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Actualité criminologie

    Les actes de cannibalisme se multiplient au Congo
    Afrique > cannibalisme
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Samedi 31 janvier 2004

    “ Les allégations de cannibalisme, viols et pillages au nord-est de la RDC se confirment. La mission d'enquête de la Monuc livre un rapport préliminaire accablant pour les rebelles du MLC de Jean-Pierre Bemba.
   
    Viols en série et en bandes, pillages systématiques, cas de cannibalisme... Le rapport préliminaire de la mission d'enquête de la Monuc confirme les allégations de graves atteintes aux droits de l'Homme par les troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC) et du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N) dans la région de Beni, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). L'équipe d'enquêteurs de la Monuc, sur place depuis le 31 décembre 2002, a déjà interrogé 368 personnes, victimes ou témoins, dans les villages de Mangina et Oicha qui abritent plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées.
   
    Le nombre de victimes n'a pas encore été déterminé lors de l'occupation de Mambasa par les rebelles entre les 12 et 29 octobre 2002, à leur retour dans la ville le 29 novembre et pendant leur avancée vers Beni. Mais 117 cas d'exécution sommaire ont déjà été répertoriés, 65 cas de viols, dont des viols d'enfants, 82 cas de disparition forcée (les femmes étant enlevées pour usage sexuel et les hommes pour porter le butin du pillage) et au moins 27 cas de torture. Des victimes d'exécutions arbitraires ont été mutilées, ont subi des prélèvements d'organes et cannibalisés, précise le rapport.
   
    Cinq rebelles arrêtés
   
    Suite à ces premiers éléments d'enquête, Jean-Pierre Bemba, le chef du principal mouvement rebelle visé, le MLC, a déclaré avoir arrêté cinq combattants soupçonnés d'avoir perpétré des atteintes graves aux droits de l'Homme dans ce district de l'Ituri. " Les hommes que nous avons arrêtés sont accusés d'avoir commis des viols, des vols et d'autres crimes. Notre propre enquête n'a toutefois produit aucune preuve relative aux accusations de cannibalisme ", affirme Jean-Pierre Bemba, interrogé par Irin, l'agence de presse onusienne. L'archevêque de Butembo avait révélé en décembre dernier que les rebelles du MLC " mangeaient et forçaient leurs prisonniers à manger certains organes des morts, surtout ceux des pygmés. "
   
    Un article d’Olivia Marsaud.
   
   
    Anthropophagie et cannibalisme à Mambasa : le rapport des Nations Unies accuse les rebelles du Mouvement de Libération du Congo. Son chef, Jean-Pierre Bemba promet de sévir tandis que le gouvernement de Kinshasa demande la constitution d'un tribunal pénal international pour juger ces crimes de guerre.
   
    Les Pygmées de la forêt de l'Ituri (RDC, République démocratique du Congo) n'ont visiblement jamais connu cela de leur vie. Tueries à grande échelle, pillages systématiques des commerces et des maisons, enlèvements, viols et surtout : cannibalisme. Tout cela a été confirmé par une équipe de la Monuc (Mission d'Observation des Nations Unies au Congo) de retour de Mambasa, Komanda, Beni et Oïcha. L'horreur est à son comble.
   
    Jean-Pierre Bemba, le leader du Mouvement de Libération du Congo, dont les troupes sont fortement impliquées dans ces atrocités, a implicitement reconnu les faits, jeudi 16 janvier 2003, dans une interview qu'il a accordée à " Radio Elikya ", une radio privée catholique émettant à Kinshasa. " En tant que responsable d'un mouvement politico-militaire qui a lutté pour la libération du peuple congolais, je ne peux pas tolérer que des actes de barbarie soient perpétrés sur les populations, a-t-il déclaré. Les soldats coupables de ces crimes et actes barbares seront jugés conformément à ce code de conduite dans la plus grande équité ".
   
    Crimes de guerre
   
    Pour la première fois, Jean-Pierre Bemba reconnaît la gravité des actes à charge de ses troupes alors qu'il se disait victime d'un complot politique ourdi contre sa personne par le gouvernement de Kinshasa. Un lieutenant personnellement cité dans ces tueries se trouverait déjà à Gbadolite, le quartier général du MLC, pour répondre de ses actes devant une Cour militaire dans les semaines qui suivent, selon Jean-Pierre Bemba.
   
    Pour le gouvernement de Kinshasa, c'est bien sûr l'aubaine. L'opportunité à ne surtout pas rater. Non seulement, il dénonce " des crimes de guerre " à l'encontre du MLC de Jean-Pierre Bemba et du RCD National (Rassemblement Congolais pour la Démocratie)
    de Roger Lumbala mais, bien plus, il adresse une plainte auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant la constitution d'un tribunal pénal international pour juger ces crimes de guerre. " Nous ne pouvons pas comprendre qu'au troisième millénaire, des Congolais puissent se nourrir de la chair d'autres Congolais ou obliger des Congolais à
    manger des organes des membres de leurs familles, a déclaré Léonard She Okitundu, le ministre des Affaires Etrangères. Ce qui s'est passé à Mambasa est tout simplement d'un autre siècle ".
   
    Débats à Kinshasa
   
    La plainte du gouvernement de Kinshasa ne pouvait pas mieux tomber. Elle est arrivée à New-York pratiquement au même moment où le Conseil de Sécurité prenait connaissance du rapport de la Monuc (Mission d'Observation des Nations Unies au Congo) sur la situation humanitaire dans l'Ituri et le Nord-Kivu. Le gouvernement de Kinshasa a donc toutes les chances d'être entendu car le Conseil de Sécurité vient de citer nommément Jean-Pierre Bemba comme responsable des atrocités qui se déroulent dans l'Ituri.
   
    Bien entendu, ces nouvelles sur les pratiques anthropophages des troupes rebelles animent les débats à Kinshasa et ternissent gravement le nom et l'image de Jean-Pierre Bemba, pressenti pour le poste de vice-président de la République pour le compte du MLC pendant la période de transition. La question est de savoir comment, en dépit de tout cela, le maintenir à ce poste de responsabilité ou comment le remplacer dans la mesure où le MLC ne pense pas le désavouer. Le mouvement continue à considérer tout ce qui se passe comme " une ignoble opération de déstabilisation de son leader ". “
   
    Un article de Kambale Juakali.

Source : ALL AFRIKA.COM (31 janvier 2004)

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