"; ";
  Accueil     Librairie     Polars     Thrillers     Criminologie     S. Bourgoin     Infos     Liens  

_

Identification :      [inscription]

Actualité criminologie

    Jeunes poignardés : que faire face à des drames de plus en plus fréquents ?
    France > meurtre, délinquance
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Dimanche 10 janvier 2010

    " En l’espace de trois jours, deux jeunes sont morts, poignardés en public en banlieue parisienne. Des agressions rares, qui suscitent toutefois des interrogations sur les réponses à apporter à la hausse constante des violences volontaires.
   
    Vendredi, Hakim Haddi, 18 ans, est décédé, poignardé par un camarade dans son lycée du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Le lycéen, soupçonné d’être l’auteur des coups de couteau, étudiait dans la même classe que la sœur de la victime. Jeudi, il aurait interpellé la jeune fille de façon désinvolte, et celle-ci s’en serait plainte à son grand frère, Hakim, scolarisé dans le même établissement.
   
    Cherchant à avoir une explication, Hakim serait alors allé à la rencontre de son agresseur lors d’un intercours, et aurait reçu trois coups de couteau.
   
    Son meurtrier présumé, Islam, un jeune de 18 ans en « rupture familiale », a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi à Ivry-sur-Seine, alors qu’il déambulait dans la rue, visiblement perturbé.
   
    Mercredi, un autre adolescent de 16 ans a succombé, également poignardé, lors d’une rixe dans un centre commercial de Cergy (Val-d’Oise). Un jeune du même âge, suspecté d’être l’auteur du coup de couteau, s’est rendu vendredi à la police.
   
    Ces affaires, aux causes et aux contextes différents, se sont déroulées « en public. Ce ne sont pas des bagarres à l’écart, des histoires qui se règlent d’homme à homme », note Smaïn Laacher, sociologue au Centre d’études des mouvements sociaux, qui y voit « une espèce de dérèglement des cadres, entre ce qui est permis ou pas, ce qui est public et privé », avec « un enchaînement d’actes irréfléchis ».
   
    « Un schéma ultra-classique »
   
    « Depuis les années soixante-dix, il y a pour les violences générales une augmentation plus rapide chez les mineurs, avec un schéma ultra-classique : rivalités de bandes, d’honneur, personnelle, amoureuse. Chez les adultes, c’est davantage des violences domestiques », souligne le sociologue Sebastian Roché, directeur de recherches au CNRS, auteur de La délinquance des jeunes (Seuil).
   
    Entre 2003 et 2008, le nombre de personnes mises en cause pour des atteintes volontaires à l’intégrité physique a augmenté de 32 %, s’expliquant largement par une hausse des coups et blessures volontaires, de la part d’hommes majeurs (+ 43,3 % en 5 ans) et mineurs (+ 64,6 %), selon le rapport 2009 de l’Observatoire national de la délinquance.
   
    « Par quel miracle, une fraction jeune de la population échapperait-elle à la violence ? Il y a une tradition de violence dans la jeunesse populaire, les blousons noirs n’avaient pas 60 ans ! », rappelle M. Laacher. « À 18 ans, quelqu’un qui sort un couteau pour une histoire d’amour, ça n’a rien de nouveau », remarque le sociologue Michel Wieviorka, rappelant que « de plus en plus d’armes circulent ».
   
    Dans les établissements scolaires, 19 intrusions dans un établissement avec arme, 150 détentions d’armes par les élèves et 73 usages d’armes ont été constatés en 2008-2009, selon l’étude Sivis du ministère de l’Éducation nationale.
   
    Pour M. Roché, on voit « la limite d’une approche par la sanction, par le pénal. Trouver les auteurs ne résout pas le problème : ça intervient trop tard, ce n’est pas de nature à empêcher les événements, un blessé, un mort ».
   
    « On se refuse à faire un diagnostic »
   
    « Pour l’instant en France, on se refuse à faire un diagnostic, une analyse des facteurs, des causes », déplore-t-il, jugeant « mauvais » les indicateurs de pilotage du ministère de l’Intérieur. « Dans les départements défavorisés, le taux d’homicide est trois à cinq fois supérieur au taux moyen, dit-il. On ne peut pas faire comme si telle affaire était seulement un problème amoureux : on ne peut se contenter de cette explication ! »
   
    « L’état de précarité qui touche un très grand nombre de personnes, de familles, a contribué à élever le niveau de violence », abonde M. Laacher. Car, explique-t-il, chez certains auteurs, « le travail précoce à la domestication des pulsions de violence n’a pas eu lieu ». Et, note-t-il, « la famille est, avec l’école, le travail, les fréquentations l’une des institutions où l’on apprend à sortir du conflit pacifiquement »."

Source : L'ALSACE (10 janvier 2010)

    Articles relatifs :
     Kremlin-Bicêtre : le lycéen poignardé dans un lycée est mort
     Cergy : un adolescent tué à l'arme blanche lors d'une rixe


[Tous les articles criminologie]

Soyez le premier à poster un commentaire à cet article !


Veuillez vous inscrire ou vous identifier :

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



_

Fil RSS
© Stéphane Bourgoin 2003 - 2014
Réalisation : Nokto