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Actualité criminologie

    Dernier jour du procès du cannibale de Rouen
    France > cannibalisme, meurtre, prison, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Vendredi 25 juin 2010

    " Quatrième jour du procès du "Cannibale de Rouen". A suivre en direct sur le site de PARIS-NORMANDIE :
   
    18 h - La cour d'assises de la Seine-Maritime s'apprête à rendre son verdict après trois heures et demi de délibérations. Dans la salle, beaucoup de monde. La présidente Pascale Bellamy pousse la porte, ses assesseurs et les jurés arrivent un à un. Nicolas Cocaign est appelé à se lever.
    L'accusé est déclaré coupable de meurtre. D'actes de tortures et de barbarie aussi. Son irresponsabilité pénale n'a pas été retenue. "A la majorité absolue, la cour vous condamne à trente ans de réclusion criminelle. Cette peine est assortie d'une période de sûreté des deux tiers. La cour ordonne également un suivi socio-judiciaire durant huit ans, dont une injonction de soins. Si vous ne respectez pas ces obligations à la votre sortie de détention, vous encourez quatre ans de prison" supplémentaires. "Avez-vous compris?" Réponse : "Oui".
    Dans la salle, pas une larme. Les gens sont figés dans leurs sièges. La mère de l'accusé ne souhaite faire aucun commentaire. Dans la salle des procureurs, l'avocat de la défense Me Fabien Picchiottino se dit "déçu mais pas surpris par ce verdict. C'est la précaution sécuritaire qui l'a emporté. La société ne sait pas traiter des personnes comme Nicolas Cocaign. La société a peur de ces gens, donc la cour l'en a écarté." Il regrette aussi : "La peine est forte. On n'a pas pris en compte tout ce que cet homme et sa famille ont fait pour le faire soigner, ni les erreurs commises".
    Ayant échangé quelques mots avec son client, Me Picchiottino fait savoir que ce dernier "va réfléchir à un éventuel appel de la décision (il a dix jours pour l'interjeter) car la période de sûreté est très longue. Il a envie d'une nouvelle vie, en se soignant, et veut revoir ses deux filles".
    Nicolas Cocaign s'apprête à regagner le centre pénitentiaire du Havre où il a été transféré dans l'attente de son procès. Il devrait y rester jusqu'à l'autonomne au moins s'il ne fait pas appel du verdict. Après, il irait à Fresnes, au centre national d'évaluation, pour ensuite rejoindre l'une des huit centrales qui existent en France. Un établissement ultra-sécurisé.
   
   
    10h55 - Elisabeth Pelsez, l'avocat général, se lève à son tour. "Un homme qui bascule dans l'horreur n'est pas nécessairement atteint de folie." Le ton est donné. La représentante du ministère public va requérir une peine de réclusion criminelle car, pour elle, Nicolas Cocign a agi consciemment, avec cruauté, en éprouvant du plaisir. "Et la souffrance de la victime a été terrible."
    L'avocat général rappelle que l'accusé a reconnu les faits, qu'il les a décrits sans réticence, "avec une crudité remarquable et une précision d'horloger." Pour retenir les actes de tortures ou de barbarie reprochés l'accusé et dont la concommittence avec le meurtre avoué lui fait encourir la réclusion criminelle à perpétuité, Elisabeth Pelsez demande : "La souffrance de la victime a-t-elle été aiguë ? L'accusé a-t-il eu la volonté de nier la dignité de la personne ? Peut-on réellement se poser ces questions" au vu de l'enchaînement des violences peu habituelles infligées à Thierry Baudry ? "Ce n'est pas un corps qu'on a voulu faire mourir vite. Ce corps est devenu une chose entre les mains de Nicolas Cocaign. Il l'a déshabillé pour l'humilier et il sait qu'humilier signifie rabaisser. Il a nié la dignité de la victime."
    L'avocat général retient bien sûr la personnalité peu ordinaire de l'accusé : "Abandonné, adopté, viols... Pour se faire entendre, il oblige les autres à voir et à avoir peur de lui. Mais, pour moi, cette dangerosité revendiquée se fait sur un mode de surenchère, qui tient de la perversité". Elle écarte les conclusions du Dr Pierre Lamothe (il a jugé l'accusé irresponsable) mais souligne l'altération du discernement de Nicolas Cocaign au moment des faits. "Le rôle de l'avocat général, qui défend l'intérêt général, est de protéger la société. La place de l'accusé est en prison mais la peine que je requiers doit s'accompagner impérativement de soins". Elle demande 30 ans de réclusion, dont 20 années durant lesquelles Nicolas Cocaign ne pourra bénéficier d'aucune réduction de peine, ainsi qu'un suivi socio-judiciaire comportant une injonction de soins.
   
