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Actualité criminologie

    Racistes ordinaires et incendiaires de mosquées
    France > racisme, incendiaire
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 14 février 2005

    " Ecroués, les quatre jeunes revendiquent leurs actes à Annecy en mars 2004.
   
    Le procureur de la République soupire : «Je crois que nous touchons là à la bêtise et à l'ignorance qui font le lit du racisme ordinaire.» Philippe Drouet résume ainsi le cas des quatre garçons interpellés mardi et écroués pour avoir participé à l'incendie de deux mosquées dans l'agglomération d'Annecy en mars 2004. Tous ont reconnu les faits, et avoué avoir voulu viser une communauté particulière. «Ils le revendiquent», précise le procureur. Musulmane, maghrébine ou turque, la cible n'est pas vraiment définie. «Le raisonnement est primaire, ils sont racistes, point», tranche un enquêteur. Ils risquent une peine maximale de vingt ans d'emprisonnement devant la cour d'assises. La loi Perben de février 2003 prévoit que soient multipliées par deux les peines en cas de motivations racistes.
   
    Profil bas
   
    Selon un des enquêteurs, les quatre auteurs présumés n'ont eu conscience qu'après les faits de la portée de leur geste. Dans les jours qui ont suivi les deux incendies, les politiques ont très largement relayé l'émoi de la communauté musulmane d'Annecy. Jusqu'à Jacques Chirac, parlant d'«actes odieux». Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'est rendu sur place accompagné de Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman. Le groupuscule prend peur. «C'est là qu'ils ont commencé à réaliser. Jusqu'ici, pour eux, "casser de l'Arabe" n'était pas quelque chose de très grave.» Ils décident alors de ne plus se fréquenter et font profil bas. Ils échappent ainsi à un premier coup de filet de la police parmi les quelques crânes rasés de la région. Mais, l'émoi passé, ils se mettent à traîner ensemble.
   
    Ils se sont connus comme ça. L'un a été un moment maître-chien. Un autre videur. Cela a suffi pour créer un vague lien. Au même titre que leur antipathie pour les étrangers. «Ce sont des espèces de connaissances», analyse un policier. Ils écument les rades du coin. Le parcours est rodé. En petits groupes de cinq à dix, ils commencent par les bistrots de la vieille ville, puis terminent souvent à la discothèque le Casting où le videur officiait. Le groupe ne rechigne pas à la bagarre de fin de bal. Les policiers les disent pas fins et très alcoolisés. Mais aucun n'est un marginal. La plupart ont un travail. Il y a aussi un militaire, un chauffeur-livreur et un magasinier. Tous gagnent de quoi payer leur bière. Certains ont des petites copines. Deux filles ont d'ailleurs été interpellées lors du coup de filet de mardi, avant d'être mises hors de cause.
   
    Ils trouvent dans les mosquées des cibles symboliques correspondant à leur nébuleuse de haine. Mettent un plan en place. Certains vont reculer. Mais quatre décident de se lancer. «Ils voulaient leur nuit de gloire», raconte un policier. Quelques jours avant, ils achètent du carburant et un pied de biche. Dans la salle de prière de Seynod, ils brûleront tout méthodiquement : tapis, livres sacrés... Un peu plus tard, à la mosquée d'Annecy, ils ne parviendront qu'à endommager la chaufferie. Ils ne laissent qu'un seul indice. Peinte à la bombe sur un mur de salle de prière de Seynod, une croix celtique, signe arboré par les mouvances d'extrême droite les plus radicales.
   
    Pas de casiers
   
    Au début de l'enquête, l'indice est faible pour le SRPJ de Lyon. Il est aussi un peu trompeur. Car ces auteurs présumés ne militent dans aucune organisation. Ils ont le racisme plus viscéral qu'idéologique. Certains portent crâne rasé, bombers et rangers. Ils n'ont pas de casier judiciaire. L'un des quatre est cependant décrit par les enquêteurs comme un «hooligan» chez qui ont été retrouvés quelques photos et des CD assez peu équivoques sur ses sympathies nazies. Il aura fallu onze mois d'enquête au SRPJ pour remonter à la bande des quatre. Le temps que l'affaire se tasse et que la pression retombe. Dans les bars d'Annecy, l'alcool aidant, ils se sont mis à parler un peu fort. Les renseignements généraux ont tendu l'oreille. Les arrestations ont suivi. Leur procès pourrait avoir lieu d'ici un an."
   
    Un article d'Alice Géraud.

Source : LIBERATION (14 février 2005)

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