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Actualité criminologie

    Une mère incestueuse évite la prison
    Canada > pédophilie, viol, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Dimanche 22 novembre 2009

    " Marie-Jeanne Bédard a été condamnée à 24 mois moins un jour de prison dans la collectivité pour avoir abusé de son fils à plusieurs reprises alors qu'elle avait 39 ans et qu'il en avait 13.
   
    Fait rarissime, Marie-Jeanne Bédard, une mère de famille de Saint-Agapit âgée de 55 ans, a été condamnée hier à une peine de 24 mois dans la collectivité pour des agressions sexuelles répétées sur son propre fils de 13 ans dans les années 90.
   
    La dame a ainsi évité la prison puisque la Couronne réclamait une peine de 15 à 24 mois de détention ferme. Le juge Jogues Lavoie estime que cette femme n'est pas «un prédateur sexuel», que la récidive est très peu probable et qu'elle a commis ses gestes dans une période trouble sur le plan psychique en 1993 et 1994, dans la foulée de son divorce.
   
    Marie-Jeanne Bédard a été reconnue coupable, au terme d'un procès, d'avoir agressé son fils en le masturbant, à raison de deux fois par semaine, pendant qu'il lui caressait les seins. À l'époque, Christian Houle (qui a levé le voile sur son identité) était âgé de 13 ans. L'accusée n'a pas bronché pendant le prononcé de la sentence mais elle a été victime d'un malaise à sa sortie de la salle d'audiences, s'affaissant soudainement. Elle a vite retrouvé ses sens et quitté le palais de justice de Québec en marchant d'un pas décidé.
   
    L'avocate de l'accusée, qui prétend que les agressions multiples représentent une «erreur de parcours», était satisfaite de la décision du tribunal. «C'est un très bon jugement, je suis contente parce que la jurisprudence militait en faveur d'un possible emprisonnement. Le juge a considéré le cas comme un cas humanitaire. Madame regrette beaucoup ce qui s'est passé, elle est sous le choc mais la poussière retombant, elle va se refaire une vie», a déclaré Me Gilberte Deschênes.
   
    Reconnaissance des faits?
   
    Bien qu'elle manifeste une empathie envers son fils, Marie-Jeanne Bédard «contestait la fréquence des gestes posés» et a «une reconnaissance minimale des abus reprochés, coincée qu'elle est entre son rôle de mère et celui d'agresseur», a spécifié le magistrat dans son jugement écrit, faisant référence au procès.
   
    Me Deschênes a souligné aux journalistes que sa cliente avait cheminé depuis. «À venir jusqu'au fait qu'elle entreprenne une thérapie, madame nuançait... et depuis qu'elle a suivi sa thérapie, elle a appris beaucoup de choses (...) elle a approfondi les raisons et maintenant, elle regrette profondément. Elle voulait même demander pardon à son fils mais le jugement suivant son cours, on n'a pas eu l'occasion de le faire.»
   
    Elle doit verser 3 500$ à son fils
   
    L'accusée devra respecter de nombreuses conditions pendant sa détention de deux ans à la maison et suivre toute thérapie requiste par son agent de surveillance. Elle sera ensuite soumise à une probation de deux ans. Le tribunal a exigé un prélèvement d'ADN mais a toutefois renoncé à inscrire Mme Bédard au registre des délinquants sexuels. Le juge l'a également condamnée à verser un montant de 3 500$ à son fils, en guise de dédommagement, pour rembourser ses frais de thérapie.
   
    Son fils brise le silence
   
    Christian Houle s'est vidé le coeur, hier, au palais de justice de Québec en s'adressant aux médias après avoir demandé et obtenu la levée de l'interdiction de non-publication relative à son identité.
   
    «Moi, j'ai vécu 14 ans de temps avec ce secret là et aujourd'hui, je suis tanné de vivre avec ça. Aujourd'hui, le monde vont tous savoir que c'est elle et que c'est arrivé sur moi. Ce qui me motive surtout, c'est que c'est assez rare qu'on voit une mère avec son fils mais je ne suis pas le seul et unique là-dedans. Il y en a sûrement plein d'autres à qui c'est arrivé (...) moi je veux faire avancer ça», a-t-il lancé avec aplomb aux journalistes.
   
    «Des pédophiles, il va toujours y en avoir mais si la société peut assez se révolter contre ça, bien peut-être que ça va protéger les jeunes dans le futur. J'espère qu'il va y en avoir plein d'autres qui vont dénoncer... En 2009, il y a encore du monde qui nous sortent des répliques du genre : Ça brise des familles... ou voyons donc, dans ce cas-ci, ça ne se peut pas que Sainte Marie-Jeanne ait fait ça. Mais c'est pas vrai, il faut que ça cesse!»
   
    Aucun pardon pour sa mère
   
    «Tu ne peux pas pardonner à quelqu'un qui n'avoue pas. Faudrait peut-être qu'elle commence par s'avouer à elle-même ce qu'elle a fait et ensuite le pardon est possible... Pardonner l'impardonnable, c'est assez difficile», a laissé tomber celui qui est visiblement extrêmement soulagé d'avoir été cru par le tribunal. «J'ai gagné mon procès. Moi, j'ai retrouvé mon honneur, ma crédibilité.»
   
    L'origine de la plainte
   
    L'homme de 29 ans a tenu à rappeler aux médias qu'il n'était pas à l'origine du processus judiciaire. Il avait d'abord approché sa mère en 2007 pour qu'elle lui donne 3 000$ pour rembourser ses frais thérapeutiques. Se sentant probablement menacée, celle-ci avait alors contacté les policiers. «Je ne veux pas que le monde oublie ça...C'est elle qui est allé à la police en décembre 2007 et ça n'a pas viré en sa faveur. Quand elle a décidé d'ouvrir la porte, moi j'ai décidé de rentrer dedans!», a conclu M. Houle, fier d'être allé jusqu'au bout."
   
    Un article de Jean-Luc Lavallée.

Source : LE JOURNAL DE QUEBEC (21 novembre 2009)

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    Re : Une mère incestueuse évite la prison
    Commentaire posté par alien13 le Dimanche 22 novembre 2009
    Quoi, hein, on ne reconnait pas une prédatrice ???


    Re : Une mère incestueuse évite la prison
    Commentaire posté par seb33 le Lundi 23 novembre 2009
    On est rentré dans un système où, uniquement les pères sont potentiellement dangereux... jusqu'à les voir coupables quand ils ne le sont pas... on confond statistiques et réalités... Dans cette affaires, il a abus physique, mais pour combien d'abus "psychique" non condamnés...


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