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Actualité criminologie

    De Toulouse à Strasbourg, le verdict des chiffres
    France > délinquance, statistique
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 29 septembre 2008

    " À l'intérieur des régions, la situation, contrastée, reflète parfois des particularismes locaux. Mais la violence gratuite progresse partout.
   
    Malgré ses cités sensibles, comme celle du Mirail ou de Bagatelle, et ses troisièmes mi-temps parfois animées, Toulouse s'en sort beaucoup mieux que Marseille sur le plan des violences. L'année 2007 s'y est soldée par un tiers d'agressions en moins par habitant que dans la Cité phocéenne. Dans la patrie du rugby, on s'étonne de l'incroyable écart entre Castelnaudary et Castelsarrasin, presque trois fois moins violente que la «capitale mondiale du cassoulet». Mais un policier avance une explication : «À Castelnaudary, il y a le 4e régiment d'instruction et de formation de la Légion étrangère et une jeunesse en ville dont l'impétuo­sité vaut bien celle des candidats à la Légion.» En clair : c'est souvent la «castagne». En comparaison, Cahors, petite préfecture du Lot, et ses 75 agressions en un an, est un havre de paix.
   
    Nantes, la ville du socialiste Jean-Marc Ayrault, se fait plus sûre que le fief bordelais de l'ex-premier ministre UMP Alain Juppé. La capitale de Loire-Atlantique affiche un taux de violence inférieur à la moyenne nationale, tandis que celle de la Gironde et les douze communes périphériques qui composent sa circonscription de police, de Bègles à Pessac (pour un total de plus de 550 000 habitants), figure au palmarès des 50 agglomérations les plus exposées. Dans l'ancienne ville de Chaban, 60 % des agressions sont désormais des coups et blessures volontaires non motivés par le vol. Pour vivre en toute tranquillité sur la côte, c'est à Biarritz qu'il faut se rendre. Ou mieux, à Saint-Jean-de-Luz, le fief très bien gardé de l'actuel ministre de l'Intérieur.
   
    BRETAGNE
   
    À en croire les cartes que nous publions, le pays des chapeaux ronds ne se distingue ni en bien ni en mal. Fougères et sa forteresse qui résista a de nombreux assauts s'offre le luxe de figurer parmi les 50 villes les plus sûres de France. Mais c'est un tableau en trompe-l'œil car, à y regarder de plus près, en ex­trayant uniquement les chiffres de la violence non crapuleuse, c'est-à-dire principalement les coups et blessures volontaires, des villes de Bretagne et du Grand Ouest virent subitement au rouge, comme Di­nan, Alençon ou Brest. Avec, en toile de fond, les effets dévastateurs de l'alcoolisme. D'une ma­nière générale, à la lecture des résultats, il ressort que les villes portuaires sont davantage exposées à ce type de violences.
   
    NORD - PAS-DE-CALAIS
   
    La situa­tion est encore plus dégradée au Nord. Tel un ovni, la petite circonscription d'Auchel (Pas-de-Calais), 19 215 habitants, est la pre­mière ville de province à apparaître dans le classement. Avant Marseille et Paris, cet ancien fief minier cumule en effet un taux de violence de l'ordre de 12,67 pour 1 000. À l'image de la région, le secteur n'a pourtant rien d'un Far West, les faits les plus graves relevant du coup de couteau et les incivilités s'arrêtant à quelques insultes. Téléguidées par une surconsommation d'alcool, un dé­sœuvrement étroitement lié au taux de chômage et un habitat inadapté, les violences physiques gratuites observent une hausse générale, tandis que les agressions crapuleuses continuent de baisser. «La probabilité de se faire agresser dans la rue diminue, fait remarquer un responsable de la DDSP. En revanche, les conflits de voisinage et les violences intra­familiales constituent notre lot quotidien.» La principale diffi­culté des policiers est d'ailleurs bien là : devoir lutter contre une délinquance qui ne se montre pas, sinon dans la sphère privée.
   
    ALSACE - LORRAINE
   
    À l'Est, le paysage de la violence demeure plus contrasté. Strasbourg et Mulhouse surtout figurent en bien mauvaise place dans notre palmarès. La ville du socialiste Jean-Marie Bockel, aujourd'hui secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens Combattants, est, de toutes les communes de France de plus de 100 000 habitants, la plus exposée aux violences non crapuleuses, c'est-à-dire non motivées par le vol. Avec plus d'un millier de coups et blessures volontaires recensés dans cette agglomération en 2007, la police doit faire face, comme dans le Pas-de-Calais, à une violence sourde, intrafamiliale, révélatrice d'une crise sociale profonde. Mais un chef de police local le dit : «Ces chiffres qui montent sont aussi le signe que les forces de l'ordre, et donc la justice, prennent davantage en compte le phénomène.» Il poursuit : «Il ne faut pas avoir peur de la statistique. Aujourd'hui, nous n'hésitons pas à venir solliciter les épouses battues pour qu'elles déposent plaintes contre un mari violent.» Dans les petites circonscriptions de police d'Alsace et de Lorraine, l'ambiance est beaucoup plus calme, comme à Forbach ou Wittenheim, la deuxième ville la plus sûre de France après Marly-le-Roi, avec 40 agressions pour près de 30 000 habitants.
   
    CENTRE
   
    Comme il fallait s'y attendre, c'est dans des villes comme Moulins et Rodez, au cœur de l'Hexagone, que se concentrent les taux de violence les plus bas. La criminalité n'a jamais été bien spectaculaire dans la Creuse et ses départements frères. L'Auvergne affiche aussi une situation privilégiée, avec bien peu d'agressions.
   
    CORSE
   
    L'île de Beauté surprend davantage dans ce palmarès. Malgré les bombes et la sémantique guerrière des militants nationalistes du FLNC, elle se trouve épargnée par la violence du quotidien. Ajaccio figure dans les 20 villes les plus sûres de France. Bastia la suit de près. Un policier continental le dit : «Ici, les insulaires se montrent très attentifs à ce qui passe dans la rue, chez le voisin. Le moindre écart, lors d'une altercation, suscite une réprobation immédiate des témoins. Ce qui contribue grandement à apaiser le climat.» Un collègue renchérit : «Il faudrait s'inspirer de la Corse qui évolue, de ce point de vue, aux antipodes de ce qui passe dans nos cités et nos quartiers, où règnent l'anonymat et une certaine forme d'indifférence.» En Corse, même la violence nationaliste a tendance à reculer. Le nouveau préfet de Région, Christian Leyrit, s'attache à ses missions prioritaires : «La cohésion sociale et le rattrapage des déséquilibres.» Un travail de fond, en somme, sur les causes de la délinquance."
   
    Un article d'Anne-Charlotte De Langhe & Jean-Marc Leclerc.

Source : LE FIGARO (29 septembre 2008)

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