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Actualité criminologie

    Le trafic d'organes humains se porte bien en Bosnie
    Europe centrale & de l'Est > trafic d'êtres humains & d'organes, mafia & organisation criminelle
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Jeudi 25 janvier 2007

    « Vends rein à moitié prix : 25 000 euros. Possibilité de paiement en trois fois. » En Bosnie-Herzégovine, comme dans le reste des Balkans, il n’est pas rare de tomber sur des annonces de ce type. Le commerce des organes est devenu un business lucratif pour les trafiquants et une solution financière pour les plus démunis. Enquête sur le commerce du désespoir.
   
    Dans les rubriques « Petites annonces » des quotidiens ou des sites Internet, on peut trouver toutes sortes de vendeurs et toutes sortes de choses à vendre. Dans les Balkans, certaines annonces peuvent être stupéfiantes : « Vends rein à moitié prix : 25 000 euros. Possibilité de paiement en trois fois. »
   
    Sur les pages en ligne de certains sites bosniaques, serbes ou croates, nous pouvons facilement trouver ce genre d’annonces, ainsi qu’une longue liste de personnes prêtes à vendre leur rein. Il s’agit presque toujours d’hommes, et toujours désespérés : anciens combattants, chômeurs, pères ou maris cherchant à faire vivre leur famille.
   
    En Bosnie, l’on trouve également diverses annonces de ce type. Par exemple, pendant plusieurs mois, sur le journal « Prezent » de Cazin (près de Bihac), est parue l’annonce d’un jeune homme vendant son rein pour 40 000 euros. Il y a aussi le vétéran de guerre Dzemo Avdic qui, afin de payer des factures d’un montant de 3000 euros, a mis en vente son rein. Voici les exemples d’annonces que nous pouvons trouver : « Cède rein contre compensation, groupe sanguin AB, faite passer autour de vous. Que Dieu me pardonne. » ; ou encore : « Prêt à céder un rein contre compensation à un malade en très mauvaise condition. Groupe sanguin O+. Salut. »
   
    Le commerce d’organes en Bosnie Herzégovine est illégal, et donc considéré comme un crime. La loi n’autorise le don d’organe qu’entre parents. Selon les experts, le vol d’organes n’existe pas dans la région tout simplement parce qu’il existe peu d’équipe médicale en mesure d’effectuer une transplantation. Ainsi, il est presque impossible de le faire incognito.
   
    Par ailleurs, il existe des réseaux internationaux qui promettent ce genre de choses : « choisissez le corps d’un jeune garçon ou d’une jeune fille d’Europe de l’Est et nous vous offrirons la vie ! Pour 499 000 livres sterling, nous pouvons transférer votre cerveau dans un corps que vous aurez choisi ! »
   
    Ce qui arrive souvent, c’est que l’attente d’un donneur soit très longue. Le malade en arrive quelque fois à vouloir trouver une solution plus rapide. La chose la plus simple, dans ces cas là, est de se faire faire une transplantation illégale en Inde. Mais en Bosnie ? Est-il possible que dans les hôpitaux, un médecin vous enlève un rein contre votre gré ? Cela semble en effet possible.
   
    L’an dernier, Interpol BiH a justement conduit une enquête, en collaboration avec la Police européenne, sur ce commerce illégal d’organes. Les inspecteurs de la SIPA (State Intelligence Protection Agency - Agence nationale de protection du renseignement) ont débuté leur enquête par l’examen d’un cas relevé à l’hôpital de Bihac dans lequel, en 2004, une jeune fille de Velika Kladusa s’est fait enlever un rein complètement sain.
   
    Il s’agit de Jasmina Barjaktarevic, 23 ans. Elle fut hospitalisée à Bihac pour quelques complications de santé et on lui dit qu’on lui avait enlevé un rein. Mais la jeune fille reste convaincue que son rein était tout à fait sain. De plus, Jasmina Barjaktarevic n’a jamais reçu aucun document, aucuns résultats d’analyses concernant l’opération. On n’a toujours pas réussi à prouver que le rein de la jeune fille était sain avant d’être enlevé. Un autre élément qui semble avoir contribué à toute cette confusion, est le fait que la jeune fille soit arrivée à l’hôpital avec un carnet de santé qui n’était pas le sien, mais celui d’une amie. Ainsi, aucun document, aucune confirmation de l’opération, mais le rein de la jeune fille a pourtant bien disparu.
   
    Boris Grubecic, le porte parole du procureur d’état, a confirmé qu’une enquête était bel et bien en cours sur le cas de l’hôpital de Bihac. Pourtant, il n’y a toujours eu aucun procès.
   
    Cette enquête a fait ressortir une histoire qui, jusqu’à maintenant, avait été presque oubliée. De 1994 à 1998, dans la région située entre Modrica et Doboj, en République serbe, 13 jeunes filles ont disparues. L’une d’elle est pourtant rentrée chez elle : on lui avait enlevé un rein, la rate ainsi qu’un autre organe.
   
    En somme, il y a d’un côté ceux qui attendent le rein qui leur sauvera la vie, et de l’autre, ceux qui attendent de vendre leur rein pour pouvoir manger. Et au milieu, désormais, il y a ceux qui craignent d’aller à l’hôpital. "
    Un article de Dari Terzic.

Source : LE COURRIER DES BALKANS (25 janvier 2007)

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