    9h30 - Me Etienne Noël, le représentant de la partie civile, quitte son banc pour faire face aux jurés et à la cour. Pendant une heure, il va plaider la responsabilité de l'accusé en se mettant dans la peau du codétenu qui n'est plus, Thierry Baudry. "Lorsqu'il arrive à la maison d'arrêt, il sait qu'il n'est pas costaud et il sait ce qui est arrivé à son frère (en 1998, celui-ci, également incarcéré à Rouen, s'est pendu)". L'avocat spécialisé en droit pénitentiaire évoque bien sûr le contexte de surpopulation carcérale, le manque d'intimité des prisonniers, souvent à trois dans des cellules de 11 m2. Et il ne tarde pas à rappeler "l'erreur" d'affectation reconnue par l'ancien directeur de l'établissement, Yves Bidet, mardi. "Mais cela ne me suffit pas.
    Même si monsieur Bidet a été profondément touché par ce qui s'est passé, il y avait des signes qui n'auraient jamais dû aboutir au placement de cette troisième personne, vulnérable, dans une cellule où deux personnes se trouvaient déjà, dont une qui était le dominant, Nicolas Cocaign".
    Me Noël déroule ensuite les faits, "terribles", "inimaginables" commis par l'auteur présumé, dont la frénésie aété déclenchée par un "regard fusilleur". L'avocat parle des coups, et de la "mise en scène" de l'accusé pour ne pas se faire repérer par les gardiens : il a tiré la couverture sur le corps de la victime, avait monté le son de la télévision... "J'y vois un ancrage dans la réalité", dit-il, estimant ainsi que Nicolas Cocaign était parfaitement lucide et conscient de tous ses gestes, "organisés". "Il n'était pas dans un délire selon les experts". Et "après le passage du surveillant de nuit, il a pris une poêle, allumé le réchaud, coupé de l'ail et de l'échalote... En déclarant en garde à vue "J'avais préparé tout cela en sachant que j'allais prendre le coeur de Thierry Baudry pour le manger". Cela fait un choc de lire ces déclarations... J'ai le sentiment que dans ce dossier, nous avons touché le fond. La personne humaine de Thierry Baudry a été annihilée. Sa dignité a été annihilée".
    La présidente suspend l'audience pour un quart d'heure.
   
    9h20 - La présidente s'adresse à Nicolas Cocaign : "Qu'avez-vous à dire sur les faits ?". Réponse : "Quand j'ai découpé sa poitrine, j'étais convaincu que Thierry Baudry était mort." La magistrate demande : "Comment voyez-vous votre avenir ?" Réponse : "En sortant de prison, j'espère travailler dans les chevaux". Me Fabien Picchiottino, l'avocat de la défense, interroge à son tour l'accusé : "Cela faisait combien de temps, avant le procès, que vous n'aviez pas passé autant d'heures avec autant de monde ?" (la salle a été, depuis lundi, quasiment toujours bondée, avec 156 places assises). Réponse : "Depuis les faits, soit trois ans et demi."
   
    9h10 - C'est Jean-Guy Baudry, le frère de la victime, qui vient à la barre. Il n'a qu'une chose à dire avant la fin des débats : "Les rondes de nuit à la maison d'arrêt de Rouen ne sont pas régulières, contrairement à ce qui a été dit". La présidente Pascale Bellamy lui rappelle : "Mais les surveillants badgent et ils ont badgé plusieurs fois cette nuit-là".
   
    9 h - Le procès de Nicolas Cocaign, le cannibale présumé de la prison de Rouen, a repris ce matin à la cour d'assises de la Seine-Maritime par le temps de parole accordé à la famille de la victime, Thierry Baudry, à l'accusé lui-même, juste avant la plaidoirie de la partie civile, représentée par Me Etienne Noël, et les réquisitions de l'avocat général Elisabeth Pelsez, qui a réclamé une peine de 30 années de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers (20 ans) et un suivi socio-judiciaire contre le Rouennais, âgé de 38 ans."

Source : PARIS-NORMANDIE (25 juin2010)

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