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Actualité criminologie

    Le téléphone portable, l'arme fatale des ados
    France > internet, coups & blessures, drogue, délinquance
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 19 février 2007

    " 80% des 12-17 ans utilisent un mobile. Pour communiquer entre eux et avec leurs parents, mais aussi pour se défouler contre leurs camarades et professeurs.
   
    Les nouvelles technologies ont changé les règles des jeux d'enfants. Aujourd'hui, les 12-17 sont presque aussi équipés que leurs parents : 80 % d'entre eux utiliseraient un téléphone mobile, selon une enquête de l'Observatoire sociétal du téléphone mobile et TNS Sofres d'août 2006. Un pourcentage qui grimpe à 89 % pour les plus âgés d'entre eux, les 15-17 ans.
   
    Mais s'en servent-ils comme les adultes ? À l'évidence, non. Quelque 61 % des 12 à 17 ans l'utilisent pour envoyer des photos et des vidéos contre 40 % des 40-59 ans. Et 23 % d'entre eux consultent des sites Internet sur leur mobile. Quant au SMS, il fait quasiment l'unanimité ( 96 %).
   
    Accoutumés au portable dès leur plus jeune âge, les enfants et adolescents en exploitent donc toutes les fonctions. Pour le meilleur comme pour le pire... Une de ses dérives les plus connues ? Le « happy slapping », qui consiste à filmer une agression avec un téléphone mobile, et à la diffuser de portable à portable ou sur Internet. Une vingtaine d'affaires de « happy slapping » seraient en cours d'instruction, la moitié concernant des mineurs. « Il ne fallait pas attendre la montée en puissance du phénomène avec la multiplication des téléphones portables pour agir », déclare le sénateur UMP Jean-René Lecerf, auteur de l'amendement anti-happy slapping tout juste voté dans le projet de loi sur la prévention de la délinquance. Il prévoit l'incrimination de celui qui filme ou diffuse un acte de violence pour complicité.
   
    Usage limité en cours
   
    À l'école, le portable peut aussi devenir une arme de chahut en cours et un outil de pression contre les professeurs. Le député UMP Nathalie Kosciusko-Morizet milite depuis deux ans pour l'interdiction des portables à l'école et au collège. Jusqu'à présent, elle n'a pas pu obtenir une circulaire de l'Éducation nationale en ce sens. À la rentrée, face à l'ampleur du phénomène, le ministère a tout de même incité les établissements à inscrire dans leur règlement intérieur une limitation de l'usage des portables. Ce qui est déjà le cas dans de nombreux lycées et collèges. « C'est une avancée, reconnaît-elle. Mais le portable est tellement passé dans les moeurs que la plupart des chefs d'établissement considèrent qu'ils n'ont pas la légitimité pour en interdire l'usage. »
   
    Dans les faits, l'interdiction serait difficile à faire respecter, admet-on au ministère. D'autant qu'elle pourrait déclencher la colère des parents. « Nombre d'entre eux achètent un portable à leur enfant pour garder un lien avec lui, souligne Faride Hamama, président de la FCPE. Pour se rassurer quand il entre au collège. » Et la plupart ont du mal à résister aux exigences de leurs enfants. Quitte à se retrouver, comme cette mère d'un élève de 3e, avec une facture à payer de plus de 3 000 euros !
   
    Jeux dangereux, images obscènes et violence filmée font craquer les profs
   
    Des mobiles de plus en plus sophistiqués envahissent les collèges et les lycées. Vidéos pirates et blogs douteux font rage.
   
    Nom de code : toréador. À proximité d'un grand lycée de Rochefort-sur-Mer, en Charente-Maritime, la voie de TGV a donné aux élèves de l'établissement l'idée d'un jeu aussi dangereux que stupide. Un jeune se place au milieu des rails et un camarade le filme grâce à un téléphone portable à l'approche d'un TGV. Le défi absurde que se lancent ces adolescents est de quitter la voie ferrée le plus tard possible. « Un élève est mort en début d'année scolaire. C'est la SNCF qui a averti le proviseur de cette pratique », soupire Véronique Le Divellec, une enseignante du lycée, pour qui « le téléphone portable à l'école est un véritable fléau » .
   
    Extrême et atroce, cette utilisation du téléphone portable fait partie des multitples dérives que déplorent aujourd'hui les enseignants et les chefs d'établissement. Tous s'accordent à dire qu'avec les portables de nouvelle génération, on est passé à la vitesse supérieure. « Un usage détourné des téléphones portables nous est signalé de manière relativement fréquente », confirme-t-on à l'Éducation nationale, évoquant principalement « des scènes filmées de violence ou à connotations sexuelles filmées puis diffusées sur Internet ».
   
