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Actualité criminologie

    Les violences contre les personnes stoppent leur progression
    France > délinquance, viol, statistique, gendarmerie, police
    Article posté par Stéphane Bourgoin le Jeudi 30 décembre 2004

    " Avec 30% de faits élucidés en 2004, les forces de l'ordre progressent en efficacité. La police nationale, qui traite les trois quarts de la délinquance, affiche ainsi un taux d'élucidation de 29%. La gendarmerie devrait annoncer, pour sa part, un taux d'environ 37%. C'est pourtant la hausse du taux policier qui retient le plus l'attention cette année, sachant qu'il est toujours plus difficile de résoudre une affaire en milieu urbain que dans les zones rurales, confiées à la maréchaussée.
   
    Plus les faits sont graves, plus le taux d'élucidation grimpe. Policiers et gendarmes arrivent ainsi à associer un auteur à un fait dans sept cas sur dix pour les atteintes contre les personnes et dans six cas sur dix pour les infractions économiques et financières. Pour les vols, le taux de réussite policière ne dépasse pas 12% en 2004. Il descend même à 6% pour les vols liés à l'automobile et aux deux-roues à moteur.
   
    La hausse des interventions menées à l'initiative des services dépasse 8%, pour atteindre environ 290 000 faits. Parmi ceux-ci, plus de 130 000 relèvent de l'action contre l'usage et le trafic de stupéfiants (+ 13%) et plus de 60 000 correspondent à des infractions à la législation sur les étrangers (+ 7%). Le renforcement de la lutte contre le trafic de drogue et l'immigration clandestine figurait au premier rang des priorités affichées par Dominique de Villepin dès son arrivée place Beauvau en avril 2004. «Voilà bien la preuve que la démarche du ministère vis-à-vis des chiffres est sincère puisque ces actions menées à l'initiative de la police ne peuvent qu'alourdir notre bilan annuel», explique un policier de haut rang. Il ajoute : «Si nous voulions tricher, il suffirait de lever le pied sur la drogue ou l'immigration.»
   
    Ces actions de police dites «pro-actives» présentent néanmoins un avantage non négligeable : elles font systématiquement monter le taux d'élucidation global des forces de l'ordre puisque chaque fait signalé correspond généralement à une arrestation, donc à un auteur.
   
    D'autres indicateurs complètent le tableau de l'action policière en 2004. Les gardes à vue ont ainsi augmenté de plus de 10% par rapport à 2003 pour atteindre le nombre impressionnant de 460 000 mesures signifiées. Les mises sous écrou auront concerné 65 000 personnes, soit une hausse de plus de 15%.
   
    Cette année, près d'un million de personnes auront été mises en cause par les services de police et de gendarmerie, dont 18% de mineurs, 15% de femmes et près de 20% d'étrangers. La part des récidivistes n'est pas établie à ce stade et seule la justice peut éclairer cette zone d'ombre.
   
    Les violences à dépositaires de l'autorité auront également augmenté de 7% en 2004, avec plus de 20 000 policiers ou gendarmes blessés et agressés dans l'exercice de leurs fonctions. «Ce chiffre témoigne de leur engagement accru dans la lutte contre la délinquance», commente sobrement un cadre dirigeant de la gendarmerie nationale.
   
    Pour la deuxième année consécutive, la progression des violences contre les personnes est endiguée. C'est le grand enseignement de la nouvelle grille d'analyse de ce phénomène mis en place par l'Observatoire national de la délinquance (OND), présidé par le criminologue Alain Bauer. Les onze premiers mois de l'année 2004 laissent même apparaître, pour la première fois, une baisse de ce type d'infractions de – 0,59%. Un taux d'évolution qui, compte tenu des estimations de décembre, devrait remonter autour de 0%, soit environ 320 000 faits constatés en année pleine.
   
    L'objectif de l'OND était de prendre en compte l'intégralité des actes de violences déclarés : en effet, la définition antérieure écartait du bilan des «crimes et délits contre les personnes» les vols à main armée, les vols avec violence sans arme à feu, mais aussi les violences à dépositaires de l'autorité, soit plus de 100 000 faits par an. Elle intégrait, par contre, des infractions sans rapport avec la violence directe comme les délits au sujet de la garde des mineurs ou le non-versement de pension alimentaire.
   
    Désormais, l'OND distingue trois catégories d'infractions dans son indicateur exhaustif des violences. D'abord, les «violences physiques non crapuleuses». Celles-ci sont en hausse, avec notamment une augmentation des coups et blessures volontaires de près de 2%, pour un total d'environ 137 000 faits en 2004. C'est la principale source d'inquiétude pour les experts de la place Beauvau. Cette violence gratuite qui résiste traduit une dégradation constante des relations entre les individus, la violence physique devenant un mode d'expression des conflits de plus en plus répandu, notamment chez les plus jeunes. Parmi les autres infractions en hausse dans cette catégorie, les violences, mauvais traitements et abandons d'enfants qui, avec plus de 20 000 cas par an, augmentent de plus de 7% en 2004.
   
    Les «violences sexuelles» composent la deuxième famille d'infractions. Elles sont également en hausse de plus de 1%, pour un total estimé à environ 26 000 faits en 2004. Plus de 10 000 viols ont encore été révélés aux services de police et de gendarmerie cette année, dont 60% sur des mineurs. Le total des harcèlements sexuels et autres agressions dépasse les 15 000 faits.
   
    Restent les «violences physiques crapuleuses», c'est-à-dire commises dans le but d'acquérir un bien. Avec près de 120 000 faits déclarés en 2004, elles baissent de près de 5%. Les vols avec arme blanche (près de 12 000 faits) diminuent d'environ 14% et les vols avec violence sans arme (environ 100 000 faits) de plus de 2%. Contrairement à certaines prédictions, les vols à main armée avec armes à feu (environ 6 400 faits) continuent de diminuer en France de l'ordre de – 9%. Un proche du ministre de l'Intérieur y voit «la récompense de l'action de coordination dans le démantèlement des équipes menée par l'Office central de répression du banditisme»."
   
    Un article de Jean-Marc Leclerc.

Source : LE FIGARO (30 décembre 2004)

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