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Actualité criminologie

    Des bandes très violentes agissent à Paris
    France > délinquance, coups & blessures, vol, alcoolisme, police
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mercredi 3 janvier 2007

    " A Paris, la violence est souvent le fait de groupes organisés. Ils opèrent sans scrupules pour des butins dérisoires.
   
    « J'ai croisé un couple dans un bar branché du quartier Oberkampf. La fille était une brune plutôt jolie. Lui, le crâne rasé, était souriant. Nous avons sympathisé, pris une vodka avant qu'ils me proposent un tour en voiture pour prendre un dernier verre ailleurs. Puis, j'ai eu un trou noir jusqu'à ce que je me rende compte que plusieurs gars m'extirpent soudain de l'habitacle pour me rouer de coups de pied et de poing... » Le visage tuméfié, les yeux bleuis par d'énormes ecchymoses, un genou brisé, Didier peine à trouver les mots pour décrire les circonstances de son passage à tabac. La mémoire de ce cadre trentenaire s'est évanouie : il a été drogué à l'aide d'opiacés. « Agression d'une sauvagerie classique », diagnostique, fataliste, un officier de police judiciaire.
   
    Depuis le début de l'année 2006, à l'image de Didier, pas moins de 1 100 personnes ont déposé une plainte pour violences physiques dans le seul XIe arrondissement. Près de 450 victimes ont été agressées gratuitement, soit 17 % de plus que l'année précédente. Les 650 autres ont été frappées avant d'être dépouillées par des bandes. « Le XIe arrondissement, le plus dense de Paris, abrite à lui seul près de 1 500 établissements de licence IV, explique le commissaire central Jean-Loup Chaluleau, flic de terrain et ceinture noire de judo. L'alcool y fait des ravages dès le jeudi soir. Beaucoup d'interpellés passent en cellule de dégrisement avant d'être traités judiciairement. Ici, la violence représente près d'un tiers des faits constatés. »
   
    Le phénomène a pris une ampleur telle que les spécialistes du groupe de recherche et d'investigation (GRI) ont été mobilisés, mettant entre parenthèses la lutte contre les trafics de drogue. Une cartographie informatisée a mis en évidence, jour après jour, l'évolution des agressions rue par rue. Un guide des bonnes questions à poser aux victimes a été ­diffusé aux 400 policiers qui patrouillent dans l'arrondissement. À la veille de l'été, les effectifs locaux de la police urbaine de proximité (PUP) avaient démantelé un gang de jeunes voyous ayant accumulé dix-sept agressions ultraviolentes dans un périmètre d'un kilomètre carré environnant les quartiers de ­Parmentier et de la Forge-Royale. ­Depuis octobre, une nouvelle vague de 35 faits barbares, commis dans des halls d'immeuble, ont été recensés.
   
    Un taux d'élucidation de 48,17%
   
    La lecture des notes internes de la police est éloquente. Au gré des circonstances, les auteurs, au nombre de trois à sept inconnus en capuche, issus de l'immigration, âgés de 14 à 16 ans et mesurant parfois 1,90 mètre, « saisissent la tête de la victime et lui portent des coups de genoux », « l'attrapent par les cheveux puis la frappent », « la prennent à la gorge pour l'étrangler avec le bras». Les victimes, des deux sexes, ont entre 15 et 75 ans. « Si ­elles obtempèrent sans mot dire, ­elles ne reçoivent parfois qu'une claque, explique le commissaire Chaluleau. Parfois, la bande continue à distribuer des volées de coups même lorsque le vol a déjà été commis...»
   
    Les agresseurs sévissent à mains nues, brandissant parfois un couteau ou un cutter. Le butin, souvent misérable, se résume à un télé­phone portable, un iPod ou encore une carte de crédit. « Les vols avec violences figurent parmi les infractions les plus délicates à élucider, concède le lieutenant Olivier Barge, chef de l'unité de recherche et d'investigation antidélinquance (Uriad). Par définition, les victimes qui se font voler leur portable ne peuvent pas nous appeler pour donner l'alerte. Par ailleurs, les attaques, commises de façon aléatoire derrière une porte cochère, compliquent les tentatives de flagrants délits. » Enfin, les plaignants sont tellement choqués qu'ils fournissent des descriptions confuses de leurs agresseurs. Ces derniers ont agi en une trentaine de secondes avant de disparaître dans une bouche de métro. « Autant retrouver un courant d'air », déplore un policier. Il n'en demeure pas moins que la lutte contre la délinquance violente, érigée au premier rang des priorités, s'est traduite par un taux d'élucidation de 48,17 % dans le XIe arrondissement. « Nous allons employer tous les moyens pour endiguer ce fléau », insiste le commissaire central. Récemment, une mère de famille a été plaquée au sol par deux inconnus. Sa tête a heurté l'arrête d'un trottoir. Prise de vomissements, présentant un hématome au cerveau, elle a été trépanée in extremis à l'hôpital Saint-Antoine. À 27 ans, elle a failli perdre la vie pour 30 euros."
   
    Un article de Christophe Cornevin.

Source : LE FIGARO 3 janvier 2007

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