à haute sécurité de Tihar à New Delhi.
   
    Cette prison est l'une des plus grandes d'Asie. Ce vaste complexe héberge 12.000 détenus, tueurs en série, violeurs, trafiquants de drogue, meurtriers ou hommes politiques corrompus, condamnés ou attendant leur procès.
   
    La prison de Tihar est connue pour ses efforts visant à améliorer le sort des détenus, qui peuvent suivre des cours de yoga, de méditation, d'art.
   
    Des musiciens de labels indépendants ont lancé un programme de musique pour les prisonniers. Ils leur fournissent des instruments et organisent des concerts afin de faciliter leur réinsertion.
   
    La première partie du concert, ce jour-là, est assurée par le groupe de la prison, The Flying Souls, formé voici un an par trois détenus purgeant leur peine et sept en détention provisoire.
   
    Puis c'est le tour des Ska-vengers, un groupe connu de New Delhi. L'audience d'un millier de détenus masculins hurle de plaisir en écoutant la chanteuse vedette Samara Chopra. Au rythme du ska, du reggae et de la soul, le personnel surveillant se laisse à son tour gagner par l'envie de chalouper.
   
    "La musique est une force du bien", affirme à l'AFP la chanteuse, âgée de 28 ans. "La musique a le pouvoir de changer les gens et elle est fondamentale pour tous, même ceux qui sont en prison".
   
    "L'échange que l'on a eu avec les gens ici a été formidable et je veux revenir y enseigner", s'enthousiasme-t-elle.
   
    Les Ska-vengers ont développé des liens avec le bloc "Jail 4" ("Prison 4") à Tihar, qui abrite 1.615 détenus, et ce concert a été organisé pour fêter l'arrivée d'équipements musicaux neufs d'une valeur de 300.000 roupies (4.300 euros), gracieusement offerts par un magasin.
   
    La prison s'est ainsi enrichie d'une batterie, d'une tabla (instrument à percussion), de claviers, d'amplificateurs et d'autres petits équipements essentiels, comme des dizaines de cordes de guitare.
   
    "C'est bien d'avoir de la musique ici. La prison n'est pas mal, mais on voudrait avoir des événements comme celui-ci", confie à l'AFP Ashish Nandwana, condamné pour meurtre.
   
    Cet homme de 26 ans originaire de Jaipur a été condamné à la prison à vie pour avoir battu à mort une hôtesse de l'air dans un hôtel bon marché de New Delhi en avril 2008, après le refus de la jeune femme de l'épouser.
   
    Une thérapie
   
    Pour le directeur général des établissements pénitentiaires de New Delhi, Neeraj Kumar, qui a créé l'an dernier des ateliers de musique, la pratique d'un instrument et les concerts sont "une thérapie" pour les détenus.
   
    "Cela fait un an que nous avons mis cela en place, en proposant de la musique bengali, hindi, classique ou occidentale, mais ce sont les musiques des films de Bollywood qui ont le plus de succès", explique M. Kumar.
   
    "Les prisonniers laissent libre cours à leurs énergies créatrices et nous essayons de les changer à travers la musique", dit-il, évoquant le cas d'une détenue dont le comportement suicidaire a disparu lorsqu'elle se mit à la musique.
   
    M. Kumar se dit "agréablement surpris" de découvrir les talents cachés des détenus. Il a récemment lancé un concours pour sélectionner les détenus qui produiront un album à des fins commerciales.
   
    L'idée de doter la prison d'un bon matériel de musique émane de Stefan Kaye, le claviériste des Ska-vengers qui animait l'an dernier des ateliers musicaux à la prison, avec très peu de moyens.
   
    "Travailler avec des détenus n'est pas différent de travailler dans d'autres milieux. Ils veulent en général me dire quels crimes ils ont commis, mais je ne me suis jamais senti menacé", assure ce musicien né à Londres.
   
    "En fait, ils veulent juste apprendre, ils recherchent désespérément le moyen de se distraire de la monotonie et de leurs pensées négatives. Ils prennent la musique très au sérieux et témoignent souvent de capacités extraordinaires", admire-t-il.
   
    "Lorsque nous faisons de la musique, on oublie pourquoi on est là. On aime tous notre femme ou notre famille, on se souvient d'eux, c'est pour cela qu'on écrit des chansons romantiques", dit Amit Saxena, 35 ans, qui a déjà passé neuf ans derrière les barreaux pour meurtre."

Source : AFP (13 mai 2012)

    Articles relatifs :
     Parution du coffret de 3 livres de S. Bourgoin, "La Totale"
     Parution chez Points de "Tueurs" de Stéphane Bourgoin
     Les prochaines rencontres publiques de S. Bourgoin : projections, conférences et signatures à Paris et Saint-Maur, à Villeneuve-lez-Avignon, dans le nord de la France et Liège
     Stéphane Bourgoin présente" Le tueur de Boston", un film rare en DVD chez Artus Films
     Stéphane Bourgoin présente "L'évadée" avec Michèle Morgan et Peter Lorre, adapté de William Irish, chez Artus Films
     Pour suivre sur Twitter l'actualité des faits divers et celle de Stéphane Bourgoin


[Tous les articles criminologie]

Soyez le premier à poster un commentaire à cet article !


Veuillez vous inscrire ou vous identifier :

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



_

Fil RSS
© Stéphane Bourgoin 2003 - 2014
Réalisation : Nokto