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Actualité criminologie

    Six ans en compagnie de Patrice Alègre
    France > Patrice Alègre
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Mercredi 2 février 2005

    " J'ai défendu Patrice Alègre
    par Pierre Alfort (avec Stéphane Durand-Souffland). Editions du Seuil. 188 pp., 17 €.
   
    Avocat pénaliste à Toulouse, Pierre Alfort, 38 ans, dévoile sa liaison dangereuse avec son «frère en humanité», Patrice Alègre, tueur en série. Ils ont deux ans d'écart, les mêmes initiales et origines toulousaines.
   
    Entré dans l'univers cloîtré de l'étrangleur de jeunes femmes en septembre 1997, le «commis d'office» l'a assisté six ans au risque de se perdre, sans rater un seul parloir hebdomadaire, dévoué au point de se transformer en factotum. Sous la plume du chroniqueur judiciaire du Figaro Stéphane Durand-Souffland, l'auxiliaire de justice se livre à une introspection sur six années de face-à-face dévorant et de «relation malsaine» avec un assassin au «sourire terriblement humain». A mille lieues de ses actes «monstrueux».
   
    Lucide sur son sort judiciaire, Patrice Alègre «répugne à parler de ses crimes». L'avocat n'en demande pas davantage, «comme si, refusant de côtoyer Alègre, je prenais goût à rester avec Patrice», écrit-il.
   
    Du coup, les conversations du samedi avec «Patrice», qui fume à la chaîne ses cigarettes, tournent autour de leurs filles, du rugby, de l'actualité, des courses à effectuer pour «améliorer son quotidien» (stylos, tabac, CD). Patrice Alègre impose ses règles, joue sur l'affectif («j'aurais aimé que tu sois mon frère», lui dit-il) et se comporte en client exigeant qui peut, à chaque instant, l'éconduire. Me Alfort cède à «une certaine fascination» : «C'est peut-être en oubliant trop souvent que Patrice Alègre était un criminel que j'ai parfois dépassé, outrepassé ma mission d'avocat.» A force d'occulter l'horreur des crimes, l'avocat se met en danger.
   
    Le juge Serge Lemoine l'a senti, lui qui l'a obligé à regarder la photo d'une victime : «Le cliché me hantera jusqu'à la fin de mon dernier jour. Indescriptible.» Le tueur accapare ses jours, ses nuits, et provoque son divorce.
   
    «La fusion entre Pierre Alfort et Patrice Alègre, sournoisement, s'opérait» au point que le bâtonnier le présente comme «Me Alègre». Au procès d'assises en février 2002, le mimétisme physique saute aux yeux, les mêmes yeux bleus, mal rasés tous les deux.
   
    Me Alfort a réussi le tour de force d'humaniser le tueur en série sans jamais salir les victimes. Ce qui lui a valu «les poignées de main» de toute une famille pour récompense. Depuis, la déflagration de la seconde affaire Alègre a balayé Me Alfort, pourtant sceptique quant aux accusations des anciennes prostituées à propos des notables. Alègre a commencé par en rire, a fini par confirmer avant de revirer puis, en juin 2003, a débarqué sans ménagement le fidèle Pierre Alfort qui juge la rupture «salutaire». "
   
    Un article de Patricia Tourancheau.

Source : LIBERATION (2 février 2005)

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