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Actualité criminologie

    Les assassins de Michael paient le prix fort
    Europe du Nord & de l'Ouest > meurtre, délinquance, vol, procès
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mardi 21 juin 2005

    " Les assassins de Michael ont été condamnés à 19 et 20 ans de réclusion. La sanction est très sévère. Trop, serait-on même tenté de dire. Sans remettre aucunement en cause l'atrocité des actes qui ont conduit à la mort absurde et brutale d'un jeune homme, ce procès laisse un goût amer. L'impression que les deux condamnés expient en quelque sorte les fautes de tous les autres auteurs d'une violence qui nous dépasse. Les appels à faire de ce jugement le signal fort qu'attend une population malade de sa jeunesse participe de ce malaise. Même si le châtiment est là pour faire œuvre de prévention générale, la tendance à l'exemplarité n'est pas sans danger.
   
    En fait, ce procès aura surtout été celui de toutes les frustrations. Celle de n'avoir de la victime qu'une image désincarnée, comme si le seul fait d'avoir voulu rappeler sa mémoire était une manière de la salir. Frustration aussi de n'avoir pas trouvé dans la bouche des accusés un début d'explication et donc de sens à ce déchaînement meurtrier. Insatisfaction enfin de constater l'écart énorme entre les mesures – deux ans en maison d'éducation – infligées dans cette même affaire aux plus jeunes et les très lourdes peines prononcées contre les adultes qui n'avaient en rien des rôles de meneurs. Les mineurs qui ont participé à ce lynchage ont écopé du maximum prévu par une loi qui, selon l'expression du procureur général, était conçue pour des voleurs de Sugus. Ils auraient certes mérité une sanction plus lourde. Désormais, le fossé avec leurs camarades de bande prend quasiment les proportions d'une vie. Le futur code pénal des mineurs va certes permettre de réduire le fossé en portant à 4 ans le maximum des peines.
   
    Ce durcissement aura surtout l'avantage d'instituer un trait d'union avec la justice des «grands» où ces jeunes, trop souvent convaincus d'une quasi-impunité, basculent avec une certaine inconscience.
   
    Le glaive les y attendait bien cette fois. On peut se demander quelles seront les conséquences de cette décision. Sur la personnalité de ces détenus, de longues années de prison ne disent rien qui vaille.
   
    Demeure la question de l'effet dissuasif auprès de ceux qui explosent pour un oui ou pour un non. Les exemples américains, français ou italiens tendent à démontrer toutes les limites d'une sévérité judiciaire censée contenir la récidive ou diminuer la criminalité. Il nous faudra donc aussi chercher d'autres formes de réponses pour contrer cette banalisation croissante de la violence chez les jeunes."
   
    Un article de Fati Mansour.

Source : LE TEMPS (21 juin 2005)

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