"; ";
  Accueil     Librairie     Polars     Thrillers     Criminologie     S. Bourgoin     Infos     Liens  

_

Identification :      [inscription]

Actualité criminologie

    Un tueur en série nécrophile arrêté au Sénégal
    Afrique > serial killer, viol, nécrophilie, vol
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 21 novembre 2006

    " Arrêté pour un vol, Youssouf s'est débondé comme un robinet trop longtemps fermé. Le récit de ses crimes jaillit en jet ininterrompu
   
    Dans sa parution du 21 septembre 2001, notre confrère Kabako affichait en Une : "Un cadavre de tous les litiges". Le titre accompagnait la photo d'une jeune femme assassinée et abandonnée près d'un tas d'ordures à Badalabougou Sema. Le corps pouvait en effet être classé au chapitre de "tous les litiges" puisque personne n'avait pu l'identifier. Les enquêtes menées à l'époque par le commissariat du 4è Arrondissement n'avaient rien donné. Tout le monde se perdait en conjectures. Le corps de la pauvre femme avait été remis au service des pompes funèbres de la voirie municipale de Bamako pour être enterré.
    Depuis lors, on n'en parlait plus ou presque plus. Ceux qui ont vu le cadavre, ont effacé de leur esprit la découverte macabre. Pourtant un "détail" sinistre signalé par le médecin légiste aurait du l'y maintenir : la femme, à l'évidence, avait été violée après sa mort.
    Cette horrible affaire vient de rebondir. Un homme arrêté par le commissariat du 3è Arrondissement a avoué être l'auteur de cet assassinat et de beaucoup d'autres. Il s'est même prêté au jeu de la reconstitution des faits pour les trois meurtres dont il reconnaît être l'auteur. En garde à vue au violon du commissariat de Quinzambougou, le psychopathe Youssouf Diarra a été baptisé "le tueur en série" par les agents de la brigade de recherche de l'unité. Il présente l'apparence d'un sorcier qui fait son mea culpa devant une assemblée de djinns.
   
    VOLEUR DE CABLES
   
    Comment Youssouf Diarra a-t-il été arrêté ? Ce solide gaillard entreprit, un jour, de sectionner les câbles électriques des installations de l'entreprise Hydro-Elec-Mali. Des employés le surprirent en pleine action et l'appréhendèrent. Alors qu'ils s'apprêtaient à le molester, le responsable de l'entreprise, en homme bien averti, les en dissuada. Il conduisit lui-même le voleur au commissariat du 3è arrondissement. A la police, le voleur a été mis à la disposition de la brigade de recherche et de renseignement, dirigé par le jeune inspecteur Papa Mambi Kéita. Il a été bouclé au violon en attendant d'être interrogé.
    Pendant l'interrogatoire, Youssouf se montra très perturbé. Il avait l'esprit ailleurs, le regard très mobile. On aurait dit qu'il cherchait de ses yeux quelque chose dans le vide autour de lui. L'inspecteur lui demanda pourquoi il était si agité. Et comme piqué par une mouche, le voleur de câbles annonça tout de go : "j'ai tué quelqu'un, il y a quelques jours. Avant ce meurtre, j'ai tué d'autres personnes". Les éléments de la brigade de recherche n'en crurent pas leurs oreilles. Ils s'exclamèrent d'une même voix : "que dis-tu ?". Et Youssouf Diarra de répondre : "ne yé mogo fagala de yé" (je suis un assassin). Puis comme sous l'effet d'une pression irrésistible, il déroula sa série macabre.
    Dans la nuit du 20 octobre dernier, il a ainsi tué Nati Koka, un Burkinabé, gardien d'un chantier appartenant à un douanier dans la zone de Bougouba. Il a perpétré ce dernier crime aidé par un complice dont nous taisons le nom pour ne pas gêner l'enquête policière.
    Au cours de cette nuit du 20 octobre dernier, Youssouf Diarra a rendu visite en compagnie de son complice au Burkinabé. Nati Koka était un garçon sympathique qui avait l'estime de son patron douanier. A trois, ils engagèrent une partie de thé tout en fumant du cannabis. N'étant pas un grand habitué de la fumette, le Burkinabé sombra dans la somnolence. Il abandonna ses compagnons, monta à l'étage du chantier, étala sa natte et s'endormit à poings fermés.
    Lorsque les deux criminels se rendirent compte que Nati Koka était totalement enserré dans les bras de Morphée, ils prirent la décision de l'assassiner. Youssouf devait exécuter le plan. Il prit une grosse pierre, s'approcha du dormeur et laissa tomber la charge sur sa tête. Le Burkinabé n'eut même pas le temps de crier. Sa cervelle explosa et couvrit le mur auprès duquel il était couché. Comme des forcenés, Youssouf et son compagnon s'acharnèrent sur le malheureux jusqu'au moment où son corps ne bougea plus. Ils volèrent une brouette, des barres de fer et vidèrent les lieux.
   
