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Actualité criminologie

    La police française est sereine face à la criminalité de l'Est
    France > mafia & organisation criminelle, police, justice
    Article posté par Isabelle Longuet le Jeudi 28 septembre 2006

    " Faut-il avoir peur de la Roumanie et la Bulgarie dans l'Union européenne ? Quatre mois après un rapport très critique sur la lutte contre la corruption et les dysfonctionnements de la justice dans ces deux pays, et, concernant les Bulgares, sur la criminalité organisée "toujours active", la Commission a finalement officialisé, mardi 26 septembre à Strasbourg, son avis favorable à l'entrée de ces deux pays dans l'Union européenne au 1er janvier 2007.
   
    Cette décision, qui est assortie de certaines précautions, doit être entérinée par le Conseil européen de décembre. Il ne fait toutefois aucun doute qu'elle sera suivie, l'idée ayant depuis longtemps prévalue qu'en définitive il ne servait à rien d'attendre et que l'Union aurait plus de moyens de pressions pour demander à ces pays de résoudre leurs problèmes s'ils sont à l'intérieur de l'Union.
   
    L'optimisme, ou du moins la sérénité de Bruxelles, est partagé en France, où les experts se veulent rassurants. "Il n'y aura pas d'invasion du crime ou de la corruption en Europe", estime Nadège Ragaru, de l'IRIS (Institut des relations internationale et stratégiques). Au contraire, "les soutiens financiers européens devraient permettre un renforcement de la coopération policière", explique Christian Flaesch, chargé des brigades centrales à la Police judiciaire à Paris. Le rapport de la Commission prévoit que des objectifs précis en matière de lutte contre la criminalité et la corruption seront fixés et qu'un "mécanisme de coopération et de vérification" sera mis en place pour mesurer les progrès accomplis.
   
    "Ces pays ont voulu préparer leur entrée dans l'Union, poursuit M. Flaesch. Des équipes entières de la PJ ont été accueillies à Bucarest." "La coopération policière mise en place en 2002 (GLO, groupe de liaison opérationnelle) pour lutter contre la prostitution des enfants roumains fonctionne très bien, nous avons d'excellents contacts et leur police est très structurée", précise-t-il. "Quant à la grande criminalité, ses ramifications sont déjà en place et l'entrée dans l'Union n'y changera rien."
   
    "La décision de durcir les exigences envers la Bulgarie a sans doute eu un effet positif", ajoute Mme Ragaru. Un nouveau procureur "très efficace", Boris Veltchev, a été nommé en février. Le 30 mars, le Parlement de Sofia a adopté une série d'amendements constitutionnels pour réduire l'immunité des députés et des magistrats. En juin, la Bulgarie a renforcé sa législation en matière de blanchiment d'argent. A la mi-août, la Banque nationale de Bulgarie signait avec le parquet général un accord l'engageant à transmettre toute indication portant sur une malversation financière et à faciliter l'accès du parquet aux comptes suspects. Fin août, un rapport gouvernemental bulgare faisait état du démantèlement de 112 groupes criminels, d'une baisse de 36 % des meurtres et d'une réduction de 7 % des crimes en général en 2006.
   
    Comme pour les nouveaux adhérents de 2004 qui attendent toujours, l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace Schengen ne sera pas non plus immédiate. La suppression des contrôles aux frontières intérieures ne sera possible que lorsque les deux Etats auront fait la preuve qu'ils sont prêts à se conformer aux règles communautaires.
   
    En ce qui concerne la libre circulation des travailleurs, la procédure prévue pour la Bulgarie et la Roumanie sera celle qui a été appliquée aux Etats d'Europe centrale et orientale. Chaque pays pourra choisir de leur imposer une période transitoire, pouvant aller jusqu'à sept ans à partir de la date d'adhésion.
   
    Le risque d'une vague de travailleurs immigrés venus des deux futurs membres, les plus pauvres de l'Union, sont minimisés à Paris. Au ministère de l'emploi de Gérard Larcher, on se déclare serein, rappelant que des accords bilatéraux devront fixer les règles de circulation avec les deux pays comme ceux qui ont déjà été conclus ou sont en passe de l'être avec les autres pays entrés dans l'Union en 2004. Depuis le mois de mai, le gouvernement a ouvert l'accès des salariés de l'Est à certaines professions. Mais rien n'est encore décidé concernant les deux futurs nouveaux entrants, indique-t-on au ministère de l'emploi.
   
    L'Espagne et l'Italie ont accueilli ces dernières années bon nombre de Roumains arrivés la plupart du temps illégalement. Leur nombre est estimé à 300 000 en Espagne. Mais la crainte d'une vague d'immigrants roumains et bulgares a été surtout émise, ces dernières semaines, par les Britanniques, qui avaient renoncé lors de l'élargissement de 2004 à appliquer les clauses transitoires prévues par les accords d'adhésion, accueillant depuis lors plus de 500 000 immigrants de l'Est. Londres a laissé entendre qu'il pourrait être cette fois plus restrictif. Dans une interview au Financial Times, le premier ministre roumain, Calin Tariceanu, s'est voulu rassurant mardi 26 septembre. "Des personnes avec un niveau d'éducation élevé peuvent vouloir aller au Royaume-Uni, mais je ne pense pas qu'il y en ait tellement", a-t-il dit. "
   
    Henri de Bresson et Anne Rodier (avec Thomas Ferenczi à Bruxelles)

Source : LE MONDE 28 septembre 2006

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