    Sans compter que le téléphone portable que détiennent souvent les trois quarts des élèves d'une classe dès la 6e est toujours utilisé pour s'envoyer des SMS et s'appeler, y compris en cours. « Cela continue de perturber les cours, mais c'est moins fréquent qu'au début du portable », constate un enseignant. D'autant que les plus rusés ont trouvé le truc. Une sonnerie appelée Mosquitone très désagréable, mais inaudible par certaines oreilles à partir d'un certain âge. Pas toujours efficace à 100 % car certains « vieux » - au-dessus de 25 ans - l'entendent. Il n'empêche : « La tentation d'utiliser le portable en cours peut accélérer le décrochage d'un élève déjà en difficulté qui se réfugie dans ses textos pendant les cours », a observé Frantz Vor der Brugge, professeur à Paris.
   
    Proies plus faciles
   
    Mais ce sont surtout les photos et les films que dénoncent les enseignants. « Le grand jeu, c'est de pousser à bout un enseignant, de le filmer en train de craquer et ensuite de diffuser le film sur un blog ou de le montrer au proviseur, raconte Véronique Le Divellec. Du coup, on est toujours sur nos gardes. »
   
    L'image de l'enseignant est ainsi mise à mal au travers de blogs, mais également l'image de certains élèves qui se retrouvent sur les blogs avec des commentaires violents. « Une élève a fait une dépression car son petit ami avait fait circuler dans tout l'établissement une image d'elle dénudée », déplore une enseignante. Au lycée Benjamin-Franklin d'Orléans, un blog de lycéens contient ainsi de nombreuses photos prises en salle de classe. L'une d'elles montre un lycéen, au premier rang, pantalon baissé jusqu'aux genoux sous les yeux de sa prof de français...
   
    Enseignante à Tours, Rachel Marquer, raconte que « même si le règlement intérieur précise que le portable doit être éteint dans l'établissement, les images d'élèves circulent, y compris pendant les cours ».
   
    Plus graves, les scènes de violence filmée, appelées happy slapping (littéralement «joyeuses baffes»), ne sont pas rares. Véhiculant la violence, le téléphone portable est souvent dénoncé comme un accessoire des jeux dangereux qui se déroulent dans les cours de récréation. Magali Duwels, présidente de l'association SOS Benjamin qui lutte contre les violences à l'école, évoque plus de 208 décès d'enfants depuis la création de l'association en 1998 à la suite de jeux dangereux. Parmi eux, le jeu de l'anniversaire, qui consiste à rouer de coups et à filmer pendant toute la journée un camarade d'école le jour de son anniversaire... « Un jeune s'est retrouvé la semaine dernière dans le coma dans le Rhône à la suite d'une telle persécution », raconte-t-elle.
   
    Selon Nathalie Kosciusko­Morizet, le happy slapping concerne en priorité les collèges les plus favorisés où le taux d'équipement est le plus élevé.
   
    Avec des portables allumés dans les lycées et collèges, les élèves deviennent aussi des proies plus faciles pour les trafiquants de drogue. « Nous nous sommes rendu compte que certains élèves recevaient des appels sur leur portable pour donner des rendez-vous ou indiquer des caches de drogue », raconte une prof.
   
    Par ailleurs, la généralisation des portables, de technologie de plus en plus perfectionnée, entraîne une multiplication des rackets. Un phénomène devenu monnaie courante. « L'an dernier, l'un des élèves de 4e avait carrément créé un réseau de racket de portables qui a duré plusieurs mois », rapporte un enseignant parisien."
   
    Un article d'Agnès Leclair & Aude Sérès.

Source : LE FIGARO (18 février 2007)

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    Re : Le téléphone portable, l'arme fatale des ados
    Commentaire posté par FREDI le Mardi 20 février 2007
    Beaucoup de textes, de rapports concernant ces tél portables de la 3ème génération. Et des mesures concrètes? Par exemple, une pétition ou une action de force destinée aux fabricants de ces tél. afin qu'ils produisent des tél. sans toue cette technologie et réservés aux enfants/ados.
    Bien sûr, le design doit être attrayant, mais un tél. doit rester un tél. surtout à l'heure actuelle où bien des parents n'ont plus le temps ou le courage d'éduquer leurs enfants pour l'utilisaton prudente et civile des moyens modernes de communication. D'ailleurs, pour beaucoup, le pourraient-ils?
    Alors, à l'école de le faire? Beaucoup de parents se plaignent déjà de l'illétrisme des jeunes et revendiquent des heures d'enseigement et non d'éducation (souvent les mêmes parents qui n'ont plus le temps/courage!)
    Ou faudra-t-il trouver de nouvelles structures éducatives, intermédiaires entre la maison et l'école?
    Moi qui enseigne à des ados, je suis 100% pour l'équipement d'un téléphone mobile dès que l'enfant quitte sa commune de domicile pour se rendre à l'école, à ses répétitins/entrainements. Mais pas n'importe comment, avec des règles, des limitesclaires de ce qui peut être fait etne pas l'être.




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