    TELLEMENT DE SERIEUX ET DE CONVICTION
   
    Le lendemain, le douanier, venu jeter un coup d'oeil sur l'état d'avancement des travaux de son chantier, découvrit le corps de son gardien gisant dans une large flaque de sang. Il alerta les policiers du 12è arrondissement qui l'interpellèrent et le gardèrent à vue pour les besoins de l'enquête.
    Heureusement pour lui que l'arrestation de Youssouf n'a pas tardé. Le tueur conduisit les éléments du 3è arrondissement sur les lieux du crime pour la reconstitution des faits. Il rejoua les péripéties de l'assassinat avec tellement de sérieux et de conviction, que le douanier manqua de piquer une crise de nerfs. Seul le soulagement d'être délivré des soupçons de la police l'empêcha de perdre les pédales.
    Une fois la reconstitution terminée, Youssouf se porta volontaire pour conduire les agents à l'endroit de son premier meurtre, celui de la jeune femme dont le corps avait été découvert en 2001 à Badalabougou. D'après le tueur en série, la défunte s'appelait Bintou Traoré. Elle était employée de maison. A l'époque, Youssouf avait tenté d'avoir une aventure avec elle mais la demoiselle avait refusé. Youssouf se fit alors passer pour un guérisseur. Un jour, il annonça à la jeune fille qu'elle était habitée par un mauvais génie. La jeune crédule tomba dans le piège. Elle céda à la panique et voulut savoir comment se débarrasser du djinn en question. Youssouf lui conseilla des herbes. Elle devait les bouillir et prendre un bain avec la décoction.
    La fille accepta. Plusieurs fois, elle revint chez Youssouf pour prendre ses "médicaments". Une nuit, le guérisseur lui proposa de faire l'amour. Bintou refusa et tenta de fuir lorsque Youssouf se montra menaçant. Elle ne réussit pas à s'échapper. Il se saisit d'elle et lui serra le cou jusqu'à ce que mort s'ensuive. En plein délire, il eut de multiples rapports sexuels avec le cadavre. Youssouf, toujours habité par ses démons, eut le cynisme de commenter aux policiers la particularité d'entretenir "des rapports sexuels avec une femme morte".
    Sur le lieu de la reconstitution du meurtre de Bintou, Youssouf avoua celui du gardien du chantier de la cité de la Solidarité. A l'époque, l'Essor avait rapporté les conditions dans lesquelles cet homme avait été tué près d'une machine en panne qu'il était chargé de surveiller.
    Le tueur en série Youssouf est certainement déféré depuis la semaine dernière au tribunal de première instance."
   
    Un article de G. A. DICKO.

Source : L'ESSOR (21 novembre 2006)

[Tous les articles criminologie]

Soyez le premier à poster un commentaire à cet article !


Veuillez vous inscrire ou vous identifier :

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



_

Fil RSS
© Stéphane Bourgoin 2003 - 2014
Réalisation : Nokto