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Actualité criminologie

    Saint-Ouen-en-Brie, ville pilote de la lutte contre la délinquance pour l'ONU
    France > délinquance
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 16 février 2004

    " Le village de Saint-Ouen-en-Brie (700 habitants) est devenu, depuis ce week-end, un symbole pour l'Organisation des Nations unies, avec la signature d'une charte pour la non-violence, qui rend hommage, notamment, à l'action de la municipalité en matière de prévention de la petite délinquance. Et pourtant, la commune revient de loin. En avril 2003, le maire, excédé, comme de nombreux habitants par des actes d'incivilités et de petite délinquance, se fend d'une lettre explosive, menaçant de publier les noms des petits caïds qui sèment le trouble à Saint-Ouen et de porter plainte contre les parents, systématiquement. « L'exaspération des villageois était à son comble. Je craignais les dérapages. Il fallait trouver une solution choc », assure le maire ; Yannick Guillot. La missive aux mots crus fait mouche.
   
    « Nous avons trouvé l'initiative du maire intéressante, car elle a ramené la paix dans les esprits »
   
    « Cela a créé un choc auprès des parents. Non seulement ceux qui étaient directement concernés, mais aussi les autres, leur faisant prendre conscience des indispensables repères à donner aux jeunes », souligne une déléguée de parents d'élèves de l'école primaire. Depuis un an, Yannick Guillot a reçu des dizaines de lettres de maires de toute la France, lui demandant conseil sur la prévention de la délinquance. « Je ne peux que répondre que nous essayons de faire quelque chose avec les moyens du bord. En ce moment, nous préparons deux projets pour occuper les jeunes, la création d'un centre de loisirs et d'un local pour les ados. » Ce dynamisme allié à son coup de gueule a été remarqué par Albert Konnan-Koffi, président de l'Observatoire international pour la non-violence, département de l'ONU (Organisation des Nations unis) basée à New York. « Nous avons trouvé l'initiative du maire et son opération coup de poing intéressante, car elle a ramené la paix dans les esprits. Notre organisme travaille, pour l'instant, avec de nombreuses communes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. En cas de problèmes avec les jeunes, nous les incitons à proposer eux-mêmes des initiatives aux maires. Mais les adultes doivent aussi montrer qu'ils aiment les ados. Souvent, ces derniers se sentent méprisés, d'où leur agressivité. Nous avons trouvé intéressant de commencer à tisser un fil en Ile-de-France, via ce petit village. »
   
   
    « On est passé de l'enfer au calme ! »
   
    «Un an après la lettre ouverte du maire aux habitants, le calme est enfin revenu ! » Florence et Frédéric Croquefer sont heureux de la signature de la charte de non-violence. Car ils font partie de ceux qui ont souffert, ces dernières années, dans ce village pourtant d'aspect paisible au départ. « Nous avons déménagé en 1998 du Mée-sur-Seine, afin de respirer le grand air à la campagne, avec nos trois enfants. En deux ans, l'ambiance s'est très vite dégradée. Une vingtaine de jeunes, avec seulement trois meneurs, ont commencé à semer la pagaille dans le quartier : dérapages avec scooters ou voitures, sono à fond, concours de canettes de bière, crachats, insultes. Il y avait même de la drogue qui circulait. Très vite, la vie est devenue impossible. On ne dormait plus », raconte Frédéric. Au début, le villageois tente de privilégier le dialogue. En vain. « A un moment donné, si j'avais eu un fusil, cela aurait pu mal tourner. En 2002, la situation était insupportable. Avec une quinzaine d'habitants, nous avons organisé des patrouilles, pour mettre la pression sur les jeunes. Parallèlement, nous avons envoyé une lettre au préfet et à Nicolas Sarkozy. Heureusement, le 1 e r avril 2003, le maire a tapé du poing sur la table, en envoyant une lettre coup de gueule aux habitants. Du jour au lendemain, l'atmosphère a changé. Maintenant, on rentre du travail sans appréhension, la tension est retombée dans le village. » "
   
    Un article de Pascal Villebeuf.
   

Source : LE PARISIEN (16 février 2004)

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