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Actualité criminologie

    Les prisons pour mineurs vivent des débuts difficiles
    France > délinquance, prison, suicide
    Article posté par Isabelle Longuet le Mardi 12 février 2008

    " Le suicide d'un détenu de 16 ans dans l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu (Rhône) et une double évasion à Marseille mettent en cause ces tout nouveaux lieux spécialisés. Pour la première fois depuis 2004, un mineur s'est suicidé en prison. L'administration pénitentiaire a compté 72 tentatives en 2007.
   
    En visite à Meyzieu, samedi 9 février, la ministre de la justice, Rachida Dati, a réaffirmé que l'EPM était un "outil tout à fait adapté aux nouvelles formes de délinquance des mineurs". Sept EPM, accueillant chacun 60 adolescents répartis par unités de 10, avaient été programmés en 2002. Le concept, - "faire tourner la détention autour de la salle de classe" - a été mis au point en 2005.
    "C'est une prison d'un genre nouveau. Elle s'organise autour d'espaces qui apparaissent libres, où les jeunes sont pris en charge de 7 h 30 au soir, dans un temps de détention court de quelques semaines ou de quelques mois, explique Laurent Ridel, sous-directeur à l'administration pénitentiaire. Cela multiplie les zones de friction, les risques d'incidents. Quand on laisse un jeune s'abrutir devant la télévision ou une console de jeu toute la journée, cela pose moins de problèmes." Selon M. Ridel, "il ne faut surtout pas tirer des conclusions définitives. Nous avons fait le choix de la difficulté".
   
    Meyzieu est le premier établissement à avoir ouvert en juin 2007, pour un investissement de près de 13 millions d'euros. Cinq EPM sont ouverts, abritant 167 adolescents. Deux autres doivent être inaugurés d'ici à la fin de l'année, pour un total de 420 places. Parallèlement, une vingtaine de quartiers pour mineurs traditionnels ont été fermés. Au total, 751 délinquants de moins de 18 ans sont détenus.
   
    Les détracteurs du projet critiquent le coût de ce choix carcéral. Des grèves d'éducateurs ont émaillé les débuts de plusieurs établissements. Les EPM entendent cependant placer l'éducation au coeur de la prise en charge avec l'objectif de préparer la sortie et la réinsertion. "Je n'ai jamais connu un tel niveau d'encadrement dans les prisons, c'est une vraie amélioration par rapport aux quartiers pour mineurs", commente Régis Lemierre, du syndicat UNSA des éducateurs. L'administration pénitentiaire travaille aux côtés de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), de professeurs de l'éducation nationale et de personnel médical. Les EPM comptent en moyenne un éducateur pour deux surveillants.
   
    Mais la collaboration n'est pas toujours évidente. Les syndicats de surveillants dénoncent un manque de personnel et un problème de formation. "C'était un beau projet sur le papier mais l'administration ne s'est pas donné les moyens, il fallait un personnel plus important", estime Paul Adjej, secrétaire général de la CGT pénitentiaire en région Paca-Corse. De leur côté, les éducateurs craignent la confusion des missions. "C'est une prison qui fonctionne comme un foyer, donc c'est compliqué, analyse un éducateur de Meyzieu. C'est difficile de jongler entre priorités sécuritaires de la pénitentiaire et nos impératifs éducatifs." Pour un autre membre de la PJJ, il demeure "un choc des cultures", qui s'exacerbe dans les situations de violence.
   
    Les difficultés sont apparues dès le départ à Meyzieu. Huit jours après l'arrivée des premiers jeunes, un repas collectif a dégénéré en bagarre et les locaux ont été saccagés. "Les équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) ont dû intervenir", explique Lionel Perrin, de l'Observatoire international des prisons. Pour Alain Dru, secrétaire général de la CGT-PJJ, "dans les quartiers pour mineurs, si ça dérape, on enferme chaque jeune dans sa cellule et les personnels peuvent intervenir vite. En EPM, les surveillants et les éducateurs sont en permanence avec leur unité de vie et il est plus difficile d'intervenir s'il y a un problème ailleurs".
   
    "Ces établissements constituent un réel progrès", défend le directeur de la PJJ, Philippe-Pierre Cabourdin, en soulignant que les mineurs sortis de Meyzieu sont suivis par des éducateurs. "Pour autant, on ne peut pas dire que tout soit calé, reconnaît-il. L'emploi du temps est parfois trop important, pas adapté pour ceux qui ne peuvent consacrer autant de temps à la vie en collectivité. On les laisse plus de temps seuls dans leur cellule. Et la difficulté est de faire travailler ensemble cinq corps différents : administration pénitentiaire, PJJ, magistrats, éducation nationale, personnel soignant." "
   
    Françoise Marmouyet et Alain Salles

Source : LE MONDE 13 février 2008

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