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Actualité criminologie

    Michel Vaujour, le "roi de la belle", publie Ma plus belle évasion (Presses de la Renaissance)
    France > prison, littérature
    Article posté par Isabelle Longuet le Mercredi 28 septembre 2005

   
    " Jamila, rédemptrice du "roi de la belle"
   
    Son livre vient d'entrer dans le classement des meilleures ventes de la rentrée : Michel Vaujour, qui s'était rendu célèbre en s'évadant de la maison d'arrêt de la Santé par hélicoptère en 1986, vient de publier Ma plus belle évasion (Presses de la Renaissance, 324 p., 20 €). A 54 ans, devenu scénariste, l'ancien détenu enfermé dans le grand banditisme et les envies de mort ne parle plus que de vivre, simplement. A ses côtés se tient Jamila, son épouse, sans qui rien ne serait arrivé : ni le livre, ni la libération conditionnelle, ni l'arrêt des cavales et des braquages, ni le goût de la vie. Cette jeune femme brune de 36 ans, menue, coquette, sérieuse, porte la rédemption de Michel Vaujour.
    Pendant qu'il enchaîne les interviews, Jamila effectue chaque jour son travail de juriste, dans une petite entreprise parisienne, anonyme. Tandis que, dans les rues et les cafés, Michel est interpellé avec sympathie par les curieux, Jamila se tient, serrée à ses côtés, discrète.
   
    En 1989, Jamila a découvert Nadine Vaujour à la télévision. La femme de Michel, qui a piloté l'hélicoptère lors de son évasion, présentait son roman, La Fille de l'air , et évoquait la détention de son mari à l'isolement. Jamila venait de commencer ses études de droit pénal. Elle a écrit à Michel Vaujour, "tellement sûre qu'il ne répondrait pas" . Une correspondance a débuté. Pendant dix ans, ils se sont écrit plusieurs milliers de lettres, chacune portant un numéro, qu'ils ont toutes gardées.
   
    Jamila connaissait la prison. L'un de ses frères avait été incarcéré, à 17 ans, à Fleury-Mérogis (Essonne). "A la maison , raconte-t-elle, personne ne s'est senti concerné." A 14 ans, la petite soeur a fait le siège du palais de justice pour obtenir un permis de visite. "Haute comme trois pommes et demie, je me suis retrouvée à faire les parloirs." Jamila a d'abord imaginé devenir gardien de prison. Puis juge. Au moment où "tout ça a commencé" avec Michel, il lui manquait peu pour obtenir le DEUG. Lors de son incarcération, elle reprendra tout de zéro pour passer une maîtrise de droit commercial.
   
    Ils se sont vus pour la première fois en 1991. Jamila a assisté au procès des braquages commis en cavale. Elle s'était aussi inscrite au Genepi, une association qui donne des cours aux personnes incarcérées. Munie de son passe pour la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), elle parviendra à l'atteindre, en plein quartier d'isolement. "J'étais là avec mon sac, mon parapluie et je ne réalisais pas où je me trouvais. Je ne pensais qu'à lui demander pourquoi il avait arrêté de m'écrire soudainement." C'est là qu'elle lui a proposé de l'aider à s'évader de nouveau. "Il ne savait même plus parler. On sentait qu'il était à bout de forces. Je ne savais pas si on allait se revoir. J'ai eu envie de l'aider."
   
    En 1993, Jamila braque un hélicoptère et tente, à deux reprises, à la centrale de Saint-Maur (Indre), ce qu'a réalisé Nadine quelques années plus tôt. Elle est condamnée à sept ans d'emprisonnement. "J'ai encore envoyé la femme que j'aime dans une opération trop grosse pour elle. Elle va l'engloutir comme ma folie n'a apporté que souffrance à Nadine !" , a écrit Michel Vaujour.
   
    "Je ne voudrais pas qu'on pense qu'il est un manipulateur" , répond-elle fermement. Jamila, fille d'Algériens, a six frères et une grande soeur enfermée dans la tradition, avec qui elle ne parle plus. "Je me suis un peu révoltée contre ça." La rencontre avec Michel a juste "accéléré la rupture avec la famille" . La jeune femme assume. "Je suis allée jusqu'au bout. Je savais le prix à payer depuis le début." Sans fierté : "Il y a eu des victimes." Mais il est une chose qu'elle ne pouvait supporter : avoir été prise pour un être sous influence, considérée comme "la femme de Vaujour" .
   
    Ses parents ont découvert cette relation quand elle était recherchée par la police. Ils ont assisté à son procès, puis, quand elle sortie de prison cinq ans plus tard, en 1998, "ils ont enterré tout ça. Ils n'ont pas voulu que ça existe. Ils n'en ont jamais parlé." Le couple s'est marié en 1999.
   
    Michel a obtenu sa libération en 2003, après trente ans de détention. Le chef-surveillant avait conclu son rapport par : "C'est maintenant ou jamais." Le procureur général s'était déplacé à l'audience pour porter les réquisitions favorables du parquet. "Il a cru en la relation que j'avais avec Jamila. Bien sûr que c'était le coeur des choses" , murmure Michel Vaujour. Un an après \cette libération, Jamila a revu son père. Celui-ci n'a posé qu'une condition pour accepter les nouveaux venus dans la famille : Michel s'est converti à l'islam. "
   
    Nathalie Guibert
   
   
    Six évasions ou tentatives
   
    Michel Vaujour, né en 1951 dans les Ardennes, a reçu douze condamnations, totalisant 95 années de prison pour des faits de banditisme et six évasions ou tentatives. En 1974, il écope d'une première peine pour un vol de voiture. En 1979, il s'évade en prenant en otage une juge d'instruction de Châlons-en-Champagne (Marne) à l'aide d'un faux pistolet en savon, quitte la France et tente de refaire sa vie en Italie. Repris en 1981, il s'évade le 26 mai 1986 de la prison de la Santé, à Paris, à l'aide d'un hélicoptère piloté par sa femme Nadine. Cet événement donnera lieu en 1992 à un film réalisé par Maroun Bagdadi, Béatrice Dalle jouant le rôle de Nadine Vaujour.
   
    Interpellé en septembre 1986, il reçoit une balle dans le cerveau, qui le rend hémiplégique. Il réussit sa rééducation en prison, en pratiquant le yoga. En 1991, il est condamné à quize ans de réclusion pour deux vols à main armée commis en 1986 lors de sa cavale. En 1996, il est de nouveau condamné à huit ans de prison, pour les deux tentatives d'évasion menées en 1993 avec sa compagne Jamila. Le 1er septembre 2003, il obtient sa libération conditionnelle.

Source : LE MONDE 29 septembre 2005

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    Re : Michel Vaujour, le
    Commentaire posté par andreas le Jeudi 1er juillet 2010
    L'amour fait pousser des pales d'hélicoptère.
   
   
   
   




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