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Actualité criminologie

    Une association de victimes envisage de créer sa propre cellule d'enquêtes sur des personnes disparues
    Canada > disparition
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 3 novembre 2009

    " Pierre-Hugues Boisvenu créera sa propre escoudade spécialisée en matière de disparitions non résolues d'ici le printemps prochain si Québec ne bouge pas.
   
    C’est ce que le président de l’Association des familles et des proches de personnes disparues et assassinées a annoncé à l’issue d’une rencontre avec des hauts fonctionnaires du ministère de la Sécurité publique qui a eu lieu lundi matin dans les bureaux du ministère, au palais de justice de Montréal.
    Selon M. Boisvenu, il y aurait actuellement plus de 2000 dossiers de disparition non résolue au Québec, où le taux de résolution est d’à peine 15%.
   
    «Une disparition, pour nous, c’est un meurtre appréhendé. Les personnes disparues, ce doit être aussi important que les meurtres au Québec.
    Ce n’est pas vrai qu’une disparition va être gérée entre un vol dans un dépanneur et le vol d’une télévision. Les personnes disparues ne doivent pas être des citoyens de deuxième classe», dit-il.
   
    M. Boisvenu ne prône plus la création d’une escouade policière mixte de type Carcajou, spécialisée dans les disparitions, mais plutôt un groupe spécialisé formé d’environ cinq personnes, policiers et civils, pour faire du profilage et coordonner les informations.
    Il veut également centraliser tous les dossiers de disparition, abattre les frontières entre corps de police lors d’enquêtes de disparition et créer une banque d’ADN de parents de personnes disparues.
    «On retrouve les corps d’environ 60 personnes disparues par année. Avec une banque d’ADN des parents de personnes disparues, l’identification des corps se ferait beaucoup plus rapidement», explique-t-il.
   
    Selon M. Boisvenu, la création d’une telle escouade spécialisée se ferait à coût nul parce qu’elle permettrait d’éliminer des dédoublements. «Ça économiserait beaucoup de pleurs et de peine aux familles», affirme le président de l’AFPAD.
   
    «C’est ce qu’ils ont fait en Ontario, et le taux de résolution des disparitions est passé de 15% à 30% de 2002 à 2005», dit-il.
   
    Bonne oreille
   
    Pierre-Hugues Boisvenu, qui était accompagné du père de Julie Surprenant, Michel Surprenant, dit avoir obtenu une bonne oreille de la part des trois hauts fonctionnaires qu’il a rencontrés lundi.
    Parmi eux, on retrouvait l’ancien patron de l’Escouade des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, maintenant sous-ministre à la Sécurité publique. M. Prud’homme avait dirigé l’enquête sur la disparition de Cédrika Provencher, survenue le 31 juillet 2007 à Trois-Rivières.
   
    «Il m’a dit qu’il ne pouvait pas faire autrement que d’être d’accord avec moi et que l’on se reparlerait d’ici Noël. Nous nous sommes sentis écoutés et la rencontre a été positive et cordiale. Nous avançons à petits pas, mais nous avançons», ajoute M. Boisvenu, qui prévient cependant que son association mettra sur pied sa propre escouade si Québec ne bouge pas d’ici le printemps prochain.
   
    «Cinq policiers à la retraite nous ont contactés pour offrir bénévolement leurs services. Les familles de personnes disparues doivent avoir des réponses», conclut-il."
   
    Un article de Daniel Renaud.

Source : RUE FRONTENAC (2 novembre 2009)

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