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Actualité criminologie

    La lapidation de Ghofrane aux assises
    France > meurtre, délinquance, alcoolisme, drogue, vol, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mercredi 11 avril 2007

    " Deux jeunes, mineurs en 2004, sont accusés du meurtre de la jeune femme, à Marseille.
   
    Trente impacts de coups sans doute donnés à l'aide de pierres sur la boîte crânienne, qui a fini éclatée : Ghofrane Haddaoui, 23 ans, est morte le 18 octobre 2004, dans un terrain vague, près du centre commercial Grand Littoral à Marseille, pour une raison que l'enquête a eu du mal à saisir. Depuis hier, trois jeunes hommes âgés de 19 et 20 ans comparaissent devant la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône. Deux sont accusés du meurtre, le troisième, libre, de non-dénonciation de crime. Comme ils étaient mineurs au moment des faits, le procès se déroule à huis clos. Avant l'ouverture de l'audience, hier, l'avocat du principal accusé, T., qui niait jusqu'ici, a indiqué qu'il allait reconnaître les faits : «Il y a chez lui une volonté de prendre ses responsabilités», a expliqué Me Jean Boudot. Les deux accusés de meurtre risquent trente ans de réclusion criminelle si l'excuse de minorité est retirée par le jury, quinze ans si l'excuse est retenue.
   
    Vols aggravés
   
    Au moment des faits, T. était à deux semaines de ses 18 ans. Né à Marseille d'un père décrit comme violent et d'une mère handicapée, T. venait d'être exclu pour indiscipline, en octobre 2004, du lycée où il suivait une formation «enseignes signalétiques». On lui avait déjà reproché des faits de vols aggravés, dont un vol de téléphone portable en juin 2004, mais son casier ne comporte aucune condamnation. Après le meurtre, la police a facilement retrouvé sa trace : il avait mis sa puce dans le portable récupéré sur la jeune fille pour téléphoner, ce qui a permis de l'identifier.
    Arrêté, T. a reconnu les faits. Et donné son explication : ce soir-là, Ghofrane, qu'il connaissait depuis six mois et avec qui il aurait déjà flirté, sans plus, l'a suivi du centre de Marseille jusqu'à sa cité du Plan-d'Aou, mais a changé d'avis sur le chemin, se refusant à lui. Décrite par sa plus proche amie comme «dépressive, naïve et influençable», selon l'ordonnance de mise en accusation du juge d'instruction, Ghofrane, qui effectuait des stages de vente en prêt-à-porter après avoir fait des ménages, était fiancée à un autre. «Fou de rage», «trahi», T., sous l'influence de l'alcool et du cannabis, a tué la jolie jeune femme à coups de pierre. Il s'en est vanté ensuite, et la rumeur de son acte courait dans sa cité, arrivant aux oreilles de sa mère.
   
    «Gogo la Puce»
   
    Cette version a semblé un peu courte à Monia Haddaoui, 44 ans, la mère de la victime. Persuadée, devant tant de férocité et d'acharnement, que sa fille qu'elle surnommait «Gogo la Puce» a été «lapidée» en groupe (1), Monia a mené son enquête avec des proches et organisé trois marches dans Marseille. L'ex-patronne de bar, mère divorcée de six enfants, a découvert que T. était, ce soir-là, accompagné de deux autres mineurs, dont F., alors âgé de 16 ans. La police n'a pas eu de mal à le trouver : F. était incarcéré pour un vol à main armée commis après le meurtre.
    Dix fois condamné, notamment à des peines de prison ferme pour vols et violences aggravés, F., qui a arrêté sa scolarité en sixième, est connu de la justice des mineurs pour 28 infractions. Né de père inconnu, élevé par un beau-père légionnaire, placé en foyer puis en famille d'accueil, il était suivi par un juge des enfants depuis ses 8 ans. Son rôle éventuel n'est pas clair. F. a d'abord nié toute participation, puis reconnu avoir assisté au meurtre, sans y participer. Pour lui, le mobile était le vol du téléphone. Selon une mineure entendue par la police, T. et F. ont roué Ghofrane de coups, avant que T. la frappe avec de gros cailloux. Le troisième mineur, A., alors âgé de 17 ans et connu pour des vols en réunion, aurait été informé des faits a posteriori, s'abstenant de les dénoncer.
   
    Coauteurs
   
    Après ses aveux, T. s'est rétracté, a accusé F. des faits. Au terme de l'instruction, le duo se rejetait la responsabilité. Pour le juge d'instruction, ils sont coauteurs de l'homicide. Depuis hier matin, T., cheveux longs, habillé de noir et F., cheveux courts, habillé de blanc, se retrouvent côte à côte, dans le box des accusés. Verdict prévu vendredi."
   
    Un article de Michel Henry.
   
    (1) Ils ont lapidé Ghofrane, de Monia Haddaoui avec Anne Bécart (Editions des Femmes-Antoinette Fouque), 154 pp., 9 €.

Source : LIBERATION (11 avril 2007)

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     Le meurtre de Ghofrane, tuée à coups de pierre, aux assises


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    Re : La lapidation de Ghofrane aux assises
    Commentaire posté par clyde le Mercredi 11 avril 2007
    S'emparer du portable ne nécessitait pas un tel déploiment de violence, de cruauté, ces jeunes ont trouvés là, une fois de plus, l'occasion de manifester toute la haine, la rage et la férocité qui les habitaient depuis longtemps déjà, leur parcours en dit long, ces jeunes sont malheureusement pétris de violence ils naissent et grandissent dedans la moindre partie de leur ètre en est imprégnée.
   
    La violence n'est pourtant pas une fatalité, elle ne tombe pas sur tel ou tel autre comme une loterie, ou un coup du sort, elle se transmet encore moins par les gènes comme une maladie, ce genre de haine s'apprend et se développe depuis la naissance.
    Les milliers de personnes qui ont suivis ghandi dans les rues mettant en pratique la non violence ne possédaient pasles "gènes de la paix", ainsi que tous ceux qui ont participés au génocide horrible du Ruanda ne possédaient pas "les gènes du meurtre" ou "de la cruauté", pas plus que tous ceux qui ont appliqués les ordres d'Hitler en exterminant de manière atroce des milliers de personne. Les gènes envahiraient arbitrairement certaines populations à certain moment? Non la cruauté et l'obeissance aveugle a des tyran s'apprend depuis les premières secondes de la vie, on ne nait pas avec les gènes qui permettent de devenir un kamikaze on apprend ça depuis tout petit en grandissant dans la haine de l'autre, dans la violence.
    Il n'y a pas de secret frappé un enfant et il enregistrera le geste de frapper, humilier un enfant et il apprendra l'humiliation, cet aussi simple que déroutant.


    Re : La lapidation de Ghofrane aux assises
    Commentaire posté par clyde le Jeudi 12 avril 2007
    je voulais dire "C'est aussi simple que déroutant"


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