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Actualité criminologie

    Double meurtre à Curitiba : des néonazis rêvaient de leur Reich dans la pamp
    Amérique centrale et latine > meurtre, racisme, homophobie
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 26 mai 2009

    " Un double meurtre dans une fête de nostalgiques de Hitler met la police sur les traces d'une histoire rocambolesque.
   
    Tout commence par un crime en apparence banal. Il est 2 heures du matin ce 21 avril quand la police découvre les corps d'un couple de jeunes étudiants, à proximité d'une Fiat Uno, sur le bord de la route qui mène à Curitiba, la capitale de l'État du Paraná, dans le sud du Brésil. Plusieurs détails troublent les enquêteurs, notamment le fait que rien n'ait été volé aux victimes.
   
    Dix jours plus tard, la police de Porto Alegre, dans l'État du Rio Grande do Sul, le plus méridional du pays, donne au fait divers une dimension inquiétante. La fête à laquelle participait le couple était le 120e anniversaire de la naissance d'Adolf Hitler - né le 20 avril 1889. Et le crime serait un règlement de comptes entre deux leaders d'une cellule néonazie. La police accuse Ricardo Barollo, 34 ans, d'avoir organisé l'assassinat de Bernardo Dayrell, 24 ans, qui lui faisait de l'ombre au sein de «Neuland», «nouvelle terre», la cellule néonazie qu'ils avaient créée ensemble.
   
    Colons allemands
   
    Dans cette nation imaginaire, pensée comme une union des Blancs du sud de l'Amérique latine, l'emploi pour tous serait une réalité, et les salaires élevés. On commencerait la journée en écoutant l'hymne national - la neuvième symphonie de Beethoven - pour célébrer cette nouvelle «race supérieure», dont seraient exclus les Noirs, les Juifs, les homosexuels. Le territoire serait bien sûr fermé aux étrangers.
   
    Après avoir lancé un raid dans la maison de plusieurs participants du groupe, la police a trouvé des livres, des DVD, des CD, des couteaux, des bottes, des croix gammées et uniformes militaires, ainsi que des explosifs fabriqués de façon artisanale. Le groupe prétendait prendre le pouvoir en gagnant de petites élections locales et en montant des opérations contre des synagogues, des Noirs et des homosexuels.
   
    «Ce ne sont pas des bandits communs, ils ont une idéologie, et se perçoivent comme prisonniers politiques», a expliqué à la presse Paulo César Jardim, le commissaire à Porto Alegre responsable des arrestations. Le policier dresse le portrait type des membres des cellules : entre 16 et 30 ans, issus de la classe moyenne. Il précise que le groupuscule serait lié à des néonazis argentins et européens.
   
    Comme pour la pédophilie, lnternet est l'outil de propagations privilégié. L'anthropologue Adriana Dias, de l'université de Campinas Unicamp, a consacré une étude à ces sites et explique qu'il n'est pas facile d'y parvenir avec un moteur de recherche classique, ce qui complique la tâche des autorités. «On y arrive à travers des liens dans des sites en apparence très politiquement corrects de combat contre la pédophilie ou l'avortement, qui attribuent en fait ces pratiques à des Noirs ou des Juifs», précise-t-elle.
   
    La découverte de ces réseaux, qui restent très minoritaires, a choqué les Brésiliens, qui s'enorgueillissent d'un pays de mélange de «races» et de cohabitation pacifique de toutes les religions. Le fait que les militants néonazis prennent le Sud pour cible n'est pas un hasard. La région est marquée par la colonisation européenne, notamment allemande, et se vit comme plus développée, avec, dans le passé, des tentations séparatistes.
   
    C'est aussi cette région qu'avait choisie le médecin nazi Josef Mengele pour travailler. Selon un récent livre de l'historien argentin Jorge Camarasa, il serait responsable de l'anomalie sur laquelle les scientifiques se penchent depuis des années : la quantité de jumeaux dans la petite ville de Candido Godoi, dans le Rio Grande do Sul. Au sein de cette population de 6 600 personnes, une mère sur cinq donne naissance à des jumeaux, le plus souvent blonds aux yeux bleus, du fait de leur ascendance. La proportion normale est de un pour 80. Aucun chercheur n'a réussi à prouver que c'était le fait de manipulations génétiques de Mengele, mais sa présence dans le village dans les années 1960 continue d'entretenir le mystère."
   
    Un article de Lamia Oualalou.

Source : LE FIGARO (26 mai 2009)

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